DFCO 1 - 1 Rodez : la jauge est vide, la coupe est pleine

Auteur d'un match une nouvelle fois insipide, le DFCO a longtemps cru arracher sa première victoire de la saison grâce à un exploit individuel d'Aurélien Scheidler, avant de se faire punir à la dernière minute en n'ayant cessé de reculer après l'ouverture du score. 1 point en 3 matchs, une 17e place déjà inquiétante et un ras-le-bol qui s'installe.

Yahya Soumaré au duel contre Rodez pour la 3e journée de Ligue 2 à Gaston-Gérard
Le DFCO à terre dans les ultimes secondes a terme d'un match terne (Photo LDS/Thomas Jobard)

LE MATCH


Intensité, où es-tu ?


Privé de Traoré, Le Bihan, Marié ou encore Lucas Deaux, David Linares a fait le choix de se passer des services de Scheidler, peu en vue sur les deux premiers matchs, et de Benzia, pour autant auteur d'une bonne entrée à Nîmes. C'est donc dans un 4-2-3-1 où la technique et la vitesse sont supposées pallier le manque de gabarit en attaque que se présentent les Dijonnais.

Pressé de réagir après un début de saison indigne de son statut, face à un adversaire inférieur sur le papier et qui avait surtout à coeur d'éviter de concéder un but trop vite, on s'attendait à ce que le DFCO prenne d'emblée le jeu à son compte et mette une forte pression. A fortiori étant donné les discours du staff qui ont (lourdement) insisté sur la nécessité de mettre de l'intensité et de mieux rentrer dans les matchs.


Mais l'entame dijonnaise ne montre malheureusement rien de tout ça. Timorés et auteurs de multiples erreurs techniques (à l'image de Yahya Soumaré, qui loupe tout ce qu'il tente), les Rouges laissent finalement les meilleures initiatives à Rodez qui profite du moindre ballon perdu. Il faut attendre la 7e minute pour voir Jacob se créer une timide situation, puis la 17e pour que Bryan Soumaré s'en offre une plus franche ; sa frappe flottante est difficilement repoussée par Mpasi. Rien de très convaincant. Et malheureusement, les choses ne s'améliorent pas pour le DFCO. Buteur lors de deux premières journées et titulaire ce soir, Roger Assalé sort sur blessure, vraisemblablement victime d'un claquage. C'est Aurélien Scheidler qui le remplace à la 21e minute.


Un changement qui n'a guère d'impact sur la prestation insipide des Dijonnais. A part une frappe de Jacob détournée par la défense de Rodez (32e), les hommes de David Linarès s'avèrent incapables de porter les dangers dans le camp des Ruthénois, qui n'offrent pourtant pas une opposition de très haut calibre. A l'approche de la mi-temps, les sifflets et les huées dégringolent, à juste titre, des travées de Gaston-Gérard. Malgré le volontarisme affiché dans les discours pendant la semaine, le DFCO passe pour l'instant complètement à côté de son match.


Exploit individuel, final cruel


Au retour des vestiaires, la donne ne paraît guère changée. Le même faux rythme qui a animé quasiment toute la première période s'installe à nouveau. C'est finalement presque à la surprise générale que le DFCO va ouvrir le score. Suite à une touche, sur une action au départ anodine, Scheidler reçoit le ballon dans la surface. Dos au but, il conserve astucieusement le ballon en faisant parler son physique, prend le dessus sur les deux centraux ruthénois et lobe en bout de course le portier adverse. A la 56e minute, sur un exploit individuel et de façon presque miraculeuse, le DFCO mène à la marque.

Aurélien Scheidler célèbre son but contre Rodez pour la 3e journée de Ligue 2
Point positif : encore un beau but pour le DFCO en trois matchs de Ligue 2 (LDS/Thomas Jobard)

Une ouverture du score inespérée qui, malheureusement, ne change rien à l'état d'esprit dijonnais. Pendant quelques minutes à peine, le DFCO tente timidement d'enfoncer le clou, avant d'abandonner le jeu à une équipe de Rodez qui ne semble pourtant que peu en mesure de réagir. Un attentisme qui, en plus de replonger les supporters bourguignons dans l'ennui et d'attester d'un manque assez flagrant d'ambition, s'avère risqué. À la 76e minute, Buadès lance Dembélé qui devance la sortie de Reynet, et place un plat du pied en direction du but vide. Il faut un retour in extremis de Congré pour sauver le ballon sur sa ligne et préserver l'avantage des siens.


Ce moment de frayeur passé, et même si Rodez conserve la possession du ballon malgré les entrées de Benzia et Sammaritano (80e) puis Dobre (90e), les débats s'équilibrent et on s'imagine le DFCO arracher, dans la douleur certes, sa première victoire de la saison.


Seulement, voilà, à force de ne rien montrer dans le jeu, à force de reculer en ne menant que d'un but à domicile, à force de proposer une bouillie tactique, la punition finit par arriver.


A la dernière minute de jeu, sur une énième offensive du RAF, le centre de Buadès est détourné par la défense dijonnaise mais revient sur Ouammou. L'ailier gauche, esseulé au coin de la surface, a tout le temps de contrôler et place une frappe croisée limpide dans le petit filet opposé de Baptiste Reynet. L'arbitre siffle la fin du match dans la foulée. Le pire ? Au vu du match, le score est mérité.


L'ANALYSE

Même sans l'égalisation à la dernière minute des Ruthénois, il aurait été bien difficile de délivrer un message positif en analysant ce match. C'est évidemment encore moins le cas étant donné le scénario final. Et il suffit de voir la réaction de David Linarès sur le but d'Ouammou pour comprendre. Mâchoire serrée, regard dans le vide, le coach dijonnais baisse la tête. Rien, pas une réaction, pas un geste d'énervement, pas un cri de colère. A l'instar de son attitude en interview d'après match à Nîmes, l'entraîneur dijonnais paraît subir et être à court de solution, comme s'il ne parvenait pas à sortir de la spirale de la saison dernière. Peut-être, après tout, est-ce le cas.

Linarès d'autant plus décriée après ce nouveau revers (LDS/Thomas Jobard)

Quel qu'ait été le résultat final, le DFCO n'aurait de toute façon guère pu se rassurer avec une telle prestation. Incapables de prendre le jeu à leur compte et de créer des phases de jeu construites, auteurs d'un nombre impressionnant d'erreurs techniques, les Dijonnais ne peuvent se satisfaire à la rigueur que de davantage de solidité défensive sous l'égide de Daniel Congré ; une solidité qu'il faut toutefois mettre en regard de la faiblesse du jeu proposé par Rodez. A part ça ? Le néant. Pourquoi un tel désert ?


Certes, il manque des joueurs. Le Bihan, Marié, Traoré sont autant de titulaires en puissance dont l'absence n'est pas anodine. On peine toutefois à imaginer que même leur présence conjuguée ait changé quoi que ce soit. Le manque d'automatismes ? Une excuse qui ne tient plus guère au bout de trois journées de championnat et alors que beaucoup de recrues sont arrivées tôt dans la préparation, ce que d'ailleurs le club n'a pas manqué de souligner. Un problème d'attitude ? À la marge, peut-être. Voir Yassine Benzia tout sourire à la fin du match après n'avoir montré que bien peu d'allant lors de son entrée en jeu donne du corps aux rumeurs qui l'annoncent partant. Mais les réactions de Scheidler, prostré sur la pelouse au coup de sifflet final, ou de Rocchia, balançant sa gourde de rage avant de rentrer dans les vestiaires, démontrent que le problème ne vient sans doute pas de là non plus.

Non, le souci est ailleurs. Entendre toute la semaine le staff parler d'« intensité » (au point d'en devenir un peu ridicule) et insister sur l'impératif de réussir ses entames de match et assister à un tel premier quart d'heure (et même à une telle première mi-temps) prouve que le discours et/ou les méthodes du staff, David Linarès en tête, ne fonctionnent pas. On n'ira pas jusqu'à surinterpréter les images de l'entraînement où l'on voit les Dijonnais effectuer deux à trois touches de balles dans un exercice de toro qui implique d'habitude du jeu à une touche, néanmoins les doutes qui pesaient déjà sur la capacité du duo Linarès - Monier à se monter à la hauteur ne cesse de s'accroître. Il est temps à présent pour la direction dijonnaise de faire le constat.