• Gus21

[DEBRIEF] L1, J9 : DFCO - Paris (1-2)

Le DFCO avait vu arriver la trêve internationale, après un match nul frustrant face à Strasbourg, au terme d’une partie d’une pauvreté technique rare pour le club bourguignon. Le retour sur les pelouses de Ligue 1 s’annonçait rude, avec la réception du rouleau-compresseur parisien, qui restait sur deux claques infligées au Bayern Munich (3-0, en Ligue des Champions) et à Bordeaux (6-2, en Ligue 1). Rien que ça. Malgré cette opposition en apparence plus que déséquilibrée, les bourguignons se devaient de montrer un autre visage que celui proposé face au promu alsacien. Malgré la défaite, le contrat a été plus que rempli et au-delà de son cas individuel, le DFCO a envoyé un message à toute la Ligue 1.

Les joueurs :

L’homme du match : Reynet (7) : difficile de mettre en exergue un seul joueur, tant ce qui a le plus marqué ce soir est sans doute le collectif dijonnais, sa solidité et sa solidarité.Néanmoins, malgré cette belle partition, le DFCO n’aurait jamais atteint la 80e minute avec un seul but de retard sans son gardien. On le disait troublé par son transfert avorté à Montpellier, en manque de confiance et force était de constater qu’il avait du mal à retrouver son niveau de la saison passée. Peut-être aussi parce que ce niveau était tel qu’un petit passage à vide était prévisible. Reste que face au PSG, Baptiste Reynet a répondu de la meilleure des manières. Auteur d’une bonne première période, avec un arrêt décisif face à Di Maria à la 16e puis bien suppléé par son équerre sur le coup-franc d’Alves à la 44e (encore qu’il semblait être en mesure de détourner la frappe si elle avait été cadrée), il a totalement écœuré l’attaque parisienne au cours du deuxième acte, avec pas moins de quatre arrêts décisif, face à Mbappé (62e, 65e et 68e) et Neymar (86e). Et quand son talent ne suffisait pas, c’est sa barre qui a pris le relais sur la tête de Marquinhos (63e). Alors certes, il a encaissé deux buts, sur lesquels il n’a pas pu grand-chose (il est d’ailleurs plutôt malheureux sur le premier, car il repousse la première frappe de Neymar), mais au-delà, quel match. Très clairement son meilleur de la saison et dans la lignée de ses performances de la saison précédente. Une renaissance ?


Rosier (6,5) : la progression de ce gamin est juste incroyable. Il y a deux ans, il jouait à Rodez, en CFA. L’année passée, il a été titulaire deux fois en Ligue 1, certes grâce à ses bonnes dispositions à l’entraînement et avec la réserve mais aussi, voire surtout, à cause des blessures conjuguées de Chafik et Rüfli et de la méforme de Lang. Et cette année, il remporte des duels face à Neymar et se paye même le luxe de l’éliminer d’un crochet sur une remontée de balle. Mais au-delà de ces symboles, le jeune latéral a surtout livré une partie de très haut vol, avec une solidité défensive évidente et un apport offensif notable, que ce soit sur des combinaisons en jeu court avec Sliti ou Kwon ou via ses centres, sur son bon pied pour une fois. Pas impressionné par l’enjeu ou le calibre des adversaires, il a fait le job, sérieusement et sans tremblé. A son débit seulement ce duel perdu face à Mbappé en fin de match qui amène le second but parisien. Mais comparé à ce qu’il a réussi, la balance est toujours positive.


Varrault (6,5) : seulement 3 matchs dont 2 en tant que titulaire, une blessure embêtante qui l’a tenu éloigné des terrains et un retour sur la pelouse plutôt poussif en amical face à Sochaux. A 37 ans et avec ce bilan au compteur, on pouvait craindre le pire pour le capitaine dijonnais face à l’armada parisienne. Seulement voilà, Capt’ainVarrault en a vu d’autres et ce ne sont pas un brésilien biberonné à la Liga et un jeune blanc-bec à peine majeur qui auraient pu lui faire peur. Car, toute plaisanterie à part, le vétéran dijonnais a fait son match au-delà des espérances. Solide, impliqué, courageux, il a tout donné pour ne pas être dépassé par la vitesse et la technique de ses adversaires et tenir la baraque, bien aidé il est vrai par un partenaire de défense qui n’avait pas grand-chose à apprendre sur les joutes de haut niveau. Il aurait même pu devenir le héros du soir en ouvrant le score à la 60e mais sa tête sur corner a frôlé la transversale. Avec l’absence de Yambéré pour deux matchs, on pouvait craindre pour la charnière dijonnaise. Mais l’ancien a montré qu’il avait encore de sacrés beaux restes.


Djilobodji (7) : un match de patron, ni plus, ni moins. Incisif, solide au duel, serein, probablement a-t-il un peu rappelé sur ce match aux dirigeants de Sunderland pourquoi ils l’avaient recruté à prix d’or pour en faire le pilier de leur charnière centrale.Et de la tête, il a tout capté. Son entente avec Varrault a d’ailleurs été notable et ce n’est pas pour rien. Pour la première fois depuis longtemps, le DFCO alignait en défense centrale deux joueurs très expérimentés : un vieux briscard de la Ligue 1 (Varrault) et un joueur qui a connu le très haut niveau (Djlibodji, avec Dortmund, et la Premier League avec Sunderland). Cela s’est senti dans les relations entre les deux joueurs et Djilobodji en a profité pour se montrer encore plus saignant que ce qu’il avait montré précédemment. Il s’est même offert une très belle occasion avec ce retourné acrobatique à la 53e minute. Il a, par contre été parfois en délicatesse dans ses relances. On sait qu’il est bon dans le jeu long mais il a parfois abusé de ces longues transversales et a de plus connu pas mal de déchet de cet exercice. Pas suffisant pour tout à fait ternir sa copie d’ensemble mais un point à garder en tête pour lui.


Haddadi (5) : préféré à Chafik alors que depuis quelques temps il avait perdu sa place à gauche au profit de Rosier, le tunisien a livré une bonne première période. Sérieux, appliqué, on a vu qu’il faisait preuve d’une attention particulière à être rigoureux au marquage et à anticiper les déplacements et les passes et cela s’est traduit par plusieurs duels gagnés et des ballons interceptés. Cette application a néanmoins eu pour effet de pas mal limiter son apport offensif. Il a repris après la pause sur le même rythme mais peu à peu, alors que les attaques parisiennes se faisaient plus pressantes, il a un peu baissé le pied et au final, malheureusement, les deux buts du PSG viennent de son côté. Et si on ne pas dire qu’il soit passé au travers sur ces actions, il n’est néanmoins pas exempt de tout reproche, eu égard à la distance qu’il a laissé à Meunier sur chacune des deux actions. Au global, il n’a pas démérité face à un adversaire de haut calibre. Mais il n’a pas non plus rattrapé son retard sur le duo Rosier – Chafik.


Amalfitano (6,5) : une nouvelle prestation de haut vol pour l’homme aux quatorze poumons. Certes, le milieu parisien n’était pas dans une forme historique mais si les combinaisons dans l’entrejeu du PSG ont été aussi absentes au point de couper l’équipe en deux, il n’y est pas pour rien. Le nombre de transmissions qu’il a interceptées et de ballons qu’il est venu gratter dans les pieds parisiens est proprement impressionnant. Ajoutez à ça une abnégation de tous les instants et un volume de jeu qui n’a quasiment pas baissé au cours du match et vous comprenez mieux pourquoi Neymar a récupéré le maillot du numéro 20 dijonnais à la fin du match. Car si le brésilien a été bien pris par la charnière dijonnaise, il n’a souvent pas atteint le dernier rideau grâce aux interventions de l’ancien de Newcastle. Il a également été assez intéressant comme premier relanceur, même s’il a plus souvent laissé cette tâche à Marié et Xeka. Au final, un nouveau satisfecit pour lui.


Marié (6) : Entre un Amalfitano clairement à la récupération et un Xeka résolument en relayeur/organisateur, lui, a porté les deux casquettes. Tantôt en premier rideau pour couper les transmissions parisiennes, tantôt à la relance pour remonter le ballon et alimenter ses milieux offensifs, il a une nouvelle fois fait preuve de pas mal de sang-froid et d’autorité dans ces exercices. On pourra par contre lui reprocher de ne pas avoir tenté sa chance, car il a eu plusieurs l’occasion d’apporter le danger sur les buts d’Areola, mais a rarement osé, comme sur cette action à la 26e minute où il a un boulevard pour progresser balle au pied et frapper, et où finalement il préfère essayer de trouver Jeannot et a perdu du coup la balle. Un manque d’audace un peu rageant mais néanmoins, il est plus qu’encourageant de le voir au fil des matchs abandonner les oripeaux de joueur timide et effacé qu’il a trop souvent portés la saison dernière. Il aurait même pu marquer à la 30e minute mais sa reprise du gauche a fui le cadre de peu. Sous le coup d’un avertissement, il a finalement cédé sa place avant la fin.

Remplacé à la 81e par Balmont (non noté) qui s’est signalé en chipant le ballon dans les pieds de Neymar à l’entrée de la surface. Il a globalement bien tenu son rang pendant le quasi quart d’heure qu’il a joué.


Xeka (5,5) : un match à la Harvey Dent, le Double-Face de l’univers DC Comics. Aussi brillant et précis à l’orientation et dans la conservation du ballon que dilettante et manquant de tranchant à la récupération. Cela reste son souci principal. Dès qu’il a le ballon, sa finesse technique saute aux yeux et a souvent été précieuse, soit pour orienter le jeu dijonnais, notamment par des transversales souvent justes, soit pour garder le ballon au milieu et permettre au bloc de remonter. Par contre, dès qu’il s’agit d’aller récupérer le ballon, c’est plus compliqué. Il a fait quelques bonnes interventions mais a souvent paru trop à court de souffle et incapable de revenir de manière efficace sur ses adversaires de l’entrejeu. Très clairement, à un poste de pur relayeur, il fait merveille et si on ne le juge qu’à l’aune de cet aspect du jeu, il a fait un match excellent. Seulement, dans une équipe comme le DFCO, surtout lorsqu’elle est dominée comme contre le PSG, il est indispensable d’avoir des milieux de terrain qui sont impliqués à la récupération. Sur ce match, Sliti, Kwon et même Jeannot l’ont été plus que lui. Et naturellement, avec le retour prochain de Mehdi Abeid, c’est lui qui est le plus en danger.


Sliti (5) : beaucoup d’activité mais un match compliqué face à une défense parisienne qui est certainement la seule satisfaction d’Emery à l’issue de ce match. Dès qu’il a essayé de repiquer dans l’axe comme il aime le faire ou de provoquer balle au pied dans les petits espaces, il a quasi systématiquement été contré. Finalement, les meilleurs mouvements à mettre à son actif sont ceux qu’il a initiés côté droit, souvent à la conclusion de bonnes combinaisons avec Rosier et face à un Berchiche guère impressionnant. C’est par exemple l’une de ses actions, conclue par un bon centre, qui amène la belle occasion de Marié à la 30e minute. En seconde période, il a été plus à la peine et a petit à petit baissé le pied offensivement, même s’il a continué à assurer les replis défensifs face à la pression parisienne. Pas son meilleur match mais un bon rebond après sa prestation très décevante face à Strasbourg.

Remplacé à la 72e minute par Saïd (non noté). L’ancien rennais a apporté pas mal de vitesse et de percussion plutôt côté gauche puis dans l’axe. Il a ouvert des espaces par de bons appels et c’est sur un long ballon qu’il avait demandé que la défense parisienne dégage sur Jeannot pour le bijou de l’égalisation. Une rentrée intéressante, qui milite pour davantage de temps de jeu.


Kwon (5,5) : confronté comme Sliti à une arrière-garde du PSG franchement difficile à passer, il s’est néanmoins montré un peu plus en verve que le tunisien, notamment avec ce ballon récupéré très haut à la 36e minute et conclu par une belle frappe des 20 mètres, obligeant Areola à une envolée pour détourner en corner. Il a pas mal proposé de solutions en redescendant assez bas au contact du trio de l’entrejeu dijonnais. On peut toutefois lui reprocher d’avoir trop eu souvent écarté le jeu sur les ailes et d’avoir régulièrement perdu le ballon lorsqu’il a tenté de le faire. Sur des matchs comme ceux-là, face à des joueurs complets qui associent technique et puissance, on voit qu’il manque encore un peu de physique et de volume pour conserver le ballon jusqu’au bout. Une copie encourageante toutefois.

Remplacé à la 73e minute par Sammaritano (non noté) qui n’a pas fait une très très grande entrée en jeu. Un bon déboulé côté droit conclu par un centre et c’est à peu près tout. A sa décharge, son manque de temps de jeu n’aide pas mais sur ce coup, il n’a pas marqué de point.


Jeannot (6,5) : assez rapidement, il a compris que s’il se contentait de rester au contact de la charnière parisienne et de demander les ballons dans l’axe, il allait vivre une fin d’après-midi cauchemardesque et qu’il ne serait guère utile à son équipe. Aussi a-t-il régulièrement décroché pour venir chercher le ballon plus bas, voire même le récupérer dans les pieds parisiens, grâce à une belle agressivité dans les duels. Il a également énormément participé au travail défensif, avec des courses de replis où il redescendait parfois au niveau de ses milieux défensifs et a, malgré tout, plusieurs récupéré et tenu le ballon dans un rôle de pivot devant pour écarte sur les côtés et permettre à l’équipe de remonter. Un match plein d’abnégation et de sacrifice, au service de l’équipe et qui a fini par être justement récompensé. Une reprise de volée toute en spontanéité, un brin de réussite et au final un but somptueux, qui aurait dû être synonyme de match nul mérité pour le DFCO. Plus que transparent sur ses dernières sorties, l’ancien lorientais s’est idéalement remis dans le sens de la marche. Une bonne nouvelle pour le DFCO, qui sera encore privé de Tavares pour quelques matchs.

Le match :

Le scénario est rageant, frustrant, cruel. Et une nouvelle fois, le DFCO abandonne des points dans les dernières minutes d’un match. Mais au terme de cette confrontation face au PSG, ce n’est pas cela qu’il faut retenir. Mais bien plutôt la prestation de très haute volée d’un collectif soudé, solidaire, qui a joué avec ses qualités, assumé son style de jeu et s’est dépouillé jusqu’au bout pour essayer de ramener quelque chose d’une opposition qui, sur le papier, était plus que déséquilibrée.


La meilleure attaque contre la pire défense. L’ogre parisien, tombeur 3-0 du Bayern, qui avait atomisé Bordeaux 6-2, Toulouse sur le même score, Metz 5-0, face à l’un des « petits » de cette Ligue 1, qui sortait d’un match nul à peine niveau Ligue 2 face à Strasbourg. Tout paraissait réuni pour assister à une nouvelle démonstration du PSG et voir le DFCO sombrer sous ses coups de boutoir. Seulement voilà, le club de la capitale n’a jamais réussi à mettre son jeu en place et ses individualités offensives ont déçu. Certains argueront que plusieurs joueurs étaient fatigués après les matchs internationaux et que Verratti, Motta, Thiago Silva et Cavani étaient absents. Sans doute cela a-t-il joué. Mais en face, le DFCO comptait aussi des internationaux dans ses rangs (Haddadi, Sliti, Kwon) et était privé de deux éléments importants avec Abeid et Tavares. Et surtout, si le PSG a déjoué ainsi, c’est aussi parce qu’en face Dijon a proposé quelque chose de cohérent, d’ambitieux, d’organisé et de maîtrisé.


Les efforts consentis pas chacun et les prestations de haut vol d’Amalfitano et Marié ont complètement coupé en deux l’équipe adversaire, dont les individualités offensives se sont heurtées au froid réalisme d’une charnière expérimentée Djilobodji – Varrault, à la fougue et l’absence de complexe de Valentin Rosier et à la baraka de Baptiste Reynet. Et si le DFCO a fini par craquer, à deux reprises, cela ne ternit que bien peu la prestation d’ensemble sur ce match, qui a permis à l’équipe de montrer un tout autre visage que cette pâle copie de football proposé avant la trêve face à Strasbourg. Et surtout, de se rassurer sur ses capacités, son potentiel et son mental. Le DFCO a retrouvé ses valeurs, de beau jeu, de solidarité, d’abnégation, qui font la fierté de ses supporters et, on peut le croire, une certaine admiration des observateurs avisés.


Enfin, au-delà de son cas personnel, le DFCO a également envoyé un message à l’ensemble de la Ligue 1. Oui, il est possible de contrarier ce PSG sans jouer à 10 derrière et sur une pelouse à peine digne d’un match de DH. Oui, on peut faire douter les parisiens en jouant au foot, en construisant, en ressortant proprement les ballons et en attaquant. Malgré la défaite, c’est une leçon de football que les hommes d’Olivier Dall’Oglio ont envoyé à toutes les équipes qui vont avoir à affronter les troupes d’Unai Emery.


Pour les Dijonnais, il faut apprécier la bonne prestation livrée ce week-end, se rassurer en voyant que, grâce au nul de Lille, aux défaites d’Amiens, Metz et Rennes et attendant le résultat d’un Strasbourg – Marseille qui s’annonce compliqué pour les alsaciens, la 15e place n’est même à un point, seulement à la différence de but, et, surtout se reconcentrer, car se profile dès le week-end prochain un match crucial. Sur la pelouse de Metz, le DFCO aura l’occasion d’enfoncer un concurrent direct pour le maintien et de prendre ainsi de l’air au classement. S’il montre le même visage que contre le PSG, il n’a pas grand-chose à craindre.

© Le Dijon Show, 2020

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