DFCO 2-0 Le Havre : de la tête et des épaules

Trois jours à peine après le nul totalement morne à Valenciennes, Dijon s’impose avec brio face au Havre à domicile. Dominateurs et conquérants, les Dijonnais s'offrent une soirée parfaite et entrent dans le Top 10.

En excellente forme hier soir, il ne manquait qu'un but à Le Bihan pour que sa prestation ne soit parfaite.

Après le triste match nul face à Valenciennes (0-0), trois jours plus tôt, Patrice Garande et le staff dijonnais décident de changer de système de jeu pour ce match. Face au Havre, formation à l’aise en contre-attaque et qui laisse la charge de créer le jeu à l’adversaire, le DFCO s’aligne avec une défense à 5. L’occasion pour Reda Benchaa (19 ans) d’apparaître pour la première fois dans la peau d’un titulaire. Valentin Jacob retrouve sa place dans le 11, près de Mickaël Le Bihan sur le front de l’attaque. Aux côtés des trois milieux axiaux, les latéraux Fofana et Traoré sont là pour jouer haut.


LE MATCH

Dès le début du match, ce sont les Dijonnais qui prennent les choses en main et se montrent les plus entreprenants. Le premier frisson vient d’un coup franc venu de la droite, distillé par Jacob, sur la caboche d’Écuélé-Manga. L’ancien capitaine voit sa tête passer tout proche de la cage havraise (3e).


Les Havrais jouent leur jeu, à savoir attendre la moindre opportunité de contre et lancer ses flèches à l’abordage. Avec le ballon, Dijon se donne le temps de construire, ça va d’un camp à l’autre. Dos au but, Mickaël Le Bihan s’emmène le ballon, parvient à se retourner en jonglant et décoche une frappe en demi-volée. Sa tentative prend la direction de la lucarne, le gardien s’interpose (16e).

Dès le début de la soirée, Jacob et MLB nous ont fait comprendre qu'il étaient prêts à boire le HAC.

MLB est en jambes, et le prouve tout au long de cette première mi-temps. Déjà buteur sur cet exercice cette saison, Le Bihan se charge d’un coup franc à l’entrée de la surface de réparation. L’ancien havrais tire astucieusement à gauche du mur, côté gardien. La frappe est cadrée et passe tout prêt de surprendre le portier adverse, mais Fofana est vigilant (20e). Nouvelle occasion dans la foulée, le corner est mal dégagé par la défense des Ciel et Marine et Jacob en profite pour décaler Le Bihan au second poteau. Sa reprise manque le cadre (21e).


Aux côtés d’un Ngouyamsa dynamique, Lucas Deaux est actif au milieu de terrain et gratte des ballons. Le numéro 12 tente une frappe enroulée du droit, cadrée mais trop axiale, c’est un arrêt facile (28e). Dijon pousse et monte en nombre dans le camp adverse. Nouvelle tentative le Bihan, sans succès (37e), le but dijonnais se fait attendre tandis que les Bourguignons font le siège de la surface havraise.


La défense du DFCO est assez vigilante et les Havrais trop approximatifs à la conclusion, ce sont bien les Rouges qui se procurent les occasions les plus franches. A la mi-temps, Dijon signe une belle prestation, mais toujours pas récompensée.

Un BEM taille patron a refait son apparition. Celui qu'on n'avait plus vu depuis la victoire ici même contre le PSG, en 2019.

Les aléas du (corner) direct

Au retour des vestiaires, Patrice Garande change complètement de système de jeu. Ngouyamsa cède sa place au profit d’Aurélien Scheidler, un changement résolument offensif qui place Valentin Jacob en numéro 10 derrière ses deux attaquants. S’il s’illustre dans le jeu au fil de la rencontre, c’est d’abord sur coup de pied arrêté que le meneur de jeu fait la différence. Dijon pousse et obtient un corner côté gauche. Et la magie opère. Jacob délivre une merveille. Deux défenseurs havrais semblent sur la trajectoire, mais le ballon ne fait qu'effleurer le crâne de Thiaré. Le gardien est leurré, le ballon atterrit dans le petit filet (1-0, 51e). Un but fantastique mais aussi un coup de chance, qui vient récompenser la domination du DFCO.


Cette ouverture du score change la physionomie du match. Les Dijonnais prennent moins de risques, mais ne font pas preuve de moins d’entrain. Le Bihan profite de la présence de Scheidler pour décrocher, Écuélé-Manga et Benchaa sont impeccables derrière, et le milieu de terrain fait le travail. Jessy Pi passe proche de corser l’addition sur une reprise soyeuse de l’extérieur du pied, à la réception d’un corner repoussé, c’est au-dessus de peu (58e).


« Je pense que l’on aurait pu prendre plus cher si notre défense centrale n’avait pas écopé énormément de choses. L’anomalie ce soir est presque de voir Dijon derrière nous au classement. »

Paul Le Guen, entraîneur du HAC


Dijon joue à se faire peur, avec quelques pertes de balles dangereuses mais finalement toujours contrôlées par une défense concentrée et bien dans les temps. Derrière, Reynet est à la hauteur. Après un arrêt facile sur une tête et quelques sorties aériennes réussies, notre gardien va sortir une parade décisive. Sur un centre à mi-hauteur que personne ne coupe, Pape Ibnou Ba est à la réception et décoche une frappe puissante à bout portant. Reynet est sur la trajectoire mais doit sortir un arrêt réflexe, le stade Gaston-Gérard exulte. Un sauvetage qui vaut presque un but (75e).


Presque, car ce deuxième but, pour se mettre vraiment à l’abri, continue de se faire désirer. Entré en jeu pour la première fois à domicile depuis son très attendu retour de blessure, Jo’ Marié voit son centre dévié par son vis-à-vis. La trajectoire en cloche et détournée du ballon trompe Fofana, cependant le cuir atterrit dans le petit filet extérieur (80e).


Alors que le DFCO contrôle le match et que Le Havre se débat, Scheidler se fait faucher par derrière par Victor Lekhal. Carton rouge instantané, dégainé par Monsieur Petit. Dijon a alors toutes les clés en main pour gagner ce match. Pourtant, même à 10 contre 11, le HAC ne lâche pas. Alioui tente une frappe, captée facilement par Reynet au sol. Nouvelle alerte avec une centre long direction la surface, le portier bourguignon est encore à la retombée avant l’attaquant (88e).

Cheick Traoré se rappellera toute sa vie que sa première fois, c'était à 26 ans et à Dijon.

La victoire est entre les mains des Dijonnais, qui parachèvent leur succès avec le but du KO. Partis de la gauche, les Rouges utilisent leur avantage numérique pour décaler petit à petit le ballon sur le côté droit. Marié, Deaux, les petits dribbles de Dobre, le une-deux avec la talonnade de Scheidler... Complètement seul, Traoré, avance et envoie une frappe rasante, ça passe dans un espace minuscule entre le gardien et le poteau (2-0, 90e).


Après quelques minutes de temps additionnel, les Dijonnais l’emportent et signent un net succès face à une équipe du haut de tableau. Accessoirement, ils montrent que dans ses bons jours la place de ce DFCO-là n’est pas dans la deuxième partie du classement ni dans le ventre mou. Plus qu’un simple bon coup, on espère que ce succès est le vrai témoin d’une renaissance dans le jeu et les résultats. Suite à l’un des pires matchs de la saison le weekend passé, Dijon signe cette fois-ci ce qui est sûrement son match « référence ». Tout le monde a été à la hauteur, et tout a fonctionné collectivement. L’équipe titulaire et le plan de jeu ont été les bons, et l’apport du banc s’est montré crucial en deuxième mi-temps. Du DFCO comme ça, on en redemande.


LES NOTES

L'Homme du match : Le Bihan (7.9)

S’il y avait un homme à suivre, c’était bien lui. Il y a quelques semaines, on aurait jamais pensé écrire ça. Mais depuis quelques temps, notamment Valenciennes et Caen, MLB revient bien. À l’image de son enchaînement aux abords de la surface (16e), l’ancien Auxerrois a beaucoup tenté. Il a montré un vrai beau visage ; engagé, énergique, courageux. Et c’est ce qu’on attend de lui. Remplacé à la 84e par Dobre qui a eu le temps de faire parler sa technique et d'offrir une passe décisive sur ses premiers ballons.


Reynet (6.8) : dans la continuité de l’attitude qu’il avait prôné à Valenciennes (nous l’avions élu Homme du match). Son réflexe du poing juste devant Pape Ibnou Ba (75e) est l’un des tournants. Derrière, le portier s’est retourné pour haranguer la Tribune Nord ! Présent dans les airs et auteur de bonnes relances, Baptiste a rassuré sa défense ce mardi soir.


Traoré (6.5) : il a commencé fort et a terminé fort. Un déboulé côté droit qui va amener le premier coup-franc de la partie et un but. Son premier sous la tunique Rouge et Noire. Le premier de sa carrière. Celui du break. Et Cheik et mat.


Benchaa (6.9) : avec la suspension de Coulibaly, Reda Benchaa a vécu sa première titularisation en Ligue 2. Le jeune numéro 32, habitué des Poussots avec la réserve, continue de monter en puissance. Il n’a par ailleurs jamais été vraiment inquiété, sauf peut-être lorsqu’il manque son contrôle (70e). Dans la foulée, le défenseur s’est repris d’un superbe tacle glissé à l’entrée de la surface. Le garçon est encensé par ses formateurs, dont Garande, qui l’a complimenté en conférence d’après match. La rédac' en pince aussi pour Reda…


Ecuélé Manga (7.7) : « Ça fait un moment que je n’ai pas vu Bruno à ce niveau là », clamait Patrice Garande en conf’. Bah nous aussi ! Non mais le mec t’a sorti un match !


Congré (6.4) : si le DFCO n’a connu aucun réel frisson, c’est aussi grâce à Congré. Il a fait le lien entre l’expérimenté Bruno et le jeune Reda. C’est aussi ça, être capitaine.


Fofana (6.2) : un dégagement qui fait du bien à la 79e ! Dans l’ensemble, Fofana aura été plus présent défensivement que son compère piston dans l’autre couloir.


Pi (6.1) : précis dans la plupart de ses transmissions, il a participé un peu plus à la construction qu’à son habitude. Il livre une sérieuse prestation et s'est bien mis au niveau.


Deaux (6.2) : l’ancien Nîmois a beaucoup échangé sur le terrain avec ses défenseurs. Lucas apporte de la stabilité au milieu. Il peut même se targuer d’avoir frappé deux fois au but.


Ngouyamsa (6) : Ahmad commence à prendre ses repères au milieu. Revenu défendre très bas pour suppléer Traoré sur une percée havraise, il n’aura joué qu’une mi-temps. Remplacé à la mi-temps par Scheidler (5.9), pas toujours bien placé et parfois hors-jeu. Son jeu dos au but force les visiteurs à l'erreur, et provoque le carton rouge. Enfin, il est décisif sur le deuxième but qui met Dijon définitivement à l'abri. Il y a pire, comme entrée !


Jacob (7.2) : Chef d’orchestre entre les lignes et artilleur sur coup-de-pied arrêté. À l’origine du second but, son absence pendant un mois entier nous a tellement fait mal... Remplacé par Marié à la 75e minute, ovationné par le stade et les Lingon’s Boys : « Jordan, Jordan, Jordan ! »


MOYENNE : 6.7