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[AMICAL] DFCO 1-2 Troyes : la défense aux abois

Plus en forme que lors de ses dernières sorties, Dijon est tout de même contraint de s'incliner devant le champion troyen qui a bien exploité ses failles à l'arrière. A une semaine du début de la compétition, il faudra encore quelques réglages pour que l'équipe soit la plus compétitive possible.

Malgré un but astucieux de Bryan Soumaré, Dijon doit s'incliner pour la quatrième fois en cinq matchs amicaux.

Le DFCO se présente en 4-2-3-1 pour ce dernier match de préparation. Baptiste Reynet est titulaire dans les cages. Cheick Traoré enchaîne côté droit de la défense, tandis que Ngouyamsa pallie côté gauche l'absence de Rocchia (blessé aux ischios). Ils encadrent une charnière centrale Écuélé-Manga - Coulibaly, déjà vu en L1 la saison passée. Le milieu Marié - Ahlinvi est lui aussi reconduit, tandis que l'animation offensive est confiée à un trio Jacob - B. Soumaré - Assalé, derrière Le Bihan, positionné seul en pointe.



LE MATCH

Le match commence timidement, avec deux équipes qui se jaugent. Mais les choses vont rapidement se débloquer, car dès la 4e minute, l'ESTAC obtient un coup-franc excentré aux abords de la surface dijonnaise. Au deuxième poteau, Coulibaly abandonne le marquage et laisse Traoré seul aux prises avec deux Troyens. Salmier en profite pour ouvrir le score d'une tête qui ne laisse aucune chance à Reynet (0-1, 4e).


Cueilli à froid, le DFCO repart néanmoins de l'avant. Redescendu pour apporter son soutien à la construction, Le Bihan donne du rythme au jeu dijonnais et permet au DFCO de s'installer dans la moitié de terrain troyenne. Ahlinvi récupère le ballon dans l'entre-jeu et centre à destination d'Assalé. Le ballon est dégagé en catastrophe par la défense troyenne. Le corner qui suit, tiré par Jacob, ne donne rien.


Les débats s'équilibrent mais l'ESTAC se crée les meilleures situations. A la 8e minute suite à un décalage astucieux de Ripart, il faut un tacle très propre d'Ahmad Ngouyamsa dans la surface pour empêcher l’attaquant troyen de solliciter Reynet à bout portant. Trois minutes plus tard, c'est le portier dijonnais qui s'illustre en captant un nouveau coup-franc, alors que Ripart était encore seul devant la ligne défensive.


Le DFCO, pour sa part, peine à se créer des situations franches, la faute à trop de déchet, à l'image d'un Bryan Soumaré qui ne réussit guère ce qu’il entreprend. Après avoir concédé une rapide (et évitable) ouverture du score, les Dijonnais vont faire face à un nouveau coup dur. A la 14e minute, Le Bihan s’effondre après un contact avec un défenseur troyen. Le kiné vient prendre de ses nouvelles et l'attaquant sort finalement du terrain en boitant. Touché à la cheville, il ne reviendra pas sur la pelouse et laisse sa place à Scheidler (17e).


Un coup du sort qui va sembler réveiller les Rouges. Ngouyamsa se fend d'une nouvelle intervention défensive de grande classe en récupérant le ballon sur la flanc gauche, et tente de lancer la contre-attaque. Le ballon est contré, mais sur la remise en jeu, le jeune défenseur fait parler ses qualités dans l'exercice et propulse une longue touche à destination de Soumaré qui avait fait le bon appel côté gauche. Le milieu dijonnais prend le dessus sur deux défenseurs et ajuste le portier troyen d'une frappe croisée pleine de sang froid (1-1, 19e). Avec pas mal de réalisme, le DFCO revient au score en concrétisant sa première franche occasion.


Les Dijonnais s'enhardissent et Scheidler, dominateur dans les airs, est proche de servir Soumaré sur un plateau dans l'axe du but après un une-deux avec Assalé. En défense toutefois, le DFCO se montre fébrile, à l'image de cette interception ratée de Coulibaly (22e) qui remet involontairement le ballon à Ripart dans son dos. Il frappe au but, le tir de l'ancien Nîmois est heureusement contré in extremis.


Le match devient plaisant et les situations se succèdent. À son avantage depuis le début du match, Ngouyamsa déborde le long de la ligne de touche, se fait rattraper par le défenseur mais résiste au retour et obtient très intelligemment un corner (28e), bien frappé par Soumaré mais aucun Dijonnais ne parvient à reprendre de la tête. Quelques minutes plus tard, c'est au tour des Troyens de se distinguer, avec un centre-tir venu de la droite, intercepté par Reynet (31e). Après un cafouillage dans la surface dijonnaise, le ballon est ressorti par les Rouges et Assalé mène un contre express, mais l'attaquant dijonnais se fait faucher par un défenseur de l'ESTAC. Carton jaune logique mais le coup-franc qui suit ne donne rien.


Le DFCO se créera une dernière situation intéressante. A la 40e minute, un excellent travail dos au but et Valentin Jacob permet à Traoré de déborder seul sur son aile droite et d'ajuster un bon centre à destination de Scheidler. La défense troyenne intervient in extremis. Le corner qui suit ne donne rien mais est le théâtre d'une petite échauffourée, rapidement calmée par l'arbitre.


Mené rapidement au score puis privé de Le Bihan sorti sur blessure, le DFCO a su faire preuve de caractère pour revenir au score et se procurer des occasions. L'entrée de Scheidler fait du bien à l'attaque dijonnaise. Le grand attaquant aimante les ballons et désorganise la défense troyenne. Les Rouges vont toutefois devoir élever leur niveau de jeu et faire preuve de moins de fébrilité défensive pour espérer l'emporter.


Dijon présente contre Troyes ce qui ressemble fort à son équipe type, même si la défense n'est pas au complet.

Comme une malédiction

Au retour des vestiaires, Yahya Soumaré rentre sur la pelouse à la place de Roger Assalé. Le match reprend sur un bon rythme et le DFCO montre un visage assez similaire à celui de la première période. D'une part, des bons mouvements offensifs, notamment grâce aux solutions apportées par les nombreuses montées de Ngouyamsa mais qui sont rarement assez tranchantes pour aboutir à des occasions franches. D'autre part, des fautes de concentration en défense, à l'image de cette mauvaise relance de Coulibaly qui permet à Saint-Louis de s'emparer du ballon et de partir en dribbles sur l’aile droite. Le défenseur dijonnais se rattrape bien toutefois, en taclant de manière virile mais correcte.


Malheureusement, c'est le second visage qui va finir par prendre le dessus. Kaboré déborde à gauche et prend le dessus sur Ngouyamsa. Il s'appuie sur un coéquipier qui se joue de Coulibaly pour lui remettre le ballon, puis adresse une passe en retrait à Ripart. Laissé inexplicablement seul par un Écuélé-Manga qui a totalement lâché le marquage, l'ancien Nîmois n'a plus qu'à fusiller Reynet à bout portant (1-2, 58e). Rageant pour des Dijonnais qui ont proposé un contenu intéressant mais se font punir sur une deuxième énorme faute de placement de leur charnière centrale.


Comme en première période, les Rouges vont réagir après ce but encaissé, notamment par l'intermédiaire du nouvel entrant, Yahya Soumaré. A la 62e minute, le joueur prêté par l'OL accélère dans l’axe et est bien servi par Scheidler, en pivot, mais il est devancé par le gardien troyen. Puis à la 65e minute, sur une belle action collective à partir de Baptiste Reynet, Valentin Jacob relaye la passe de Soumaré et prend la direction du but. Il lance le jeune ailier en profondeur côté droit. Sa frappe contrée heurte la transversale !


A peine une minute plus tard, le voilà qui s'illustre à nouveau en contrôlant parfaitement une bonne relance de Reynet avant d'accélérer côté droit. Il prend son vis-à-vis de vitesse, mais son centre-tir passe juste au-dessus des cages.


A la 70e minute, David Linares opère un double changement. Valentin Jacob cède sa place à Yassine Benzia, tandis que Théo Barbet remplace Senou Coulibaly.


Le DFCO n'abdique pas et continue d'essayer d'égaliser. Lancé côté droit suite à un bon une-deux avec B. Soumaré, Traoré prend tout le monde de vitesse et centre à terre pour Scheidler, devancé d’extrême justesse par le bout du pied d’un défenseur, avant que le ballon ne finisse dans les gants du portier (74e). C’était chaud !


Les Troyens gèrent leur avance et se procurent quelques situations, peu dangereuses néanmoins, comme cette frappe de Krastev des 25 mètres qui s’envole au-dessus des cages dijonnaises (80e).


Troisième changement dijonnais à la 84e minute. Auteur d'un match très convaincant à la récupération, Ahlinvi cède sa place à Younoussa.


Le rythme retombe peu à peu en cette fin de match. Les Dijonnais ne se procurent plus de vraies situations et s'inclinent donc pour la 4e fois en 5 matchs de préparations. Face à des Troyens promus en Ligue 1, les Rouges ont toutefois montré quelques bonnes séquences et auraient pu espérer mieux si la charnière centrale n'avait pas connu de tels errements.



Les enseignements du match


Une dernière chance de se battre pour une place de titulaire. Pour des jeunes joueurs dont la place dans le 11 régulier de David Linarès n'est pas garantie, c'était une dernière opportunité de montrer sa valeur et grappiller des points en vue de la saison qui démarre lundi prochain. En l'absence de Rocchia pour la rencontre, Ahmad Ngouyamsa était aligné à gauche et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il avait envie de se montrer. Probablement revanchard après deux prestations difficiles en défense centrale, il a montré que latéral était son vrai poste en étant omniprésent en défense et sur le front de l'attaque, avec même une passe décisive sur ses fameuses touches longues. La spéciale, en quelque sorte.

Yahya Soumaré sait faire parler sa vitesse pour se procurer des opportunités, une qualité rare dans l'effectif.

Bryan Soumaré a lui aussi réalisé une excellente première mi-temps après quelques minutes difficiles. Mi-temps ponctuée par un but mais surtout marquée par un retour au cœur du jeu, loin de la ligne de touche qu'il a mangée contre Bourg en début de semaine. Il a pris ce rôle de meneur de jeu par la force des choses après la blessure de Le Bihan et s'est montré à son avantage aux côtés d'un Jacob cependant plus serein, plus juste. Enfin, l'autre Soumaré, Yahya s'est mis en valeur en deuxième mi-temps. Beaucoup de courses balle au pied sur le côté droit où il a fait parler sa vitesse et son profil de feu follet unique dans l'effectif. Il a même failli égaliser en heurtant la barre transversale. Il ne lui aurait manqué que d'être décisif dans les derniers gestes.


Le milieu Marié-Ahlinvi tient la route. Et ça ce n'était pas gagné d'avance. Les deux n'ont pas forcément le profil idéal pour tenir un double pivot, mais ils font le travail et sont complémentaires. Sur ce match on a vu Ahlinvi être très engagé et rassurant en sentinelle, accompagné d'un Marié intelligent dans ses déplacements et au service des milieux offensifs qui redescendent pour la transition défense-attaque. Une doublette convaincante et de bonne augure, alors que l'on a pas encore vu Jessy Pi et que Younoussa est prometteur bien qu'inexpérimenté.


Une grande densité offensive sur le papier. Avec Le Bihan, Jacob, B. Soumaré et Assalé, la composition de départ est déjà solide pour la Ligue 2 et le banc est lui aussi chargé avec Benzia, Y. Soumaré, Scheidler, Sammaritano... Le DFCO a ainsi sur le papier une vraie diversité et un large panel disponible. Des manieurs de ballon capables d'orienter le jeu avec Le Bihan et Benzia, de la profondeur et du jeu de remise avec Scheidler et Assalé, des joueurs qui peuvent porter le ballon, créer des différences et des décalages avec Jacob et Bryan. Yahya apporte lui ce profil d'ailier rapide et insaisissable dans la percussion.


C'est plutôt l'animation offensive qui pose question. Si on a vu du mieux sur ce match, on ne peut pas dire que l'attaque dijonnaise étant pleine d'entrain et de mouvements d'équipe emballants. Surtout on sent un manque de liant, de fluidité : la plupart des actions vient d'une différence individuelle et moins de coordination collective. Dijon a souvent du mal à mettre du rythme et de l'allant balle au pied, passant trop souvent par des longs ballons sur Scheidler pour aller aux avants postes, alors même que l'équipe a la qualité pour relancer au sol. On l'a vu sur plusieurs occasions, qui partent de bonne prise de balle des centraux, qui transmettent à des meneurs de jeu descendus bas, enclenchant une transition rapide. Mais c’est arrivé trop peu souvent et au vu de l'effectif et de son talent sur le papier, on peut attendre mieux pendant cette saison.


Une défense loin d'être rassurante. Là aussi, c'est du costaud pour la Ligue 2 sur le papier. Pourtant voilà, la charnière Écuélé-Manga/Coulibaly est loin d'apporter des garanties sérieuses sur le terrain, entourée de latéraux qui n'ont pas forcément brillé pour leur qualités défensives. Sur le premier but troyen par exemple, Traoré lâche son marquage alors qu'il était déjà en situation de 2 contre 1 par un positionnement approximatif de Coulibaly. Manque de rigueur et de concentration, probablement à mettre sur le compte du tout début d'un match amical, mais qui témoigne quand même d'une défense désorganisée qui se cherche encore. Sur cette action à la 33e minute, Traoré se fait aspirer et éliminer : derrière, Écuélé-Manga ne sait plus où donner de la tête et prend du retard pour empêcher le centre. Un centre trop long pour Ripart, mais qui aboutit de l'autre côté de la surface. Marié prend le marquage de Ripart, mais pendant ce temps, vous remarquerez que le numéro 7 est totalement seul et que personne ne s'en rend compte. Heureusement il est trop court pour reprendre.


LES COMMENTAIRES

L'Homme du match: Ngouyamsa.

Désormais affilié aux X-men. Son super-pouvoir ? Des touches supersoniques, puissantes et précises. Passeur décisif sur le but de Soumaré, il conjugue à cela une grosse activité sur son côté. Une débauche d’énergie qui fait plaisir à voir. Et costaud sur les duels. Un combattant !




Reynet : des relances qui ont leur importance. Surpris et impuissant sur les deux buts, à bout-portant. Son ancien partenaire des Costières, le toréro Ripart, n’a pas fait de sentiments.


Traoré : “Moi je pars à la guerre avec Cheick” dixit un des rédacteurs du Dijon Show lorsque notre protégé s’est accroché avec un adversaire bleu et blanc. L’ancien lensois n’est pas du genre à se laisser faire. Dans une défense encore bien trop fragile, il est loin d’être le pire. Écarte de la tête un centre dangereux qui aurait pu coûter le troisième but des hommes de Battles.




Écuélé-Manga : s’il fait un match globalement correct, il est encore et toujours victime d’un laps de temps au cours duquel il perd sa concentration (et le marquage par la même occasion)...


Coulibaly : un cadre fantastique, des nouvelles tuniques, le retour du public. Mais non, il a fallu que Senou gâche tout. Notre défenseur renonce à ses responsabilités sur le premier coup de pied arrêté aubois. Remplacé par Barbet à la 69’, plutôt serein et appliqué dans ses interventions.


Marié : encore une fois, il comble les manques de l’effectif. Dans des positions reculées, il chipe des ballons, ce qui a pu, par séquence, casser le jeu troyen.


Ahlinvi : qu’il soit porteur du ballon ou qu’il casse des actions, on sent un potentiel technique intéressant chez Mattéo, qui ne demande qu’à s’exprimer. Suppléé par Younoussa à la 84’, qui a eu un petit peu de mal à anticiper et trop peu de temps pour convaincre.


B. Soumaré : quelques déchets en première période puis but sur un débordement depuis une position excentrée qui débloque son mode Super Sayen. Bon, on en rajoute un peu, mais il a clairement pris le jeu à son compte et postule sérieusement pour une place de titulaire alors que le championnat approche à grands pas.


Jacob : sous-exploité à gauche. L’ancien chamois allie rapidité d'exécution et vision du jeu. Précieux dans la dernière passe, il est évident que sa place reste l’axe. Dans de bonnes dispositions et au top de sa forme, il sera redoutable. Remplacé par Benzia (69’), qui a su, d’une roulette, faire lever la tribune Nord.


Assalé : À l’image des rencontres précédentes, il évite les contacts, effectue peu d’efforts en phase de pressing… En revanche, on lui doit bien cela, son profil explosif en contre contraint souvent les défenseurs à la faute, il est une menace si l’on ne le neutralise pas très tôt, loin des buts. Remplacé par Yahya Soumaré à la 69’, qui manque de peu d’inscrire son premier but sous les couleurs dijonnaises. Une entrée qui a fait sensation chez les supporters.


Le Bihan : Un mauvais coup qui l’obligera à quitter la pelouse dès 17 minutes de jeu. Remplacé par Scheidler, piston essentiel et véritable aimant à défenseurs, capable, à lui seul de désorganiser l’arrière-garde adverse. Il provoque tant de fautes que c’en est effrayant.


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