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DFCO 0-0 Marseille, le coup presque parfait

Mis à jour : 10 oct. 2019

Dans un match maîtrisé globalement par les Rouges, l'OM s'en sort avec un point presque miraculeux, grâce à un Mandanda sérieux et au manque d'application des Dijonnais.


Le match

Un peu à la surprise générale, Dijon a fait mieux que de contenir les assauts marseillais, et peut s'en vanter. Malgré les absences d'Alvaro, Thauvin, Payet ... (pour ne citer qu'eux), les Phocéens arrivent à Gaston Gérard comme net favori, mais Dijon ne peut pas se permettre de laisser filer trop de points à domicile. C'est donc une bataille féroce qui est livrée par les deux équipes dès le coup d'envoi avec une occasion franche de chaque côté. Lopez tente sa chance mais est contré par le pied de Gomis, et Tavares sur corner, place sa tête (son seul tir du match) dans les gants de Mandanda.


Quelques minutes plus tard, suite à une belle transition qui laisse tout l'espace à Chafik pour centrer de son côté droit, Baldé manque lui aussi de conviction dans sa tête et n'inquiète pas plus le gardien que cela. Puis les tirs de Germain (dans le petit filet) et du jeune Perrin (au dessus des buts) feront passer un frisson dans les rangs dijonnais. Juste avant la mi-temps, Germain se procure une autre bonne opportunité mais se jette mal et ne trouve pas le cadre sur un centre de Sanson. Enfin, Baldé aura une occasion en or d'ouvrir le score avec un ballon qui se retrouve dans ses pieds par hasard sur corner : son tir à bout portant est contré par un pied Olympien.


De retour des vestiaires, l'état d'esprit semble avoir totalement changé, et si certains joueurs ne se sont pas couverts de gloire côté bourguignon, ils vont tous être plus entreprenants en deuxième mi-temps. A commencer par Mounir Chouiar qui se procure une belle occasion côté gauche mais dont la frappe flirte seulement avec le montant droit. Puis une tête, encore, celle d'Ecuélé-Manga cette fois ci, qui frappe la base du poteau droit après un coup-franc très bien tiré par Chouiar ! L'ex Lensois se charge de frapper un autre coup-franc direct, puissant mais le portier de l'OM reste vigilant et peut détourner le ballon à gauche de ses cages. La dernière très grosse action est à mettre à l'actif des visiteurs, qui ont bien failli voler les 3 points, mais Benedetto manque de lucidité sur une contre-attaque et après s'être mis en position idéale manque le cadre d'un cheveu. Score final : 0-0.


L'analyse

Il ne manquait qu'un but aux Dijonnais pour qualifier cette rencontre de "match référence". Il y a beaucoup de positif à en tirer, mais aussi quelques points à améliorer.


Les points positifs :

Des coups de pieds arrêtés (offensifs) intéressants :

Ils ont souvent été la bête noire du DFCO ces dernières années. Très peu de coups francs direct terminent au fond, les coups francs indirects sont mal exploités et les corners finissent en but pour les adversaires... Hier soir, Dijon a frappé 18 fois au but, dont 8 fois suite à une phase arrêtée. Les choix des tireurs ne sont pas anodins, Soumaré et Chouiar sont tous les deux à l'aise dans cet exercice, et bien qu'inexpérimentés, ils s'imposent comme les meilleurs tireurs dans l'effectif à l'instant T. La tête de Bruno Ecuélé-Manga sur le poteau est la meilleure occasion du match (et aurait sûrement dû finir au fond), avec un xGoal de 0.58.


Des occasions variées :

Mais au delà de ces CPA, le DFCO s'est procuré des occasions à la fois sur des attaques placées, des contres bien négociés, des centres dangereux... Dijon a su exploiter ses ailes pour étirer un bloc marseillais bien en place et trouver les espaces pour se mettre en position de tir. Cinq de nos tentatives dans la surface sont issues de ces phases de jeu. L'avantage de cette diversité, c'est que si elle est bien exploitée, il sera difficile pour nos futurs adversaires de nous empêcher de nous procurer des occasions.


Les relances assurées :

Même s'il normal pour une équipe professionnelle, particulièrement à domicile, de ne pas bêtement donner de munitions à l'adversaires quand on est dans sa moitié de terrain, Dijon a longtemps eu la fâcheuse habitude de faire ces erreurs et de se mettre en difficulté. Avec un gardien très sûr de lui et une équipe qui prend confiance et qui commence à développer des automatismes, ces boulettes sont moins fréquentes et participent non seulement à une défense plus facile de nos cages, mais aussi à des situations offensives plus nombreuses. Progrès à confirmer.

Des dégagements bien exploités :

En parlant du gardien, son rôle est essentiel quand il s'agit de lancer une nouvelle attaque. Gomis a très bien su trouver ses partenaires sur la plupart de ses dégagements, en cherchant souvent Tavares dans son rôle de pivot qui lui sied à merveille. Résultat, on nullifie le pressing adverse et on casse 2 lignes d'un coup, en se retrouvant souvent balle au pied sur les seconds ballons, dans la moitié de terrain marseillaise.


L'axe de l'équipe très rassurante :

Le match de ce mardi a peut-être garanti la place de certains dans le Onze de Jobard pour les prochaines journées. Gomis, très serein et rassurant, comme Aguerd qui gagne pratiquement tous ses duels et contrôle bien la profondeur, mais aussi Ndong, omniprésent au milieu et chef d'orchestre de l'équipe. Quant à Tavares, il retrouve le brassard et un niveau de jeu très satisfaisant depuis sa blessure, tout ceci est prometteur pour la suite.


Les points négatifs

Les occasions non concrétisées coûtent cher :

Evidemment, comment omettre le manque de lucidité et de confiance, non seulement de nos attaquants, mais de tous nos joueurs devant le but adverse? Pour beaucoup de supporters, ce nul semble comme deux points de perdus et n'arrange pas spécialement nos affaires sur le plan comptable. Avec 2 petits buts marqués en 7 journées, Dijon est de loin la pire attaque du championnat (comptablement parlant).


Le marquage sur phases arrêtées défensives :

Même si la défense dans son ensemble a été solide et ne s'est pas fait très peur, force est de constater que le DFCO est encore fébrile, particulièrement lorsqu'il s'agit de défendre les corners. On trouve une certaine passivité à la fois dans le marquage et dans les duels, les joueurs semblent plus occupés à ne pas laisser la balle entrer dans les buts plutôt qu'à attaquer le ballon et le dégager au loin, ce qui débouche nécessairement sur quelques têtes dangereuses pour l'opposition. A travailler à l'entraînement.


Les tribunes :

Comment évoquer Dijon-Marseille sans parler de la marée bleue qui envahit le Stade Gaston-Gérard? Si un tel engouement autour de ce club est tout à fait justifié par son passé glorieux et son public célèbre dans toute la France, il n'est pas normal toutefois que le public Olympien se sente chez lui à l'extérieur. Au delà de l'extrême passivité du club pour l'attribution des places, il faut pointer à nouveau du doigt la très mauvaise gestion de la crise avec les Lingon's Boys, qui auraient pu tenir tête au parcage marseillais, et peut-être entraîner le Stade à pousser son équipe. Dans ce genre de matchs, des Ultras font la différence, et leur grève s'est encore faite sentir dans les gradins.


Le Tweet du match


Les notes des joueurs

L'Homme du match : Aguerd (7.8)

En tour de contrôle, Nayef Aguerd a été sublime. Impérial dans les duels et en pleine maîtrise de l'espace autour de lui, il a mis Benedetto dans sa poche et avec lui tous les plans de Villas-Boas. La cerise sur le gâteau : de bons dégagements téléguidés sur la tête de Tavares quand il était en difficulté, pas de gri-gris... P-A-T-R-O-N.


Gomis (6.7) :

Nouvelle performance très aboutie pour Alfred, qui s'impose chaque match un peu plus comme le numéro 1 dans les cages. Sérieux et appliqué dans ses relances, rassurant dans ses quelques interventions, il a très bien fait le job et n'a pas été perturbé par le pressing de l'OM.


Chafik (4.5) :

A part un bon centre en première période, il a été assez brouillon et a perdu quelques fois la balle alors que c'était évitable. Pas de boulette notable, il manquait peut-être un peu de rythme après un mois sans jouer en Ligue 1.


Ecuélé-Manga (6.7) :

Voilà le joueur qu'on nous avait vendu à son arrivée de Cardiff! Il prend peu à peu ses marques et commence à diriger la défense comme le taulier qu'il est. S'il marque sur le corner, il est le héros de tout un peuple.


Mendyl (6.7) :

Une autre recrue providentielle de ce mercato est sans conteste Hamza Mendyl. Imprévisible et hargneux, il dynamite les premiers rideaux défensifs et créé des espaces pour lui et ses coéquipiers. Défensivement, pas grand chose à redire, même si l'on se serait passé d'un carton jaune (son deuxième), qui le rapproche d'une suspension et nous précipite vers une titularisation de Ngonda...


Amalfitano (5.6) :

Dans l'ensemble du match, il a été correct mais sa prestation est assez quelconque. Il n'est plus le leader technique de l'effectif qu'il a pu être il y a 18 mois, mais c'est un joueur qui reste utile dans l'effectif. Remplacé par Lautoa (80'), très actif et pas avare sur ses appels, on l'a vu très haut sur le terrain. Il semblait déterminé à obtenir un meilleur résultat et ne s'est pas uniquement concentré sur les tâches défensives.


Ndong (7.1) :

Au contraire de son partenaire au milieu, le soldat Ndong s'est vraiment démarqué lors de ce match. Parfois en couvrant les rares trous laissés par la défense, mais surtout dans son rôle de relayeur avec de nombreux renversements de jeu, des passes bien senties qui accélèrent le rythme de la rencontre... Il a su se rendre souvent disponible et a maîtrisé le tempo du match. Un métronome indispensable, qui n'a pas compté les efforts.


Baldé (4.8) :

Peu de fulgurances de la part de Baldé pendant cette rencontre, il n'a pas exactement apporté ce qu'on attendait de lui. Il est toujours très impliqué dans l'effort collectif, mais on l'a senti moins frais et surtout plus prudent depuis son choc contre Nîmes. Remplacé par Mavididi (63'), qui a apporté un peu plus aux côtés de Julio, sa fraîcheur a permis à Dijon de prolonger son temps fort offensif.


Soumaré (5.9) :

Pour une toute première titularisation en Ligue 1, Bryan laisse entrevoir toute l'étendue de son potentiel, tout en nous laissant sur notre faim. On a vu un garçon téméraire, et qui a beaucoup tenté en vain (deux frappes un peu timides). Malgré tout, il a impressionné le coach et a bien saisi sa chance, peut-être le début d'une belle histoire ?


Chouiar (4.7) :

Mounir arrive avec une petite cote de popularité et surtout beaucoup de pression car son transfert a coûté cher au club. Après une première mi-temps fantomatique, il se fait vite pardonner en étant à l'origine de la plupart des occasions dijonnaises après la pause (au total, 5 tirs et 3 passes clés). Il tire bien ses coups de pieds arrêtés, mais a fait trop de mauvais choix dans le jeu pour prétendre à la moyenne. Encore un effort ! Remplacé par Matheus Pereira (81'), qui n'a pas été transcendant sur ses quelques prises de balles. Il a un certain flair, mais il faut qu'il apprenne à se lâcher complètement pour prétendre à plus de temps de jeu.


Tavares (7.1) :

Voilà exactement ce qu'on demande d'un joueur comme Julio : gagner ses duels, occuper la défense, donner de l'air aux autres Dijonnais. Quand il est dans une telle forme, il est indispensable. On notera également sa course de folie pour bloquer une contre-attaque marseillaise. Le brassard ne lui fait plus peur, il a parfaitement assumé son rôle de capitaine et il montre l'exemple depuis son retour à la compétition.


MOYENNE : 6.1


Notes des lecteurs


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© Le Dijon Show, 2020

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