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DFCO 0-0 Marseille : inébranlables

Dijon poursuit sa campagne 2021 en quête d'un maintien inattendu avec un deuxième match consécutif sans marquer, mais sans trembler non plus.

A l'image d'Anthony Racioppi, confiant, la défense du DFCO est ce qui se fait de mieux en ce moment.

LE MATCH


Les Dijonnais se présentent contre les Olympiens avec un 4-4-2 semblable à celui qui avait terminé très fort la partie au Stade des Costières. Baldé et Konaté sont associés en pointe, alors que Celina et Dina-Ébimbé occupent respectivement les ailes droites et gauches. Seul Dobre sort donc de ce 11 par rapport au déplacement à Reims, et le groupe reste inchangé.


Retard à l’allumage


Il s’en faut de peu dès le début de la partie pour l’OM, qui manque l’ouverture du score d’un cheveu. D’abord Racioppi s’interpose sur une frappe de Radonjić près du point de penalty, puis Boey vient gêner Benedetto qui avait suivi l’action et le force à manquer le cadre. 4 minutes plus tard, c’est Kamara qui tente sa chance de loin, sans inquiéter particulièrement le gardien dijonnais.

Les relances sont très approximatives, à l’image de Coulibaly qui semble moins maîtriser ce sujet qu’à son habitude. La domination des sudistes ne fait aucun doute dans le premier quart d’heure. D’ailleurs, ils forcent le DFCO a commettre des fautes légères mais dangereuses, aux abords de la surface. Sur l’un des coups-francs, Thauvin menace de très près la lucarne gauche de Racioppi, mais le ballon fuit finalement le but.


Même lorsqu’ils parviennent à s’extirper du pressing azur et blanc, ce sont les imprécisions dans leurs passes qui gênent les Dijonnais et les empêchent de construire quoi que ce soit de dangereux. Jusqu’à ce que Dina-Ébimbé prenne enfin les choses en main (après une remise en touche). Un une-deux joué avec Celina dans l’axe, un ballon idéal glissé dans la course de Baldé sur son pied droit. La frappe de Mama est détournée de peu par Mandanda sur son poteau.


Marseille met quelques minutes à s’en remettre, mais continue de se montrer dangereux en campant dans la surface des rouges. En revanche, de très jolis mouvements entre Ndong, Celina et Diop créent la brèche à l’opposé. Pape Cheikh perce la défense et sert parfaitement Moussa Konaté qui, voyant l’appel de Baldé de l’autre côté des cages, tente une passe mal ajustée pour le Bissaoguinéen, qui n’avait pu prendre suffisamment de vitesse.

Konaté et ses décisions douteuses ont annihilé certaines bonnes occasions pour Dijon.

La partie est très disputée, et Dijon s’est bien réveillé après son entame ratée. Quelques fautes au milieu de terrain hachent le jeu, mais les deux formations essayent de mettre de la vitesse pour se créer des opportunités. Et c’est au tour du pressing de Dijon de se montrer efficace : une récupération le long de la ligne de touche permet, de fil en aiguille, à Dina-Ébimbé de se retrouver face aux buts à 22 mètres et de tenter une frappe complètement dévissée. Il y avait sûrement mieux à faire… M. Miguelgorry siffle la fin du premier acte sur ce score nul et vierge, assez juste pour les deux équipes.



Faux rythme


Konaté ouvre les hostilités après la pause, en frappant fort au premier poteau dans un angle assez fermé, sans menacer davantage les buts gardés par Steve Mandanda. Dans la minute qui suit, Nemanja Radonjić perd son face à face avec l’espoir suisse alors qu’il était dans les meilleures conditions pour ouvrir le score ! Le match est intense à nouveau, mais les maladresses de part et d’autre sont bien trop nombreuses pour espérer faire trembler les filets.


Villas-Boas fait entrer Payet, Germain et Cuisance à l’heure de jeu, dans l’espoir de changer la donne, Konaté cède sa place à Sammaritano et Diop laisse la sienne à Lautoa, enfin de retour de blessure. Finalement, les changements donnent plutôt l’impression d’avoir cassé le rythme effréné sur lequel la deuxième mi-temps avait démarré.


Le plus gros danger des dix minutes qui suivent est un centre raté de Payet du côté de Boey, qui se mue en frappe cadrée qu’Anthony Racioppi est forcé de détourner d’extrême justesse pour l’empêcher de nettoyer la lucarne. La pression croît à nouveau dans la surface dijonnaise, sans que les Bourguignons ne craquent pour autant.

Coulibaly, impérial dans les airs, a muselé Benedetto.

Sammaritano et Boey combinent enfin à droite, et le centre du latéral trouve Dina à l’entrée de la surface marseillaise : sa remise offre une chance à Lautoa d’ajuster la mire, malheureusement sa frappe du pied gauche passe de peu à côté. Dobre remplace Éric-Junior à la 78e.


Alors que l’on entre dans les 10 dernières minutes du temps réglementaire, locaux comme visiteurs peinent à trouver la faille et sont toujours logiquement dos-à-dos. Les transmissions sont laborieuses dans les 30 derniers mètres, et le danger vient d’une erreur d’Écuélé-Manga plutôt que d’une action bien construite par l’OM. Dijon persévère dans l’optique de défendre plutôt bas et d’espérer un miracle avec les qualités de Baldé, isolé.


Un miracle qui n’arrivera pas, puisque la fusée lusophone est finalement remplacée par Aurélien Scheidler. Malgré les deux coups-francs indirects obtenus dans le temps additionnel, Dijon ne parvient pas à briser le verrou. DFCO et OM se séparent sur un score nul et vierge, identique à celui obtenu en semaine, et plutôt satisfaisant pour les rouge et noir, outsider du soir.

Ce résultat marque le début d’une mini série de 3 matchs sans connaître la défaite, un signe positif avant de se déplacer à Lorient, en bien mauvaise posture. Il faudra cependant trouver des solutions pour mettre un bloc bas dans la difficulté, sans trop s’exposer à l’arrière. Car en ce qui concerne l’aspect défensif, le DFCO est en train de surpasser toutes les attentes, et affole les statistiques.


LES NOTES


Homme du match : Racioppi (6.9)

Le meilleur gardien d’Europe a encore fait des siennes. Si les attaquants de l’OM ne semblaient pas très inspirés, il a balayé leurs maigres espoirs de marquer le moindre but, tant ses sorties aériennes autoritaires et parades réflexes paraissaient maîtrisées. À l'aise.


Boey (5.5) : s’il était plus que fébrile lorsqu’il s’agissait de défendre un centre en retrait, ses gestes défensifs de dernière minute pour contrer des frappes Olympiennes ont grandement facilité le travail de l’homme entre les poteaux.


Écuélé-Manga (5) : Match correct, un peu en-deçà de ce à quoi notre capitaine nous avait habitués ces derniers mois. Sa conduite de balle hésitante aurait pu coûter le point du match, sans conséquence heureusement.


Coulibaly (6) : s’il y en a un qui justifie pleinement ses dernières titularisations, c’est bien Senou. Un peu plus en difficulté sur les phases de possession, il a largement compensé en s’avérant être la tour de contrôle lorsque toute l’équipe était retranchée, et a complètement éteint la plupart de ses vis-à-vis.


Ngonda (5) : Glody nous a refait du Ngonda. Du bon parfois, du moins bien aussi (notamment dans ses transmissions), mais avons-nous une meilleure option à son poste ? Quoi qu’il en soit, c’est le huitième match consécutif qu’il dispute dans son intégralité, et ça, c’est déjà une forme de régularité.


Ndong (6.8) : dans un tel état de grâce, ce milieu de terrain lui appartient à lui et lui seul. Il est encore beaucoup mis à contribution, mais tout lui semblait facile hier soir : étirer la ligne défensive, mener le pressing, gagner ses duels… À deux doigts de s’occuper lui même du panneau lumineux du 4e arbitre.


Diop (4.9) : en plein scandale sur Instagram… Ah non, je me trompe de Pape. Le nôtre n’a toujours pas d’excuse pour ses sautes de concentration inutiles et ses fautes maladroites. En revanche il a su se rendre utile dans plus d’un mouvement offensif. Persévère ! Remplacé par Wesley Lautoa (64e), qui aurait pu être un héros inattendu, dans un univers parallèle où Dijon cadre ses frappes.

Dina-Ébimbé (5.9) : pas toujours lucide dans ses choix face au but, il est impliqué dans la majorité des opportunités dijonnaises (et surtout à l’origine du duel entre Baldé et Mandanda). Ce n’est pas réellement ce qu’on appelle malchanceux, mais j’en connais un qui doit avoir faim de but. Remplacé par Alex Dobre (78e) dans un timing qui lui avait permis de briller à Nîmes. Mais ces sudistes là sont d’une autre trempe que ceux qui considèrent la violence animale comme un événement culturel.


Celina (5) : tout juste la moyenne, pas plus, pas moins. De toutes manières, comment juger notre meneur de jeu s’il est aussi isolé sur le côté, et pas au cœur du terrain ?


Konaté (3.1) : frappe quand il faut chercher la passe, passe quand il faut frapper en première intention… Sur le peu de ballons intéressants qui lui ont été donnés, Moussa a tout fait à l’envers. Si c’est pour le revoir mettre un doublé contre un autre relégable, alors on le tolérera. Remplacé par Frédéric Sammaritano (65e), dont l’entrée a résolument fait du bien à tout le monde dans la maîtrise collective. On s’en rappellera pour un tacle aussi surprenant qu’important en fin de rencontre,. Il n’y a pas de repos pour le lutin, même après les fêtes.


Baldé (4.1) : Mama n’a pas ménagé ses efforts, comme à son habitude. Mais il s’est souvent heurté à un mur, et quand il a pu le contourner, le videur Steve l’a recalé, un peu brutalement. Peut-être qu’il y avait mieux à faire en le mettant sur le flanc de Nagatomo, mais avec des si, Dall’Oglio serait encore en charge. Remplacé par Aurélien Scheidler (90e+1), qui a ce rythme-là ne comptera même pas 90 minutes de football en 2021…


Moyenne : 5.3



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