• Gus21

[DEBRIEF] L1, J13 : DFCO - Troyes (3-1)

Le coup d’arrêt enregistré à Nice ne devait pas, ne pouvait pas enrayer la belle dynamique enclenchée par le DFCO depuis la confrontation face au PSG. En recevant le promu troyens, auteur d’un solide début de saison, les dijonnais avaient l’occasion de reprendre leur marche en avant, de remporter un match face à un concurrent direct et de prendre leurs distances avec la zone rouge. Mission accomplie, grâce à une réaction d’orgueil en début de deuxième mi-temps, après une première période indigne et qui aurait pu se conclure singulièrement moins bien. Si la manière n’a guère été au rendez-vous, le DFCO engrange néanmoins les trois points, grâce à un duo Tavares-Kwon en grande forme… et grâce à un coaching payant d’Olivier Dall’Oglio.

Les joueurs :

L’homme du match : Tavares (8) : il était entré dans l’histoire du DFCO en devenant seul meilleur buteur du club grâce à son but inscrit face à Nantes. En plantant un doublé contre Troyes, il devenu également le meilleur buteur en Ligue 1 de l’histoire du club (13 buts) et a inscrit le 100e but du DFCO dans l’élite. La récompense parfaite d’un match que le cap-verdien a maîtrisé de bout en bout. Dès les premières minutes, il a pris le dessus sur la défense centrale troyenne, en captant presque tous les ballons dans le domaine aérien et en conservant la balle pour tenter de faire remonter un bloc dijonnais bien trop bas. Malheureusement, trop esseulé, ses multiples déviations, pourtant justes, ont rarement trouvé preneur. Néanmoins, son abnégation a fini par être récompensée, avec ce but inscrit en reprenant une frappe de Marié repoussée par le poteau, à la suite d’un superbe travail de Sammaritano (30e). Après avoir trouvé lui-même le poteau quelques minutes avant, en étant signalé hors-jeu (27e). Reparti après la pause avec le même entrain, il lui a fallu moins de 2 minutes pour donner l’avantage aux siens, en déviant très légèrement un centre-tir parfait de Kwon (47e). Suffisant pour tromper Samassa. Après le troisième but dijonnais, il n’a pas baissé le pied et a continué à peser sur la charnière troyenne, tout en participant activement au repli défensif et au travail de construction, avant de sortir en toute fin de partie pour recevoir une ovation méritée. Un match excellent, de nouvelles lignes à son nom dans l’histoire du DFCO et le tout à la veille de ses 29 ans. Vous avez dit légende ?Remplacé à la 87e minute par Balmont (non noté), qui, entre erreurs techniques et mauvais choix, a tristement perdu la plupart des ballons qu’il a eu entre les pieds.


Reynet (5) : impuissant sur l’ouverture du score de l’ESTAC, le portier dijonnais a fait ensuite jouer ses réflexes en repoussant un tir troyen contré par Rosier, après un premier sauvetage sur sa ligne de Chafik (29e). C’est ensuite la réussite qui est venue lui prêter main forte, lorsque la frappe de Khaoui à la 66e, sur laquelle il était battu, a finalement effleuré le poteau avant de sortir. Sorti de ses trois actions chaudes, il n’a pas eu énormément de travail et s’est montré rassurant dans ses prises de balles et dans ses sorties. RAS.


Chafik (5,5) : match abouti de la part du marocain, de retour dans le onze de départ grâce à la suspension d’Haddadi. Très solide défensivement, il n’a jamais été pris en défaut par les offensives troyennes et a même réalisé quelques gestes décisifs, notamment un sauvetage déterminant sur sa ligne à la 29e, qui a empêché l’ESTAC de faire le break. Offensivement, il s’est également montré intéressant, en proposant pas mal de solutions et en adressant quelques bons ballons. Son rush à la 16e, conclu par une frappe croisée, aurait mérité une meilleure conclusion. Il a par ailleurs fait montre d’une belle entente avec Kwon. Une bonne copie, qui va rajouter encore de la concurrence parmi les latéraux dijonnais.


Varrault (5,5) : victime d’un choc sur un duel aérien, le capitaine dijonnais a joué les deux tiers de la partie avec un bandage autour du crâne. Symbolique du match de guerrier qu’il a réalisé. Il n’a rien lâché, a été sur tous les ballons et est toujours parvenu, par son placement, a compenser les difficultés que lui a posé la vitesse d’exécution des troyens en première période. Patron de la défense en relais d’un Djilobodji peu dans son assiette, il a montré qu’il était largement à même de compenser les absences en défense centrale, voire plus. Cerise sur le gâteau, c’est lui qui adresse une magnifique ouverture en profondeur pour Sammaritano sur l’action du buteur égalisateur. Increvable.


Djilobodji (5) : cela devait arriver : le sénégalais a rendu sa première très moyenne copie sous les couleurs dijonnaises. Coupable sur le but troyen, en manquant de rigueur au marquage de Suk (ce qu’il a d’ailleurs reconnu dans les interviews d’après match), il s’est montré inhabituellement fébrile, que cela soit dans les relances, où il a perdu plusieurs fois des ballons faciles et qui auraient pu être dangereux, ou dans certaines de ses interventions. Même au niveau du placement, il a semblé à plusieurs reprises perdu, ne parvenant pas à trouver correctement ses marques. Il a tout de même réalisé quelques bonnes interventions dans les pieds troyens et a globalement été assez bon de la tête. S’il s’agit clairement là d’une prestation en-dessous du niveau qu’on attend de lui, ce qu’il apporte au DFCO depuis son arrivée permet largement de lui pardonner cet écart.


Rosier (4,5) : match compliqué pour celui qui vient d’être appelé pour la première fois avec les Espoirs. Titularisé à gauche pour palier à la suspension d’Haddadi, et donc sur son mauvais pied, il a moins convaincu que lors de ses précédentes sorties à ce poste. Défensivement, il a tenu globalement le choc mais a souffert face au très prometteur Samuel Grandsir, dont il venait de croiser la route avec les Espoirs. De plus, sa mauvaise relance suite au sauvetage sur la ligne de Chafik (27e) aurait pu coûter très cher aux siens mais il s’est bien rattrapé ensuite. Offensivement, on a clairement vu qu’être sur son mauvais pied annihilait beaucoup de son potentiel, dans un exercice dans lequel il a de toute façon encore à s’améliorer. S’il a réalisé de bonnes remontées de balles et des combinaisons intéressantes, notamment en deuxième mi-temps avec Saïd, il s’est montré beaucoup trop imprécis dans le dernier geste. Du travail en perspective !


Amalfitano (6) : positionné en premier relanceur devant la défense en première période, il a, comme à son habitude, abattu un gros boulot et récupéré beaucoup de ballons. Néanmoins, surtout lors du premier acte, il s’est montré bien trop timoré à la relance, portant beaucoup trop le ballon et péchant par un excès de prudence qui a eu finalement l’effet inverse. Il a également commis pas mal d’erreurs techniques. Bien mieux après la pause, il a complètement laissé à Xeka le rôle de relance et de construction des actions, en jouant de son côté le rôle d’essuie-glace, de manière diablement efficace. Certes, après l’entame tonitruante des dijonnais en seconde période, les troyens ont eu bien moins de velléités offensives, toutefois beaucoup ont été tuées dans l’œuf grâce à son travail d’interception et son jeu entre les lignes. A l’image de l’équipe, une copie satisfaisante au final malgré un départ décevant.


Abeid (3,5) : titularisé à la place de Xeka dans le milieu à trois souvent utilisé par Olivier Dall’Oglio cette saison, l’algérien est totalement passé à côté de son match. Jamais dans le bon tempo, souvent à contre-temps, il a multiplié les mauvais choix et les erreurs techniques, tout en étant souvent absent des débats, que ce soit à la récupération, où il s’est rarement montré décisif, ou dans les relais, où il a trop peu proposé de solution, au point que l’on s’est parfois demandé à quoi il servait sur le terrain. Bien revenu lors de ses premières minutes de jeu lors de son retour blessure, il peine depuis à retrouver le niveau qui était le sien la saison passée. Et les matchs passant, l’excuse du manque de rythme devient de moins en moins pertinente. A lui de se reprendre, s’il veut s’assurer une place de titulaire dans un milieu dijonnais bien plus concurrentiel que l’année passée. Hors du coup sur ce match, il est logiquement sorti à la pause. Remplacé à la mi-temps par Saïd (6). Très en jambe lors de son entrée en jeu, il a participé pleinement à l’excellente entame des dijonnais, en se montrant très actif, précis techniquement et en proposant beaucoup de solutions. Proche de marquer à la 52e et d’enfoncer définitivement l’ESTAC, il a vu sa frappe repoussée par Samassa. Passé le premier quart d’heure, il a été moins en vue. S’il a multiplié les appels dangereux qui ont clairement déstabilisé l’arrière-garde troyenne et s’il s’est montré très à l’aise techniquement balle au pied, il n’est néanmoins pas parvenu à concrétiser davantage ses bonnes dispositions. Il faut dire aussi que passé leur retour de folie, les dijonnais ont ensuite pas mal géré et se sont moins projetés vers l’avant. Sa complémentarité avec Tavares est toutefois évidente, car son activité a clairement ouvert des espaces pour son coéquipier. Une association à revoir lors des prochains matchs.


Marié (5) : seul dijonnais à avoir vraiment surnagé à Nice, malgré le penalty concédé, le milieu dijonnais a réalisé une première mi-temps de qualité. Agressif à la récupération, tentant de lancer le jeu et de pousser ses coéquipiers à jouer plus haut, il n’a pas ménagé ses efforts, jouant parfois pour deux lorsqu’Abeid passait au travers. Il a néanmoins eu pas mal de déchet technique, ce qui a limité son apport dans le jeu, alors que les intentions y étaient. Il est impliqué sur l’égalisation dijonnaise, puisque c’est lui qui récupère le centre de Sammaritano, sa frappe repoussée par le poteau se transformant en passe décisive pour Tavares. Proche de marquer, il a également été à deux doigts de se muer en passeur, son très bon centre à la 44e permettant à Sammaritano de reprendre de volée et obligeant Samassa à la parade. Sa sortie à la pause est clairement plus étonnante que celle d’Abeid, néanmoins il semblerait qu’il ait été légèrement touché lors du premier acte. Remplacé à la mi-temps par Xeka (6). Relégué sur le banc au coup d’envoi, le portugais a fait merveille dans l’orientation du jeu et la conservation de balle. Sur ses prises de balles, il a systématiquement mis dans le vent son vis à vis troyen et a beaucoup aéré le jeu dijonnais en multipliant les transversales précises pour créer des décalages. Sa technique balle au pied s’est également avérée très précieuse pour conserver le ballon lorsque le DFCO tachait de gérer son avance. Son principal défaut demeure son inconstance, ces excellentes phases de jeu décrites plus haut étant encore trop souvent entrecoupées de moments d’absence où on ne le voit plus sur le terrain. C’est là son axe de travail majeur.


Kwon (7,5) : très actif dès le début de match, le coréen, passeur décisif avec sa sélection lors de la trêve, a relativement peu pesé pendant le premier acte par rapport aux efforts qu’il a fourni. La faute à une organisation dijonnaise qui l’a amené à être souvent esseulé et à recevoir trop peu de ballons. Après la pause, Olivier Dall’Oglio a insister pour que le jeu dijonnais passe par lui. Une sage décision du technicien dijonnais, tant le milieu offensif s’est montré étincelant en seconde période. Son centre-tir pour le deuxième but de Tavares est parfait (47e) et on a presque le sentiment qu’il aurait pu rentrer même si le cap-verdien ne l’avait pas dévié. Il a continué à écraser l’accélérateur dans la foulée de cette action et s’est offert son troisième but de la saison au terme d’un travail individuel de grande qualité (50e). Après cette entame exceptionnelle, il ne s’est pas relâché et a souvent été impliqué dans les actions dangereuses côté dijonnais, même s’il a parfois péché par individualisme ou précipitation, surtout en fin de match. Alors qu’il avait été peu convaincant lors de ses dernières sorties, le voilà de retour en pleine lumière.


Sammaritano (7) : en voilà un qui aura parfaitement su profiter des absences dans le domaine offensif pour gagner des points aux yeux d’Olivier Dall’Oglio. Buteur en Coupe de la Ligue face à Rennes, passeur décisif pour l’unique but du match contre Nantes, l’ancien auxerrois a de nouveau livré une très bonne prestation face à l’ESTAC. Il mériterait d’être crédité de la passe décisive sur le premier but dijonnais, tant son enchaînement contrôle en extension / crochet / centre est de toute beauté. Par deux fois, il a également obligé Samassa à la parade, en reprenant de volée un centre de Marié à la 44e et au terme d’une nouvelle action de grande classe dans la surface à la 52e. Au-delà de ces actions précises, il s’est montré globalement inspiré, a touché pas mal de ballons et a été très souvent impliqué dans les actions dangereuses côté dijonnais. Tout au plus pourra-t-on lui reprocher d’avoir parfois un peu trop porté le ballon et abusé des passes en retrait quand le centre ou la frappe auraient été plus justifiés. Mais c’est vraiment là du pinaillage au regard de la qualité de son match.

Le match :

Parfois, il faut accepter de laisser de côté le style si le résultat est au bout. C’est la réflexion que se sont souvent fait le staff et les supporters dijonnais la saison passée, lorsque le DFCO réalisait d’excellents matchs mais ne parvenait pas à grappiller de points. C’était également le sens du discours de l’entraîneur troyen Jean-Louis Garcia à l’issue du match, la première mi-temps d’excellente qualité de l’ESTAC n’ayant pas été récompensée au bout du compte. Alors oui, le DFCO n’a pas brillé dans ce match (et plus globalement, dans le jeu, l’équipe est un peu moins emballante que la saison passée) ; oui, le DFCO a réalisé une première période très médiocre et pouvait s’estimer très heureux de rentrer aux vestiaires avec 1-1 à la pause ; et oui, le DFCO n’a au final vraiment produit un jeu de qualité que pendant un gros quart d’heure (et quelques fulgurances par-ci par-là), qui lui a permis de marquer deux buts et d’assommer Troyes. Mais au final, même si la manière n’y était pas forcément, le DFCO a gagné, face à un concurrent direct, a enchaîné une deuxième victoire à domicile d’affilée, a marqué 3 buts et pointe à la 12e place du classement. Dans ces cas là, on accepte finalement bien que le style ne soit pas étincelant.


Par ailleurs, il y a des choses positives à retenir sur ce match. D’abord, la qualité des prestations individuelles de certains et notamment le trio Sammaritano-Kwon-Tavares. Ensuite, les trois buts marqués qui prouvent que, malgré les absences et les méformes, le style offensif du DFCO ne se dément pas. Enfin et surtout sur ce match, les choix d’Olivier Dall’Oglio. Les détracteurs du technicien dijonnais lui ont régulièrement reproché un certain manque d’audace et des choix trop peu tranchés lorsque l’équipe était en difficulté. Rien n’est plus faux et ce match l’a illustré. Frustré et furieux du non-match de son équipe en première période, le coach dijonnais a passé un savon mérité à ses joueurs à la pause. Et comme les mots ont encore plus de poids lorsqu’ils sont accompagnés d’actes, il a décidé de frapper fort en procédant à un double changement, Abeid, transparent, laissant sa place à Saïd et Marié, plus en jambes mais visiblement touché, sortant au profit de Xeka. Ce changement répondait également à des décisions tactiques, Saïd ayant pour rôle d’épauler un Tavares qui captait beaucoup de ballons mais n’avait personne autour de lui pour les remiser et Xeka devant faire parler sa technique pour conserver un ballon que les dijonnais perdaient trop facilement ainsi que pour orienter le jeu de manière plus fluide. De plus, Olivier Dall’Oglio a insisté pour que le jeu dijonnais passe par Kwon, trop souvent esseulé et oublié en première période.


L’effet de toutes ses décisions ne s’est pas fait attendre et le début de deuxième période tonitruant des dijonnais, marqué par deux buts en trois minutes, a sûrement été au-delà des espérances du coach. Mais surtout, ses choix se sont révélés justes. Les deux buts sont passés par Kwon, Saïd a effectivement ouvert des solutions et des espaces pour Tavares et Xeka a été monstrueux dans la conservation de balle. Une belle vista du technicien dijonnais. Et pas mal de positif à retenir au final, la profondeur de banc qu’est en train d’acquérir le DFCO n’en étant pas des moindres.


Avec cette victoire, Dijon a à présent une excellente fenêtre de tir devant. En recevant Toulouse (qui n’est pas arrivé à mettre un pion à Metz en jouant 70 minutes à 11 contre 10) et en se déplaçant à Amiens (relégable mais qui reste sur un bon nul contre Monaco), le DFCO a l’occasion d’encore progresser au classement et de prendre de l’avance. Et ce d’autant plus que le championnat est très serré : 12e, le DFCO est à 3 points de la 7e place… et à 3 points de la 19e ! On notera également que d’ici fin décembre, les dijonnais iront à Guingamp et Angers et recevront Lille. D’ici la trêve hivernale, le DFCO aura probablement les idées plus claires sur le championnat dans lequel se déroulera sa deuxième partie de saison : le ventre mou ou la lutte pour le maintien. Nul besoin de préciser dans quelle partie de tableau on souhaite voir pointer nos Rouges avant les fêtes de fin d’année !

© Le Dijon Show, 2020

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