• No_Vak

DFCO 1-3 Sochaux : des Comtois réglés

Dijon rate son retour en Ligue 2 en s'inclinant lourdement face à un FCSM convainquant. Une défaite qui laisse déjà planer de nombreux doutes sur la possibilité d'une saison réussie.

A l'image de deux de ses attaquants phares, Dijon a raté la marche.

Malgré des absents de marque, comme Mickaël Le Bihan, blessé à la cheville contre l’ESTAC, ou Jordan Marié, salement touché au genou à l’entraînement, Dijon se présente devant ses supporters pour la première journée avec une équipe intéressante sur le papier. Le 4-2-3-1 de David Linarès incorpore 7 recrues et deux retours de prêts, à savoir Bryan Soumaré et Aurélien Scheidler. Les deux hommes sont accompagnés de Valentin Jacob et Yassine Benzia pour compléter le quatuor offensif, alors que Pi est aligné pour la toute première fois aux côtés d’Ahlinvi dans le milieu. Beaucoup de nouveaux, donc


LE MATCH

La première occasion vient pour Sochaux, alors que Teixeira est oublié dans la surface sur un centre en profondeur, la tête passe à côté. Benzia répond rapidement après un long une-deux avec Jacob, sa frappe à l’entrée de la surface est contrée.


Coulibaly, BEM et Reynet montrent tous trois des signes de fébrilité à la relance, après seulement cinq minutes (ce qui n'est jamais très bon signe). Sochaux arrive à faire bouger le bloc dijonnais, qui fait preuve de beaucoup de largesses au marquage, et dont le pressing est inefficace.


Contact dans la surface dijonnaise ! Pi bouscule très légèrement Mauricio qui s’effondre au sol, l’arbitre lui adresse un carton pour simulation. Un petit peu sévère, mais la partie reprend avec des visiteurs dominateurs. Ce sont les Doubistes qui ont commencé le match avec les meilleures intentions. Avec 65% de possession, ils ont mis le pied sur le ballon et sont menaçants devant le but, sans pour autant accumuler les frappes. Aucune maîtrise de la part de Dijon, qui se met tout seul en difficulté. Reynet est obligé de sortir une énorme parade en un-contre-un pour sauver la boulette énorme de Bruno Écuélé-Manga. Le défenseur se croyait peut-être aux J.O. de gymnastique et a tenté un grand écart balle au pied. Audacieux.


Benzia écope d’un jaune pour protestation, due à la frustration. Kalulu donne le tournis à toute la défense de Dijon, le capitaine est forcé de se jeter dans la surface et de bénéficier de quelques contres favorables avant de pouvoir dégager. Dans l’autre sens, c’est toujours le vide interstellaire en termes de création d’opportunités. Un bon mouvement arrive enfin à la 24e, avec Soumaré qui touche ses premiers ballons en combinant avec Benzia, mais sa passe en profondeur pour Scheidler est complètement manquée.


Ahlinvi est remuant et force les Sochaliens à la faute, mais son mouvement un peu désespéré est symptomatique d’un plan de jeu bancal. Nous avons beaucoup de mal à nous imposer contre une équipe rodée à la Ligue 2. Rocchia est trop souvent dépassé, et perd beaucoup de ballons au coude à coude. Mais cette fois-ci, il emmène bien le ballon dans sa percée et sert Benzia, taclé correctement dans la surface malgré ses protestations. Après une minute d’interruption, le jeu reprend.


Dijon défend toujours en catastrophe mais ne rompt pas pour le moment, un peu par miracle. BEM puis Coulibaly à tour de rôle interviennent au dernier moment sur des centres des Lionceaux. Une-deux entre Pi et Rocchia, l’ancien marseillais s’infiltre dans la boîte, perd le ballon et se télescope avec Thioune. Il écope d’un carton jaune. La partie est de plus en plus hachée, et enfin les incursions venant de la gauche apportent un semblant de danger, sans jamais aboutir à une frappe. Christopher commet et subit quelques fautes évitables.

Sur le terrain comme en tribune, les Franc-comtois on fait la fête.

Sochaux, ça brûle !

Reynet se fait très grand pour effrayer Ndour, sur sa reprise suite au coup franc de Weissbeck. Le joueur de Sochaux se précipite pour tacler et envoie le ballon derrière la ligne de but (39e). Les ballons en cloche de Sochaux dans la surface sont tous dangereux, mais la charnière centrale écarte systématiquement le danger grâce à son avantage de taille, et un timing relativement bon. David Linarès est bouillant sur son banc, prêt à exploser après le retour aux vestiaires. Espérons qu’il trouve les mots pour remobiliser ses troupes (!).


Après la pause, les deux équipes sont un petit peu frileuses. L’arrêt des organismes a aussi entraîné un ralentissement du jeu, de part et d'autre. Jusqu’à ce que Valentin Henry ne trouve Weissbeck sur un centre, un appel très simple au second poteau, qu’Écuélé-Manga oublie complètement (0-1, 51e). Une véritable honte.


Benzia avec un coup-franc aux 25 mètres frappe fort au sol, et sa balle fuse à côté du poteau et sort, touché par un Jaune. Le corner ne donne rien, alors que le temps s’écoule. Dijon commence enfin à pousser, encouragé par ses supporters. Une tentative d’Ahlinvi est repoussée par la jambe d’un défenseur.


Puis, déterminé à saboter le match, Écuélé Manga rate totalement son contrôle en extension, forcé par un placement plus que douteux. Teixeira se présente face à Reynet qui est sorti très tôt et contre le ballon devant son adversaire.


Yahya Soumaré remplace son homonyme sur l’aile droite à la 63e. Nous sommes au point mort, complètement à l’arrêt et maladroits. Benzia revient jouer très bas, mais ne trouve pas la faille pour percer le premier rideau. Il faut que Rocchia vienne une nouvelle fois ballon au pied sur le côté gauche, centrer pour la tête de Jacob hors-cadre.


Jessy Pi écarte astucieusement dans le couloir de Rocchia à nouveau, qui délivre un centre un peu flottant que Benzia reprend du haut du crâne. On croit à une embellie, mais celle-ci est de courte durée. Il n’en faut pas plus à Sochaux pour venir punir une deuxième fois la défense de Dijon complètement à la rue. Traoré mal placé, Écuélé-Manga beaucoup trop lent, personne ne suit après la parade de Reynet et Kalulu double la mise (0-2, 75e).


Jacob et Benzia sortent pour laisser entrer Assalé et Sammaritano, poste pour poste. Un mauvais centre de Y. Soumaré et c’est au tour de Younoussa de faire son apparition pour Pi (80e). Weissbeck perd 5 minutes avec des crampes à répétition. Finalement c’est Assalé qui récupère un ballon sur un cafouillage de la défense et rentre sur son pied gauche depuis la droite pour fixer les défenseurs, qui reculent trop, et lui laissent l’espace pour frapper, battant Prévot (1-2, 84e). Un rayon de soleil à travers les nuages.


C’est le moment que Dijon choisit pour tenter d’enfoncer le clou. Sur un enchaînement un peu chaotique, les attaquants dijonnais sont tous dans la surface et profitent d’un contre favorable, Sammaritano frappe mais est bloqué d’extrême justesse par un tacle du défenseur. Profitant de quelques largesses défensives supplémentaires, un attaquant de Sochaux prend l’ascendant sur son vis-à-vis et frappe dans un angle fermé, oubliant son partenaire seul au centre. Reynet dévie le ballon en corner.

La tête baissée, et un gros coup au moral. Il va falloir plus que des activités de groupe pour inverser la tendance.

Dans les derniers instants, un dégagement de Reynet trouve la tête de Scheidler, qui détourne astucieusement dans la course d’Assalé dans l’axe. Pogba retient l’attaquant par le maillot et prend un carton jaune pour son œuvre. Le coup franc est très dangereux, bien placé pour Sammaritano qui ne tire qu'au-dessus de la barre (94e).


Le coup de grâce vient juste après, en contre attaque depuis une perte de balle de Younoussa au milieu de terrain qui offre un 3 contre 2 pour le FCSM. Virginius finit tranquillement l’action, poteau rentrant pour parachever l'humiliation (1-3, 97e).



Infâme entame

On ne va pas se mentir, le contenu est extrêmement inquiétant. Ce retour au stade qui aurait dû être de festives retrouvailles s’est finalement soldé par un mépris tout particulier de certains supporters à l'égard de leurs équipe, et de l'entraîneur qui s’est attiré les foudres du public. Aucune idée dans le jeu dijonnais, à la fois stéréotypé et mal exécuté. Le peu d’occasions franches est largement dû à notre incapacité à trouver les décalages, chose que faisaient très bien les visiteurs.


Défensivement, on ne peut pas imputer à la tactique les monumentales boulettes individuelles, qui ne se comptent même pas sur les dix doigts de la main, mais les mouvements et l’organisation de l'équipe sont chaotiques. Dès que Sochaux passe la première ligne (et on ne peut pas dire que Scheidler ou Benzia soient particulièrement actifs dans le pressing), ils arrivent lancé face à une défense qui recule et qui ne sait comment gérer les nombreux trous d’air. Les latéraux sont dépassés, et ni les milieux de terrain ni les centraux ne savent combler les espaces libres, anticiper les courses pourtant très linéaires des quatre offensifs de Sochaux. Et si parfois une envie débordante de bien faire, même malhabile (comme Rocchia et Traoré l’ont montré) est pardonnable, l’apathie et la nonchalance d’autres défenseurs visiblement intouchables commence à jeter de plus en plus de doutes sur la gestion de l’effectif par le coach Linarès.


Mais rassurez-vous, il en va de même sur les phases de transition offensive et de possession ! Les premières, nous en avons peu vu. Effectivement, manquer 3 passes sur 4 dans le camp de Sochaux n’aide pas. Pourtant, on a vu aussi en première mi-temps des mouvements initiés par Benzia ou Jacob qui on pris la défense de court, mais ça n’allait jamais plus loin que quelques étincelles individuelles, bien vites étouffées par une maîtrise collective proche du néant. Là où nos adversaires conservent le ballon, nous le perdons en nous précipitant. Voir une équipe aussi peu en accord sur ses principes fondamentaux de jeu (s’il y en a…) est assez pathétique, même triste à voir. Quand les problèmes sont si profonds, même des joueurs talentueux vont se casser la figure à essayer de prendre le match à leur compte. Ne nous y trompons pas, le but d’Assalé n’est qu’un mirage, une praline certes agréable mais qui ne sert qu’à faire passer la pilule d’un énième match insipide, sans substance, sans âme.


Oui, ceci est seulement la première journée, mais une remise en question à tous les étages est nécessaire, et vite, pour ne pas passer une saison aussi ridicule que l’an dernier. Et là, inutile de nous sortir l’excuse du manque d’automatismes, de l’atmosphère… Il y a un réel problème d’animation et de coaching. Le tout dans un match qui a pourtant pu être préparé dans de bonnes conditions, grâce à un amical contre la formation d’Omar Daf il y a quelques semaines à peine. Vous croyiez l’an dernier qu’il était difficile de supporter Dijon ? À ce rythme là, nous n’avons encore rien vu.


par @No_Vak


LES NOTES

L'Homme du Match : Reynet (6.9)

Il est parti d'un Dijon dont la charnière centrale tournait autour de Varrault, Djilobodji et Yambéré. Retrouve un DFCO avec une défense Écuélé-Manga - Coulibaly. Le tout sans se mouiller la nuque. Y'a de quoi tomber dans les vapes. Heureusement, il a tenu le choc pour éviter une défaite plus large. Il méritait un meilleur retour.


Traoré (3.6) : une vitesse qu'il lui permet de compenser pas mal d'erreurs, mais il a trop peu pesé offensivement, malgré une bonne volonté évidente. Derrière, il a eu plusieurs errements, sans commune mesure toutefois avec ceux de la défense centrale.


Écuélé-Manga (1.2) : un bilan cataclysmique la saison dernière. Un des plus gros salaires du club. Un match indigne d'un amical en National 3, avec une forte responsabilité sur les deux buts. Le tout en étant titulaire et capitaine. A ce stade, c'est au-delà des mots. Il est temps que la blague se termine.


Coulibaly (2.8) : guère mieux que son compère. Des limites de plus en plus évidentes et une implication dans le projet qui, elle, l'est de moins en moins. Pour lui aussi, il est grand temps de tourner la page.


Rocchia (5.8) : un début de match timide avant de montrer la pleine étendue de ses capacités et de ce qu'il peut apporter. Des percées ravageuses, malheureusement souvent stériles par manque de solution devant. Clairement le joueur de champ le plus impliqué et un des seuls au niveau de l'enjeu, techniquement comme dans l'état d'esprit. Une maigre consolation dans cette sale soirée.


Pi (3.3) : sa belle qualité de passe longue est capable de casser une ou deux lignes, malheureusement trop peu utilisée, à l'image de son apport bien trop timide dans la construction. Trop léger également dans le travail de récupération, obligeant Ahlinvi à se dédoubler. Il peut beaucoup mieux faire. Remplacé à la 80e par Younoussa, auteur d'une entrée tonitruante (avec notamment cette récupération rageuse en amont du but d'Assalé), toutefois dans un registre difficilement compatible avec une place de titulaire autrement que dans un milieu à trois.


Ahlinvi (4.9) : un match correct, sans être flamboyant. La pâle co-Pi rendue par son partenaire l'a obligé à être au four et au moulin, ce qui a nettement nui à son efficacité. Il a néanmoins fait preuve de beaucoup d'engagement et parfois d'initiatives intéressantes. Sa place de titulaire se renforce.


B. Soumaré (2.4) : transparent. Un match sans consistance, où il n'a touché que très peu de ballons et a mal exploité les rares qu'il a eu à jouer. Très peu servi et recherché, il n'a malheureusement pas eu le mérite d'essayer de venir chercher les ballons ou de proposer des solutions dans d'autres secteurs du jeu. Remplacé à la 63e minute par Y. Soumaré, qui a tenté d'amener de la vitesse et des appels dans la profondeur, sans beaucoup de réussite.


Benzia (2.6) : une grosse déception. Très vite agacé, peu inspiré et pas très impliqué pour tenter de prendre le jeu à son compte, il a été très loin du leadership technique qu'on est en droit d'attendre de lui. Remplacé à la 76e minute par Sammaritano, qui s'est démené, sans toutefois se créer beaucoup de situations.


Jacob (4) : une prestation sérieuse, à défaut d'être vraiment haut de gamme. Toujours sur ce côté gauche où il est sous exploité, il est néanmoins parvenu à négocier à peu près correctement les ballons qu'il a reçu et le jeu a pas mal penché de son côté en 1e mi-temps. Remplacé à la 76e minute par Assalé, qui semblait déterminer à réveiller des Dijonnais apathiques. Si son but n'a pas suffit à changer le résultat, espérons néanmoins qu'il lui serve de déclic pour enfin reprendre confiance.


Scheidler (2.6) : positionné comme pivot, il a beaucoup trop dézoné en première période et ne s'est pas assez montré dominateur de la tête après la pause pour être vraiment efficace dans ce rôle là. N'est pas Julio qui veut.


par @Gus21

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