• Gus21

DFCO 0-0 Bordeaux : solidité (presque) retrouvée

Un point aussi frustrant que sacrément chanceux. Frustrant car le DFCO a fait largement jeu égal avec Bordeaux et a eu plusieurs fois l’occasion de donner le coup d’estoc aux Girondins. Chanceux car sans les deux interventions de l’arbitrage vidéo, les Dijonnais auraient encaissé deux buts, qu’ils ne seraient peut-être pas parvenu à remonter. Du coup, on va s’en contenter. Même si ça ne suffit pas.


Auteur d'une excellente prestation en défense centrale, Nayef Aguerd a marqué beaucoup de points face à Bordeaux

Les joueurs :

L’homme du match : le VAR (10) : une double parade décisive face Kamano puis à Karamoh, un suspens haletant et une application au millimètre près de la procédure : Benoît Bastien et Romain Delpech, les assistants vidéo de M. Letexier, ont livré un match digne des plus grands. Une prestation qui restera long dans l’anal… des Bordelais.


Le (vrai) homme du match : Aguerd (8) : un crâne qui a aimanté tous les ballons aériens que les Girondins ont cherché à envoyer dans la surface, aussi précis dans ses interventions que feu Vincent Rüfli dans le bourrage de chicha, des crampes à la fin tellement il s’est donné. Bref, rien à jeter dans cette partie canonissime du gamin de Rabat. Il n’aura manqué qu’une tête rageuse au fond des filets pour qu’on se fasse tatouer Nayef sur la fesse gauche.


Runarsson (6) : deux belles parades et pas grand-chose à faire autrement, mais surtout, enfin, une 4e clean-sheet ! Bon, ok, elle tient plus à la méticulosité tatillonne des mecs du camion qu’à l’ineffable talent de notre Viking mais franchement, en ce moment, on prend.


Rosier (6) : confirme qu’à défaut d’avoir plus de goût dans le choix de ses survêtements, il revient largement plus en forme que sur le début de saison. Un peu tendu face à Kamano avant de coller le Bordelais dans sa poche. A également beaucoup couru, un peu partout. Seul bémol : dans le dernier geste, on retrouve une certaine similitude avec ses choix vestimentaires.


Yambéré (6) : du Magic Yambi dans le texte. C’est pas académique pour un sou, ça fait flipper une fois sur deux, ça se termine en gueulant après la terre entière et en agitant les bras, mais au final, ça tient pas mal la route. Devrait en revanche prendre des cours avec Aguerd quant au timing sur les ballons aériens.


Haddadi (4,5) : interventions debout ? OK. Tacles glissés ? OK. Montées le long de la ligne ? OK. Centres ? Globalement, OK. Par contre, les relances… sérieusement Oussama, je veux bien que, voyant Briand livrer un match digne d’un Mitroglou sous Prozac, tu ais voulu lui filer quelques ballons mais il y a des limites à la générosité ! La prochaine fois, tu vas au coin.


Lautoa (4) : capitaine de la Panzer Division au rapport ! Certes, il est impliqué, globalement il a fait un math correct, et a bien aidé à solidifier la défense. Mais alors techniquement, qu’est-ce que c’est brut de décoffrage ! Est à peu près au beau jeu ce que le gros rouge qui tâche est aux grands crus bourguignons. A force, ça reste un tantinet sur l’estomac.


Abeid (5,5) : a dû certainement passer une sale nuit en revoyant toutes ses occasions manquées et notamment cette toile stratosphérique à 5 mètres des cages, que n’aurait pas renié Casimir Ninga. Mais en même temps, s’il a loupé, c’est aussi qu’il a tenté et c’est bien l’un des seuls à l’avoir fait. A part ça, pas toujours de l’immense Mehdi mais une dalle et une hargne assez évidentes, malgré un coup de mou à l’heure de jeu.


Amalfitano (4,5) : le mettre ailier c’est un peu comme manger de la raclette en buvant du Volnay 1er cru. Ça se fait mais franchement, c’est gâcher ! Même motif, même punition qu’à chaque fois qu’il est à ce poste : excellent à la récupération, beaucoup moins dès qu’il faut porter le jeu vers l’avant. Et en prime, pas mal de ballons perdus.


Remplacé à la 78e minute par Loiodice (non noté). Un phare dans le noir. Tout est devenu plus fluide dès qu’il a posé le pied sur le terrain. Si le DFCO a joué à Fort Alamo sur le but de Costil pendant toute la fin de match, il en est un des grands artisans.


Sliti (4,5) : pas loin d’ouvrir le score en première période et, dans l’ensemble, très correct avant la pause. En revanche, je ne sais pas ce qu’il a pris pendant la mi-temps. Car au retour des vestiaires, il s’est peu à peu métamorphosé en vulgaire Moyo, incapable de lâcher sa balle et s’enfermant dans des enchaînements de 45 dribbles avant de perdre le ballon. On espère que, quelque soit la mixture qu’il a ingurgité à la mi-temps, ses effets ne sont que temporaires.


Saïd (3) : s’est appliqué à retranscrire sur le terrain la fameuse comptine du furet : il court, il court, il est passé par ici, il repassera par là. Ouais, sauf qu’au final, après un bon premier quart d’heure, à par courir souvent dans le vide, il n’a pas fait grand-chose. Et le problème c’est qu’on a passé l’âge des comptines.


Remplacé à la 66e minute par Sammaritano (non noté) qui, s’il semble avoir fait un peu de gras pendant ses deux mois de convalescence, a touché plus de ballons en 25 minutes que l’ancien Rennais en plus du double. C’est cruel les statistiques.


Tavares (3,5) : une ou deux menues occasions, une passe magique en Madjer pour Sammaritano histoire d’intégrer le prochain Total Régal de beIN Sports et à part ça… le néant ou presque. Le capitaine dijonnais s’est fait avaler, digérer et recracher par la charnière Koundé – Pablo qui ne lui a pas laissé le moindre espace. Sale, très sale soirée.


Excellente entrée d'Enzo Loiodice, qui a éclairé le jeu dijonnais (photo : Foxsports.it)

Le match :

Pour tout amateur de jeu, voir un match arrêté de longues minutes pour une vérification vidéo et un but refusé pour un hors-jeu d’un demi centimètre n’a pas beaucoup de sens. Ceci étant dit, pour tout supporter dijonnais qui s’est fait copieusement prendre par derrière par l’arbitrage au cours des deux dernières saisons, ce bon coup de main du VAR a toutes les allures d’une juste vengeance. Il permet aussi au DFCO de décrocher un point pas du tout volé au regard de la physionomie du match. Car, en dehors de coups de pieds arrêtés, jamais les Bordelais n’ont semblé en mesure de prendre réellement le dessus dans le jeu. Et à l’inverse, surtout en fin de match, les Dijonnais se sont créés de nombreuses occasions de faire la différence.


En fin de match surtout car l’entrée d’Enzo Loiodice a clairement fait un bien fou au jeu dijonnais, tant il a apporté de fluidité, d’audace et de précision technique dans l’entre-jeu. Car avant cela, les offensives dijonnaises ont souvent été stéréotypées, attestant d’une équipe trop dans la gestion, qui n’a pas assez osé et pas assez fait parlé ses atouts. Alors certes, les blessures de Jeannot, Kwon, Gourcuff, et Keita et le manque de rythme de Sammaritano, de retour de blessure, n’ont pas aidé à offrir des solutions sur le front de l’attaque. Mais cela ne peut être seul en cause, car c’est bel et bien l’entrée d’un milieu défensif qui a changé la donne. Il s’agit avant tout d’un soucis d’audace, de fraîcheur, de folie. De ces qualités qu’il est difficile d’attendre d’une équipe en tel manque de confiance.


D’un autre côté, en n’encaissant aucun but validé, le DFCO s’est quelque peu rassuré sur le plan défensif. La très belle prestation de Nayef Aguerd, si elle devra évidemment être confirmée, ouvre d’intéressantes perspectives. Par ailleurs, son association avec Cédric Yambéré, inédite dans une défense à 4, a très bien fonctionné. Le DFCO tient peut-être là, enfin, sa charnière centrale titulaire. Une étape indispensable pour ensuite régler les autres lacunes et notamment la fébrilité sur coups de pieds arrêtés, à nouveau criante sur ce match.

Reste que si ce point pris stoppe une série de défaite, il ne permet guère aux Dijonnais de respirer au classement. A égalité de points avec Caen mais seulement deux longueurs devant l’AS Monaco, le DFCO pointe toujours à une peu reluisante 18e place. Et, il faut insister sur ce point, les trois prochains matchs et notamment la réception de Guingamp doivent impérativement permettre d’engranger de changer la donne. D’autant que le VAR ne sera pas toujours là pour nous sauver la mise.

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© Le Dijon Show, 2020

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