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Grenoble 1-2 DFCO : Clim' dans les Alpes

Avec le courage et la manière, Dijon s'impose à Grenoble avec des réalisations de Benzia et Dobre. Le DFCO commence enfin à voir sa chance tourner, grâce à une maîtrise défensive plus poussée et un niveau de confiance élevé.

Yassine Benzia et Mihai Alexandru Dobre, deux joueurs relancés par Garande, rendent de fiers services au DFCO.

Dans un système très similaire à ce que l'on a pu voir contre Amiens, Dijon se déplaçait à Grenoble pour affronter une équipe invaincue depuis 4 rencontres. Seul Ngouyamsa, suspendu, cède sa place à Cheick Traoré côté droit, le milieu de terrain reste identique et Dobre conserve sa place sur l'aile gauche grâce à sa dernière performance convaincante. Difficile de donner tort à Patrice Garande, on ne change pas une équipe qui gagne.


LE MATCH

Ce sont les locaux qui entament le mieux la partie, avec notamment les tentatives de Ravet et de Michel, qui ne trompent pas Reynet. Dijon concède quelques coups-de-pied arrêtés et s'en remet à son gardien pour éloigner le danger dans les dix premières minutes. Le DFCO ne semble pas être entré correctement dans son match, mais va se réveiller par l'intermédiaire de Benzia, dont la frappe dans la surface est repoussée sur Jacob. L'ancien Chamois manque sa volée et l'occasion d'ouvrir le score.


Dobre se met au diapason des deux milieux offensifs et adresse un long ballon à Jacob près du but, qui contrôle avant de frapper fort : la barre transversale sauve le GF38 et un Brice Maubleu qui n'aurait eu aucune chance. Deux frappes lointaines de Jessy Pi sont à signaler, la seconde après un mauvais dégagement du gardien isérois, mais le milieu de terrain manque le cadre.

Le meilleur match de Jacob, dans sa courte carrière à Dijon, sans conteste.

La partie est plaisante, Dijon et Grenoble livrent une belle bataille, mais Dijon va commettre sa première grosse erreur : sur un coup-franc excentré, Yoric Ravet frappe fort devant le but, le ballon franchit le mur et rebondit juste devant Reynet, surpris... Les ralentis montrent que Mickaël Le Bihan avait effleuré le ballon du pied en taclant et détourné sa trajectoire, finissant tout de même dans les cages (1-0, 29e).


Une petite douche froide pour Dijon au Stade des Alpes, mais il en faut plus pour éteindre les velléités de Valentin Jacob, très en jambes ce samedi soir. Il centre pour Le Bihan, qui en frappant du pied gauche voit le ballon partir au dessus des cages. Ce même Jacob reprend juste avant la mi-temps un corner de Benzia, de la tête, sans plus de succès. Les Rouges poussent mais rentrent aux vestiaires menés, avec un goût amer et deux fois plus de situations que leurs adversaires.


Presser, sans se presser

C'est sans paniquer que le DFCO refait son apparition sur le terrain, avec l'intention de remettre le pied sur le ballon. Des déchets techniques empêchent les hommes de Garande d'emballer à nouveau le match en leur faveur lors du quatrième quart d'heure, et il faut un coup de génie pour enfin débloquer la situation : Yassine Benzia, sous estimé par la défense grenobloise, s'empare du ballon dans la moitié dijonnaise, remonte le terrain avec et frappe à l'entrée de la surface, sans être attaqué par la charnière. Il n'en faut pas plus au talentueux Algérien pour enrouler une superbe frappe dans la lucarne de Maubleu, et faire lever tous les Dijonnais de leur canapé (1-1, 57e).

Son accident est loin derrière lui, Yassine Benzia est un nouvel homme en 2021 !

La partie prend alors une toute autre tournure, le club bourguignon tentant d'appuyer là où ça fait mal, Grenoble se livrant un peu plus pour repasser devant. Mais dans la maîtrise collective et défensive, Dijon surpasse son adversaire du soir, ne lui laissant que des miettes. Scheidler entre à la place d'un Le Bihan, fatigué. L'attaquant du Nord place dans la foulée une tête sur un centre de Fofana, déviée par le portier. Alex Dobre ne peut cadrer sa reprise, consécutive à l'action.


La pression monte, les tentatives de Scheidler de la tête, Pi et Younoussa de loin, sont infructueuses. On sent tout de même une volonté collective de ne pas se satisfaire du match nul, mentalité Garandesque. Et ce qui devait arriver arriva.


Après de (trop) nombreuses tentatives de centre sans succès pour Dijon, c'est la bonne avec cette galette de Traoré ! Un ballon en cloche, presque anodin mais très près des buts de Grenoble, sur une transition, permet à Dobre de se libérer au second poteau et de reprendre du plat du pied à bout portant, cassant les filets par la même occasion (1-2, 76e). Le DFCO est récompensé de sa domination, malgré son manque de précision, et récolte les fruits de ses efforts.

Dobre profite d'une défense complètement à l'ouest pour marquer son deuxième but en autant de matchs.

Le DFCO de demain

Alors que Jacob laisse sa place à Rocchia, pour plus de stabilité, Dijon semble intouchable et essuie la révolte grenobloise sans problème. Scheidler a encore une opportunité de briller et de faire briller Fofana, mais les frappes des deux hommes terminent toutes deux leur course à côté du cadre. Peu importe, Dijon l'emporte ! Une victoire méritée, avec une sérénité étonnante compte tenu du film du match. Serait-on entrés dans une nouvelle ère du DFCO ?


Devant un nombre plutôt important de ses supporters, le club de la Cité des Ducs a montré du caractère pour la deuxième semaine consécutive, et remonte à une place plus convenable (13e, 16 pts), à une victoire du 6e... Son prochain adversaire, le Paris FC ! Si tout n'a pas été parfait et qu'on ne peut probablement pas encore parler de match référence, le réveil aussi bien collectif qu'individuel semble être une réalité. Après des mois de souffrance, le désamour entre les joueurs et ses supporters semble presque être de l'histoire ancienne.

Et c'est tout un symbole de voir des joueurs comme Benzia, au placard sous Linarès, Dobre, visiblement mal exploité, et Jacob, à la peine en ce début de saison, réaliser une sortie tout à fait louable pour inverser le score d'un match qui avait mal débuté. Sans oublier la défense centrale et l'épine dorsale de cette équipe, avec un Jessy Pi métamorphosé, un Coulibaly qui prend de l'ampleur...


Le changement est dans les têtes, mais pas que d'après le coach, satisfait de ce que son équipe et lui sont en train de mettre en place. Ce match témoigne aussi du travail qu'il reste à effectuer, notamment sur les nombreux centres gâchés et les phases de possession face à un bloc bas, mais Dijon semble être, enfin, sur la bonne voie.


LES NOTES

L'Homme du Match : Yassine Benzia (7.8)

Une menace accrue sur les CPA, une conduite de balle qui mystifie les défenses, des bonnes idées et un talent indéniable... Mettez le tout à l'arrêt pendant un an, laissez la frustration s'évacuer, et voilà la recette un incroyable joueur pour la Ligue 2. Tout le monde en redemande !

Reynet (5) : Une soirée plutôt tranquille si on occulte la première demi-heure. Il a été présent dans les premiers instants, et le but qu'il encaisse n'est pas facile à éviter.


Traoré (5.8) : Passeur décisif pour Dobre et également solide au cours de cette rencontre. Il n'a pas rencontré beaucoup d'adversité dans son couloir.


Congré (7) : Serein et précis à la relance, viril et juste dans ses interventions. Il a été aidé par le manque d'implication des Grenoblois dans le pressing de notre défense, mais signe une nouvelle prestation de haut niveau.


Couli