DFCO 1-0 Grenoble : l'arène déneige

Contraint de prendre son mal en patience à cause d'une interruption liée à la neige et d'un GF38 très regroupé, Dijon s'en sort avec une 3e victoire de suite à la maison et lance bien son sprint final en Ligue 2.

Avec ce nouveau but, Mickaël Le Bihan envoie Dijon dans le haut du tableau de Ligue 2 et assure presque son maintien.

Le DFCO avait le privilège de n'avoir aucun absent pour débuter cette période importante de 8 matchs. Patrice Garande a l'embarras du choix pour choisir son onze de départ. Et c'est un 3-5-2 qui a été choisi par le coach dijonnais, comme lors de la belle victoire vécue à GG contre Le Havre. Beaucoup d'expérience en défense avec un trio Congré-BEM-Coulibaly, de la vitesse sur les côtés occupés par Fofana et Traoré. Jacob est au poste de numéro 10 derrière Dobre et Le Bihan, préférés à Scheidler ce week-end.


LE MATCH

D'entrée de match, Dijon se procure une première occasion grâce à un pressing intense. Mickaël Le Bihan hérite de la balle et frappe à l'entrée de la surface pour menacer Maubleu, c'est plutôt bien parti mais capté par le gardien.


Le premier changement intervient très tôt pour le GF38, Manuel Perez cède sa place à Bambock pour tout le reste du match dès la 10e minute. Néry fait faute sur Fofana dans le couloir gauche de Dijon. Le latéral reste au sol quelques instants et boitille avant de reprendre sa place.


Alors que la partie a du mal à démarrer, MLB fait parler de lui à nouveau avec un tir rendu possible par l'interception haute et la passe de Lucas Deaux. Malheureusement, il est bien mal ajustée. Les attaquants grenoblois manquent encore de soutien pour être dangereux sur une de leurs rares incursions, Florian Michel envoie le ballon dans la fenêtre du CHU à la 18e minute.


Lucas Deaux s'effondre après un contact avec le grenoblois Gaspar et se tient le mollet. Ces nombreuses interruptions et la neige intense ne sont pas propices à un joli spectacle, et les supporters en tribunes regrettent sûrement d'être venus ce soir.


Traoré et Fofana s'essayent chacun leur tour à un centre dans la surface, mais ce n'est pas très bien ajusté. La présence d'un seul rouge à chaque fois dans la zone n'aide pas les centreurs à trouver un point d'appui ou un joueur démarqué.

Heureusement, le match n'a pas été reporté à une date ultérieure. Le DFCO doit déjà en jouer huit en 6 semaines.

La partie est interrompue alors que le ciel déverse sa neige sur la pelouse. Les lignes sont déblayées mais au fur et à mesure que le terrain est déneigé, les flocons recouvrent l'herbe déjà dégagée. Après de longues minutes et un échauffement sommaire des deux équipes, le match peut reprendre avec 29 minutes au chrono.


La neige a cessé de tomber sur Gaston-Gérard, mais le spectacle n'est toujours pas au rendez-vous. Avant la (vraie) pause, Dijon bute sur une défense grenobloise compacte, qui n'a pas l'air décidée à se découvrir. Dobre voit sa frappe contrée par un défenseur, et le corner frappé par Jacob ne donne rien. Les quelques coups-de-pied arrêtés sont mal exploités et permettre aux visiteurs de souffler un peu avant le retour aux vestiaires.


Une blessure qui peut tout changer

L'entraîneur le dit lui même, il a beau être laborieux et poussif, « on s’est dit à la mi-temps qu’on allait gagner le match quand même ». Dijon, bien que visiblement dans un jour « sans », ne laisse pas tomber pour autant et se ressaisit en deuxième mi-temps. Jessy Pi relance les hostilités avec une frappe lointaine qui force le gardien à un arrêt important, alors que la neige refait son apparition.


Les premiers changements dijonnais sont actés à la 57e minute, alors que Dobre, brouillon, laisse sa place à Scheidler. Philippoteaux entre à la place de Pi pour former un schéma résolument plus offensif. Les coups francs et corners sont l'une des principales sources de danger dans cette partie, Dijon s'en sert pour se rapprocher du but grâce à Jacob et Scheidler, mais c'est pour le moment infructueux.


A la 67e, Lucas Deaux ressent une grosse pointe dans le mollet, pour citer Patrice Garande, et doit quitter le terrain. Ngouyamsa fait son apparition à sa place. Le jeune Camerounais signale tout de suite son retour avec une frappe dont il a l'habitude, trop molle, dans la surface.

Valentin Jacob trouve de l'espace dans le bloc du GF38, plus perméable, et sert l'appel de Philippoteaux dans la profondeur. L'attaquant force Abdel-Hakim Abdallah à la faute, et l'arbitre de la rencontre sort le carton rouge direct ! Dans la foulée, le coup-franc tiré par Scheidler est complètement raté, mais Dijon jouera 20 minutes en supériorité numérique.


Grenoble se renferme encore plus dans son camp et n'a toujours pas cadré la moindre frappe. Les Isérois n'en ont tenté qu'une seule de toute la partie, et ça ne risque pas de changer, à 10 contre 11 sous la neige. Mais Dijon a du mal à déstabiliser la formation de Vincent Hognon, qui tient le point du match nul jusqu'à la délivrance.


Une véritable éclaircie sous les intempéries, offerte par Jacob et surtout Bruno Écuélé-Manga, à la réception d'un corner au milieu de la surface. Le Gabonais dévie le ballon en direction du second poteau où arrive à fond Mickaël Le Bihan, avec son instinct de buteur. Il ne manque pas la cible de si près et inscrit le cinquième but de sa saison en Ligue 2 pour faire exulter le stade entier (1-0, 85e).


Grenoble est obligé de se découvrir mais le fait maladroitement, laissant l'occasion à Dijon d'être encore plus dangereux. D'abord, Fofana manque de tromper le gardien sur sa tentative, puis Jacob est servi dans l'espace par Ngouyamsa. Maubleu sort vite mais le Dijonnais était le premier sur le ballon. Celui ci fait l'erreur de contrôler au lieu de frapper en première intention et se retrouve dos au but, le gardien a abandonné ses cages. Jacob frappe en se retournant mais rate la cible, oubliant l'appel de Scheidler, complètement seul.


Ce n'est que quelques secondes plus tard que l'arbitre porte le sifflet à sa bouche et accorde les 3 points à Dijon. Une rencontre assez peu divertissante, ni même rassurante si on l'associe au non-match vu à Amiens. Le DFCO a au moins le mérite de prendre des points pour lancer le sprint final et six semaines intenses qui détermineront son classement à la J38. L'objectif affiché de la 6e place est atteignable, mais il faudra sûrement faire mieux que cela pour dépasser une équipe de la qualité de Caen, par exemple. Dijon est actuellement 9e, avec 41 points, et assure quasiment son maintien en Ligue 2, sept matchs avant la fin de la saison. Une petite prouesse compte tenu des difficultés vues sous Linarès lors des premières journées.

Match impeccable d'Écuélé-Manga, pas perturbé par la neige et décisif des deux côtés.

LES NOTES

L'Homme du match : Bruno Écuélé-Manga (7)

Depuis sont retour parmi les titulaires il y a quelques semaines, BEM est vraiment entré dans une nouvelle dimension. Même si on reconnaît que l'attaque de Grenoble n'aurait pas fait peur à nos U16, il n'a rien laissé passer et a été intraitable dans les duels. C'est sa pugnacité et sa détermination en fin de match qui offrent une passe décisive à Le Bihan dans un moment crucial. Il donne vraiment des raisons à Garande de réfléchir, lui qui arrive en fin de contrat dans 3 mois...

Reynet (5.3) : sans le moindre tir cadré à gérer, il aurait tout aussi bien pu rester à la maison hier soir. Il se serait sûrement moins gelé. Match tranquille, rien à se reprocher.


Traoré (5.7) : c'est une bataille qui s'est livrée dans les couloirs, et l'apport de Traoré a été important pour mettre un peu de pagaille dans un bloc très regroupé. Ca manque encore de justesse dans les centres, chose qu'on pourrait dire pour toute l'équipe malheureusement.


Coulibaly (6.8) : gros match pour Senou qui a vraiment su intervenir avec justesse à chaque fois qu'une once de danger approchait. Tour de contrôle


Congré (6.7) : là encore, nous allons encenser notre défenseur-capitaine, qui a fait du bon boulot devant des joueurs plus rapides que lui. Pourra également rempiler l'an prochain sans problème, alors qu'il fêtera ses 37 ans mardi.


Fofana (6) : une provocation et une envie de bien faire qui fait plaisir à voir. On pensait ne jamais revoir le joueur qui avait été une petite révolution dans le couloir gauche, qui abattait beaucoup de boulot et qui faisait des différences même en fin de match. Hier, on en a revu un petit morceau, dans des conditions pas faciles.


Pi (4.7) : une bonne frappe à mettre à son actif et des transitions bien senties. Il manquait tout de même un poil de folie dans ce qu'il tentait pour réellement être décisif dans la rencontre. Comme souvent. Remplacé par Philippoteaux à la 57e, pour mettre le bazar chez Grenoble. Son sens du timing a provoqué l'expulsion et a sûrement été important dans une victoire remportée avec tant de difficultés.


Deaux (5.7) : avant sa sortie sur blessure, on a eu l'impression que le jeu ne penchait que de son côté. Le DFCO s'appuyait beaucoup (trop ?) sur lui pour créer un miracle, ce qu'il a failli réussir à force de bonne volonté. Malheureusement, c'est peut-être déjà la fin de sa saison. Remplacé par Ngouyamsa à la 67e, qui semble vraiment avoir pris ce rôle de milieu récupérateur/relanceur aux yeux de Garande et qui devrait sans doute être titularisé à nouveau à Paris.

Jacob (5.7) : a été de mieux en mieux toute la partie sur ses coups-de-pied arrêtés, après avoir mal commencé. Jacob est indispensable, et on voit que quand il n'est pas dans un grand jour, son étincelle nous manque énormément. Cette fois, il a fait juste ce qu'il fallait pour participer à la victoire, mais on en veut encore plus !


Le Bihan (6) : un but vainqueur (nous commençons à être habitués, maintenant), des tentatives spontanées qui ont déjà fonctionné il y a quelques semaines, et une participation non négligeable au jeu de Dijon. Il ne lui a manqué qu'un peu de soutien et de service parfois pour faire un vrai bon match.


Dobre (4) : il laisse le ballon et le but l'aveugler bien trop souvent pour qu'on ne l'encense ce soir. Garande trouve qu'il a confondu vitesse et précipitation, et nous ne pouvons que le rejoindre. Maintenant qu'il a des coéquipiers qui se sont mis au niveau, nous n'avons plus envie de le voir créer des différences tout seul mais plutôt qu'il leur fasse confiance. La partie n'a pas été facile, il a parfois fois été trop isolé à cause du plan de jeu, Le Bihan jouant un peu plus en retrait. Remplacé à la 57e par Scheidler, a qui il manque vraiment un petit peu de confiance. On attend d'un remplaçant qu'il soit plus lucide et qu'il puisse surtout cadrer plus de frappes que cela.


MOYENNE : 5.8

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