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DFCO 0-2 Lille : La marche était trop haute

Contre le leader du championnat et son armada offensive, le DFCO a beaucoup souffert et s’incline logiquement. Surclassés par l’entame de match tonitruante du LOSC, les Dijonnais n’ont pas démérité et sont finalement mis K-O par une erreur de Panzo en toute fin de match.

Retour de Fouad Chafik, retour des tacles glissés qui font frissonner (© LOSC)

LE MATCH


Lille au-dessus du lot

Toujours privé de Mama Baldé, blessé, le DFCO se présentait dans un schéma analogue à celui aligné face à Nantes, avec seulement quelques changements poste pour poste : Chafik retrouvait le couloir droit à la place de Boey, Diop, suspendu au dernier match, remplaçait Marié. Chouiar était titularisé en lieu et place de Dina-Ebimbe. Un schéma qui n’a rien de frileux contre une équipe aussi efficace que le LOSC, qui redoute de trouver à Gaston-Gérard tous les ingrédients du match piège : en milieu de semaine, chez un mal classé, avec une rencontre au sommet contre le PSG et dans un contexte interne plus que compliqué, avec des soucis financiers qui pourraient conduire à la vente du club.


Mais si, pendant les 5 premières minutes, les débats sont équilibrés, rapidement, les Lillois oublient cet environnement délétère et prennent le contrôle du match, en asphyxiant les Dijonnais grâce à un maillage très dense du milieu de terrain. Très en jambes, les Nordistes ne tardent pas à solliciter Racioppi mais le portier dijonnais, sur la lancée de son match à Nantes, se montre intraitable face à Yazici (8e) et David (11e).


Hélas, à force de subir les vagues, la défense dijonnaise fini par craquer. Sur une nouvelle incursion lilloise, Celik se joue d’Ecuele-Manga et de Diop pour adresser une belle passe en retrait à destination de Yazici. Lâché au marquage par Panzo qui s’est laissé obnubiler par le ballon, l’attaquant turc trompe Racioppi d’une frappe croisée imparable (19e). Cette ouverture du score, logique au vu du match, a le mérite de réveiller les Rouges, d’autant qu’en parallèle les Lillois se ménagent et baissent d’intensité.

Anthony Racioppi n'a rien pu faire sur le but de Yusuf Yazıcı (© LOSC)

Côté gauche notamment, les combinaisons entre Celina et Ngonda créent régulièrement de bons espaces, mais le DFCO peine à s’approcher de la surface de Mike Maignan, si ce n’est sur cette frappe non cadrée de Celina à la 34e. Et par ailleurs, de l’autre côté, le danger n’est jamais loin. Les Lillois exploitent la moindre perte de balle dijonnaise pour lancer des contres rapides, qui leur permettent de se procurer plusieurs occasions, notamment par Ikoné (31e). Les débats s’équilibrent à nouveau à l’approche de la mi-temps mais, au moment de rentrer aux vestiaires, le constat est un peu frustrant : si le DFCO est loin d’être inconsistant, le LOSC est simplement un cran au-dessus dans quasi tous les compartiments de jeu. Et l’attaque dijonnaise, en particulier le duo Konaté-Chouiar, peine franchement à convaincre.


De la volonté mais peu de solutions

La seconde période reprend sur un bon rythme, avec un LOSC toujours dominateur et quelques incursions dijonnaises qui passent toutes par Celina, plus que jamais métronome de cette équipe. Peu mis en danger, le DFCO éprouve néanmoins les pires difficultés à desserrer l’étau lillois. Comme un symbole, la meilleure occasion dijonnaise dans le premier quart d’heure est à mettre au crédit de… José Fonte, qui manque de tromper son propre gardien par une passe en retrait imprécise (60e). Double changement à la 62e : Diop, visiblement touché physiquement, est remplacé par Marié. Dina-Ebimbe remplace Sammaritano, qui n’avait sans doute pas le rythme pour jouer 180 minutes en 3 jours.


Le rythme retombe quelque peu et les Dijonnais n’ont toujours qu’un seul but de retard. Afin d’apporter du sang frais pour essayer de revenir, David Linares procède à un nouveau double changement à la 72e, en faisant rentrer Boey à la place de Chafik et, plus étonnant, Dobre à la place de Konaté. Le DFCO termine donc le match sans avant-centre de métier ! Un choix surprenant mais qui n’empêche pas le DFCO d’aller de l’avant et de se montrer entreprenant, entre autres avec un Mounir Chouiar enfin sur les bons rails. Malheureusement, toujours aucune occasion franche.


Et après un premier avertissement sur un penalty finalement annulé, le DFCO fini par encaisser le break dans les arrêts de jeu. Déjà impliqué sur le premier but, Panzo loupe complétement son dégagement. Le ballon file jusqu’à Weah qui enchaine contrôle-frappe et transperce les filets de Racioppi. 0-2, le score n’évoluera plus. Le DFCO n’a pas démérité mais s’incline logiquement face à un adversaire qui l’a clairement surclassé. Un match dont il faudra vite oublier le résultat, corriger les erreurs individuelles et bonifier les (assez nombreuses) belles choses aperçues.


L'ANALYSE TACTIQUE


Le plan sans ballon

L’objectif face à un tel adversaire c’est d’abord de limiter la casse. Encore plus lorsqu’ils montrent un tel niveau de maîtrise comme lors de cette première demi-heure pendant laquelle Dijon ne fait que subir. Après 20 minutes de jeu, les Dijonnais n’ont que 25% de possession de balle et n’arrivent que rarement à entrer dans la moitié de terrain adverse.


Pour contrer les assauts incessants du LOSC dès l’entame du match, le DFCO joue replié à 11 dans sa moitié de terrain. Celina et Konaté, seuls devant dans le 4-4-2 du DFCO sur phases défensives, n’exercent que peu de pression sur les centraux adverses. En revanche, dès que le ballon entre dans les 30 mètres dans les pieds d’un lillois, l’équipe coulisse et les joueurs les plus proches surgissent sur le porteur de balle.


Ainsi le bloc est compact et resserré, ces deux lignes de quatre ne laissent que très peu d’espaces aux Lillois. Et pourtant, ces derniers vont parvenir à trouver des solutions. D’abord en provoquant des contacts menant à des fautes et coups francs bien placés. Puis en réussissant à combiner et à créer des décalages entre la forêt de jambes dijonnaises, profitant des courses vers le porteur de balles des joueurs en défense, qui par définition libère un attaquant ou tout du moins un espace.


Sans un grand Racioppi, l’addition aurait pu être encore plus lourde dès l’entame de match sur ses combinaisons et pénétrations par des passes en une touche. C’est d’ailleurs sur l’une de ses actions que vient l’ouverture du score, après que Yazici ait aspiré Panzo hors de position pour combiner avec Celik et s’engouffrer dans l’espace laissé vacant.


Dijon était pourtant globalement bien en place, les mouvements coordonnées du bloc et le respect du plan de jeu par toute l’équipe est à saluer, et à imputer à Linarès et son staff. Mais face à une telle équipe lilloise, la moindre erreur d’alignement ou d’inattention peut être punie, comme l’illustre les deux buts. Le LOSC s'est très vite adapté aux parades tactiques des Dijonnais, les retournant à leurs dépens.


A la récupération

Lors des rares récupérations de balle lors de la première demi-heure, les Dijonnais sont souvent contraints de dégager à la va-vite par le contre-pressing agressif des Dogues. Après l’ouverture du score, l’intensité redescend côté lillois et le DFCO tente de passer au sol, sans se précipiter. L’objectif est clair un fois le ballon récupéré : servir Celina, le mettre en orbite pour lancer un mouvement offensif.

La carte de chaleur à la mi-temps (© WhoScored.com)

Régulièrement, l’équipe tente de s’extirper du pressing par le côté droit pour ensuite renverser vers la gauche où le meneur de jeu kosovar redescend proposer une solution de passe. Une fois le ballon dans les pieds de Celina, les Dijonnais montent pour apporter le surnombre dans la moitié de terrain adverse : Les latéraux prennent leurs couloirs, les milieux se projettent et Konaté se place dans la surface : une phase qu’on voit beaucoup plus en deuxième mi-temps, alors que les dégagements et le jeu long forcé se font plus rare.


Une construction patiente

Un relayeur, Diop ou Ndong, se placent entre les centraux pour aider à la construction. Le rôle du gardien est primordial et le jeu au pied de Racioppi a été à la hauteur ce soir. Ngonda, Diop et Ndong ont été en vue dans ces moments, à l’inverse de Sammaritano et Chouiar plus en difficulté.


On remarque que ces phases de construction se mettent en place patiemment : les joueurs les plus avancés sont servis, ils n’hésitent pas à remettre en retrait pour permettre de trouver une autre solution et de faire remonter le bloc petit à petit.


Après les quatre changements intervenus dès la 70e minute, le plan de jeu reste le même et ce malgré l’absence d’un vrai avant-centre avec la sortie de Konaté. C’est Dobre qui prendra son rôle de solution pour des centres dans la surface, tandis que Celina et un Chouiar retrouvé essayait de servir les arrivées de Dina, Boey et Ngonda.


Cependant, en cherchant à construire aussi patiemment et apporter le surnombre ainsi, le DFCO s’expose aux contres lillois. Les Dogues ont fait planer le danger à chaque perte de balle, menant des transitions ultra-rapides qui ont bien failli faire mouche à plusieurs reprises.


LES NOTES


Homme du match : Racioppi (6,5) : impuissant sur les deux buts encaissés mais plus que convaincant dans ses interventions, dans la lignée de son match à Nantes. En revanche, va falloir faire quelque chose avec les crampons Antho. Ou avec la pelouse de GG.


Chafik (4,7) : de retour aux affaires, il a fait le taff défensivement mais s’est montré quelque peu frileux sur les phases offensives. Faut dire que vu le nombre de ballons touchés de la tête par Konaté, c’est à vous dégouter d’essayer de centrer. Remplacé à la 72e minute par Boey (non noté), aussi convaincant en remplaçant qu’en titulaire.


Ecuele-Manga (4,7) : à part un gros frisson à la 90e et quelques relances aussi précises que des consignes de Jean Castex, il n’a pas été énormément mis en difficulté. Il ne parvient pas à contrer Celik sur le premier but lillois mais sa responsabilité sur l’action est minime. Globalement solide.


Panzo (2) : deux de chute. En retard sur le premier but avant de se déchirer totalement sur son dégagement et d’offrir le second. Ce qu’on appelle une plantade en beauté, pour le deuxième match d’affilé. De quoi donner envie de partir pour la Corse et de ramener Barbet.


Ngonda (6,3) : on va vraiment commencer à l’appeler Le Maestro sans rigoler. Encore une partie très solide, très propre défensivement et avec d’excellentes sorties de balles. Cerise sur le gâteau : une belle entente en train de se dessiner avec Celina. La connexion 625 (démerdez-vous pour le calcul).


Diop (5) : une pincée de maladresse, de généreuses cuillères de fautes mais une bonne dose de volonté et même un trait d’abnégation. Le cocktail ne vaut toujours pas 5 barres mais il est nettement moins imbuvable qu’en début de saison. Remplacé par Marié (non noté), qui lui a tout d’une Heineken : on sait que c’est franchement bof, mais qu’on a que ça sous la main…


Ndong (5) : gros boulot mais sans éclat. Rarement pris en défaut mais bien peu de prise de risque. Intéressante à la récupération, presque inexistant dans la construction. Bref, un match à moitié. Ça vaut quand même la moyenne.


Chouiar (2,7) : il n’y a pas grand-chose de plus triste que de voir un joueur avec autant de potentiel et de talent technique se trainer la créativité et la précision d’un Enzo Crivelli (non, je n’arrêterai jamais de taper sur ce chien de la casse). Mieux dans le dernier quart d’heure mais ça reste, encore et toujours, bien insuffisant.


Celina (5,7) : plus passent les matchs et plus il prend de la dimension au sein de l’effectif dijonnais. Il aimante le jeu, distribue, crée, se loupe parfois. Mais c’est propre, soyeux, intelligent. S’il avait mieux à servir devant, le bonheur pourrait être total.


Sammaritano (4,2) : loin de démériter dans l’envie mais trop juste physiquement, tant en termes de rythme que de capacités athlétiques. Toujours intéressant pour accélérer le jeu par des transitions rapides sur les phases offensives. Lui se rappelle un temps pas si lointain où c’était monnaie courante sous les couleurs dijonnaises. Remplacé à la 62e minute par Dina-Ebimbe (non noté), toujours aussi imprécis qu’il est volontaire.


Konaté (3,2) : a traîné comme une âme en peine à la pointe de l’attaque. Certes, il avait deux gros clients en face. Mais c’est là qu’on se rend compte que le jeu de tête de Tavares qu’on avait fini par considérer comme normal était loin d’être une qualité répandue. Miss you Julio. Remplacé à la 72e minute par Dobre (non noté), qui mine de rien profite des absences pour grapiller du temps de jeu.


MOYENNE : 4,5/10


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