DFCO 0-1 Valenciennes : deux poteaux et Philippoteaux

Pour le compte de la 10e journée de Ligue 2, Dijon reçoit dans son antre des Valenciennois qui restent sur une courte victoire contre Bastia. Les Rouges pensaient tenir le match par le bon bout avant de se faire punir par des Nordistes réalistes.

Aurélien Scheidler et Lucas Deaux à la fin du match contre Valenciennes
Entré à l'heure de jeu, Aurélien Scheidler n'a pas pu sauver Dijon de la défaite

LE MATCH

Après trois victoires consécutives, le DFCO avait l'occasion, en recevant Valenciennes, de faire la passe de quatre et, peut-être, de commencer à regarder vers le haut du classement. Pour ce match, Patrice Garande choisit un 4-2-3-1, dans lequel il enregistre les retours de Lucas Deaux et de Cheick Traoré, tandis que Sammaritano pallie l'absence de Rocchia et que Coulibaly est préféré à Ecuele-Manga en charnière centrale, de même que Le Bihan à Scheidler à la pointe de l'attaque.

Domination stérile et final cruel

Dès les premières minutes, les Dijonnais mettent en œuvre deux des éléments qui caractérisent le jeu prôné par Patrice Garande : une volonté de mettre tout de suite la pression sur le porteur de balle en montant très vite au contact et un jeu collectif à une touche de balle, déjà entrevu pour notre plus grand plaisir lors de la première demi-heure à Caen. C'est pourtant d'un quasi-exploit individuel que va venir la première grosse occasion dijonnaise. À la 6e minute, Lucas Deaux récupère le cuir dans l'entrejeu, percute balle au pied et déclenche une lourde frappe de 30 mètres qui oblige Chevalier à une magnifique parade.


Une occasion qui enhardi encore des Rouges déjà dominateurs. Particulièrement impliqués, les hommes de Patrice Garande sont sur tous les seconds ballons et asphyxient littéralement les Valenciennois. Les situations se multiplient mais les Dijonnais pèchent dans le dernier geste. Les débats s'équilibrent quelque peu à l'approche du quart d'heure de jeu, le VAFC parvenant à desserrer un peu l'étreinte bourguignonne. Le DFCO fait le dos rond, patiente, perd aussi davantage de ballons, mais parvient à nouveau à se créer une grosse situation à la 24e minute, mais au bout d'une action qui voit les Dijonnais assiéger les cages nordistes, la tête de Coulibaly manque le cadre.


S'ils mènent toujours les débats, les Rouges doivent se méfier car Valenciennes a de la ressource. À la 28e minute, Ayité, aux abords des 16 mètres, élimine son vis-à-vis d'un crochet et envoie une frappe flottante sur laquelle Reynet s'envole parfaitement. Dans la foulée, Philippoteaux profite d'un contre favorable et adresse un centre pour Benzia qui arrive lancé à l'entrée de la surface, mais sa passe est mal dosée et le meneur de jeu dijonnais ne parvient pas à la reprendre. S'en suit une série de corners en faveur des Rouges qui malheureusement ne donne rien. Nouvelle situation intéressante à la 37e minute : Benzia adresse un amour de passe dans la profondeur à Philippoteaux qui décale Fofana. L’Ivorien fait la différence côté gauche mais fait ensuite le mauvais choix en centrant fort devant la cage alors que Le Bihan attendait la balle en retrait, idéalement placé. Valenciennes répond coup pour coup, et dans la minute qui suit, Robail sème la panique dans la défense dijonnaise avant d'être finalement repris par Coulibaly.


Le rythme reste élevé, le DFCO maîtrise toujours la partie mais ne parvient pas à conclure des occasions. Et à force de ne pas conclure, les Dijonnais finissent par se faire prendre au piège. Sur une attaque placée, Picouleau, totalement oublié par Cheick Traoré, est trouvé dans la surface, contrôle parfaitement la balle et fusille Reynet d'une frappe sous la transversale (45e). Dijon a dominé, Dijon a eu les plus grosses occasions mais Dijon a cruellement manqué de réalisme et se fait punir dans les derniers instants de la mi-temps. Il a aussi manqué aux Dijonnais de la présence dans la surface. Si le jeu à base de débordements et de centres a été très intéressant, les décrochages systématiques de Le Bihan et l'absence de joueur de tête parmi les offensifs dijonnais ont le plus souvent laissé la surface adverse vide de toute solution. Les intentions sont là, il faut maintenant corriger le tir en seconde période.

Lingon's Boys face à Valenciennes
Malheureusement, les Lingon's Boys n'auront pas été écoutés

Quand ça ne veut pas...

Soucieux de conserver leur avantage, les Valenciennois mettent nettement plus de hargne dans ce début de deuxième période. Le DFCO pousse de son côté pour égaliser, parfois dans la précipitation, ce qui aboutit à des débats hachés par les fautes et les erreurs techniques. Malgré quelques bons mouvements, les Dijonnais retombent dans leurs travers de la première période, en manquant cruellement de justesse dans le dernier geste.


Soucieux de se donner tous les moyens d'égaliser, Patrice Garande procède à un double changement à la 60e minute. Dobre remplace Sammaritano, tandis que Scheidler prend la place de Le Bihan à la pointe de l'attaque. Et le coaching n'est pas loin d'être payant. A peine rentré, Scheidler obtient un corner, frappé par Benzia. Son long ballon au second poteau trouve la tête de l'attaquant dijonnais qui place parfaitement son ballon, mais c'est sauvé in-extremis par... Philippoteaux, venu coller le second poteau et qui ne parvient pas ensuite à tromper le portier valenciennois. La malchance s'ajoute à la maladresse pour empêcher les Dijonnais de faire trembler les filets de Lucas Chevalier.


Et la réussite continue à fuir les Rouges. A la 69e minute, Dijon par en contre, Lucas Deaux hérite du cuir côté droit et adresse un excellent centre dans la surface, sur lequel Dobre plonge parfaitement pour placer sa tête, mais sa tentative manque le cadre. Dans la foulée, Patrice Garande procède à un nouveau double changement, Younoussa cédant sa place à Jessy Pi, tandis que Jacob remplace Philippoteaux.


Valenciennes ne sort plus guère de sa moitié de terrain, mais parvient par moment à se créer quelques situations en contre, comme avec Ouattara à la 74e, dont la frappe est bien captée au sol par Reynet. La partie devient plus désordonnée, les Dijonnais cherchant à tout prix à se projeter au plus vite vers l'avant, ce qui amène pas mal de déchet technique. A la 79e, un frisson parcours Gaston-Gérard. À 40 mètres de cages, Lucas Deaux voit le portier valenciennois avancé et tente un lob plein de spontanéité... qui atterrit sur le poteau droit de Chevalier ! Et comme si cela ne suffisait pas, deux minutes plus tard, c'est le montant gauche (ou plus précisément l'équerre) qui va repousser une frappe puissante de Jacob, bien lancé dans la profondeur. Dijon est maudit ! Les dix dernières minutes se résument à un jeu d'attaque-défense et à la 92e, sur un coup-franc de Benzia, Dobre place une tête qui frôle la lucarne de Chevalier. Mais il était écrit que les Dijonnais ne marqueraient pas ce soir.


Ironie du sort, après avoir enchaîné trois victoires sur des matchs qu'ils étaient loin de complètement maîtriser, les Dijonnais s'inclinent au terme d'une partie qu'ils ont dominé de bout en bout. Certaines y verront une juste compensation des dieux du foot après les évènements de la deuxième mi-temps à Caen. De notre côté, on se consolera en se disant qu'on a assisté à la prestation la plus aboutie du DFCO depuis bien longtemps. Une défaite plus que rageante mais un match porteur de beaucoup d'espoirs pour la suite de la saison. On a vécu tellement pire qu'on s'en contentera.

par Gus21


LES NOTES

L'homme du match : Lucas Deaux (6,8)

De retour après deux matchs sans jouer, il a tout de suite su se mettre en évidence. Sa frappe puissante dès la 6e minute est la première illustration de sa performance aboutie. Il a été dans tous les bons coups. Précieux dans l’entrejeu, l’ancien Nîmois a multiplié les efforts du début à la fin. Témoignage de sa confiance, son inspiration exceptionnelle à 40 mètres (78’) qui vient mourir sur le montant. N’est pas Jeannot qui veut...

Reynet (5,5) : Après deux clean-sheet, il voulait confirmer. C’était sans compter la présence sur le terrain de Picouleau. Impuissant sur sa frappe, le portier dijonnais a tout de même réalisé une claquette intéressante sur son premier tir encaissé (29’).


Traoré (3,8) : Fautif sur l’unique but de la rencontre. Il a totalement déserté ses fonctions. Pourtant, l’ancien Lensois avait plutôt bien démarré. Il se débarrasse de deux défenseurs (10’) mais manque son centre pour Sammaritano derrière. Point positif : n’a pas pris de carton jaune sur ce match, et oui !


Congré (5) : Des interventions taille patron (55’ et 58’ notamment) dans les pieds des attaquants adverses… et une passe courte complètement manquée, symbole de la concentration qui s’échappe en fin de rencontre. À noter sa déviation sur corner qui aurait pu faire mouche (48’).


Coulibaly (4) : Il a pensé pouvoir envoyer le cuir de la tête derrière la ligne (2’) alors que sa partie débutait, comme lors du match contre Dunkerque. Il récidive sur un centre de Philippoteaux (24’), sans réussite. Il s’est essayé aux passes transversales, sans succès également. Pas exempt de tout reproche sur le but valenciennois.


Fofana (5,3) : Palmarès de Fofana = a donné le tournis à Debuchy.


Younoussa (4,3) : Pas d’étincelles pour le jeune Wilitty. Des tacles et des passes pas toujours maîtrisés même s’il a beaucoup couru. Peut mieux faire ! Remplacé par Jessy Pi (70’).