Guingamp 3-2 DFCO : la Guingamptada

Malgré le doublé d'Aurélien Scheidler, Dijon s'écroule complètement en deuxième période et laisse En Avant s'emparer des trois points dans un scénario plus que prévisible.

Benzia n'en croit pas ses yeux : le plus dur était fait, mais le DFCO se fait rattraper par ses vieux démons.

Sur une bonne série après son succès convaincant dans le derby bourguignon face l'AJA et ses deux qualifications en Coupe de France, le DFCO se déplace à Guingamp avec l'ambition de poursuivre sur sa lancée et, peut-être, de s'installer enfin dans une première partie de tableau, plus conforme à ses ambitions. Patrice Garande fait le choix de maintenir le 4231 qui s'était montré si performant contre Auxerre, Ngouyamsa remplaçant dans l'axe Coulibaly, suspendu. Reynet, de retour de blessure, retrouve sa place de titulaire, alors que l'incertitude régnait après les excellentes prestations réalisées par Racioppi dans l'intervalle.


LE MATCH


Entame enlevée et fautes en avalanches

Un choix qui s'avère payant en premier lieu, car dès la première minute de jeu le portier dijonnais s'envole pour détourner une frappe de Barthelmé qui prenait le chemin de la lucarne. Pas de round d'observation, le ton est donné dans ce match entre deux équipes qui veulent enfin enchaîner. La réplique dijonnaise, à la 4e minute, est loin d'être aussi dangereuse, la frappe dévissée de Scheidler s'envolant très loin des cages.


C'est nettement mieux deux minutes plus tard. Dobre chipe le ballon dans les pieds de Sampaio et avance dans la surface mais perd son duel face à Basilio. Le DFCO se crée dans la foulée une situation intéressante, qui ressemble fort à l'action de l'ouverture du score dans le derby, avec ce relai entre Traoré et Jacob pour ouvrir le couloir au latéral dijonnais, qui peut ensuite centrer sereinement mais la défense guingampaise se dégage bien.


Une bonne entame de match, vite ternie par un coup dur. Dès la 10e minute, Jessy Pi, blessé, est obligé de céder sa place à Lucas Deaux. En dedans depuis sa première occasion, EAG se réveille et s'offre à la 12e minute une situation intéressante, mais Reynet sort bien devant Pierrot pour capter le centre fuyant de Livolant. Les attaques dijonnaises passent régulièrement par le côté droit, où le duo Traoré-Jacob semble vouloir répéter la performance réalisée lors du derby.

Jessy Pi contraint de céder sa place très tôt, n'est que la première victime d'une série de chocs appuyés.

Dans un match emballé et plutôt plaisant, les deux équipes font preuve d'initiatives, mais les défenses sont bien en place et quelques erreurs techniques empêchent de se créer de grosses occasions. A la 21e minute, sur une nouvelle offensive guingampaise, Ngouyamsa percute violemment Livolant en jouant un ballon de la tête. Le milieu breton reste longtemps au sol mais fini heureusement par se relever et le jeune dijonnais n'écope que d'un carton jaune, sur une action qui rappelle furieusement celle qui lui avait valu une expulsion contre Amiens. Cette fois, ça n'aurait pas été volé.


Les duels se font plus âpres après cet épisode et les coups de sifflet se multiplient. Heureusement, les choses se détendent, insensiblement. Et pour éviter tout risque, Patrice Garande décide de sortir Ngouyamsa, fébrile et passé à deux doigts du rouge, au profit d'Ecuélé-Manga (30e minute).


Scheidler, double détente

A la 34e, Benzia est trouvé entre les lignes et lance Scheidler dans la profondeur. L'attaquant dijonnais prend le meilleur sur Lemonnier et envoi le cuir au fond des filets mais il est sanctionné pour une faute, somme toute légère, sur le défenseur guingampais.


Ce n'est que partie remise :Traoré est bien trouvé sur son côté droit. Esseulé, il peut adresser un bon centre au second poteau, que Scheidler reprend d'une tête parfaite ; le cuir termine sa course dans le petit filet intérieur de Basilio (0-1, 38e). Dominateurs au nombre d'occasions franches et un peu plus convaincants dans le jeu, les Dijonnais sont logiquement récompensés.

Scheidler marque à nouveau, Traoré avec un nouveau centre décisif : la recette du derby est reproduite.

On est même tout près du 2-0 quelques minutes plus tard, sur une nouvelle offensive côté droit. Younoussa est trouvé dans la surface et peut s'ouvrir le chemin du but mais sa frappe est bien repoussée par Basilio. Les Rouges s'enhardissent et monopolisent le ballon, face à des Bretons visiblement sonnés. Le score en reste là à la pause. Le DFCO vire en tête assez logiquement, à la fin d'une première période plutôt plaisante mais marquée par de nombreuses fautes.


La deuxième repart sur les chapeaux de roue. Les fautes sont toujours nombreuses. Les deux équipes sont toujours engagées. Le DFCO domine toujours dans le jeu. Et, très vite, le DFCO marque à nouveau ! Avec une récupération haute du ballon, Lucas Deaux lance parfaitement Scheidler en profondeur. L'attaquant dijonnais résiste au retour de la défense et ajuste Basilio d'un ballon piqué parfait (0-2, 48e). C'est le 7e but de la saison en Ligue 2 pour Aurélien Scheidler, auteur d'une première partie de championnat plus qu'emballante.


Demi-heure fatale

Guingamp n'a toutefois pas dit son dernier mot. Livolant déborde dans son couloir gauche, libéré alors qu'il semblait y avoir une faute sur Traoré au départ de l'action. Le milieu breton centre fort devant le but et trouve Barthelmé, esseulé, qui reprend à bout portant. Reynet réalise une bonne parade mais Pierrot a bien suivi et marque de près en force (1-2, 53e). Contre le cours du jeu, EAG réduit l'écart et pousse les Dijonnais à se reconcentrer pour ne pas laisser échapper une victoire qui leur tend les bras.


Des Dijonnais qui repartent à l'attaque mais doivent dorénavant se méfier des offensives guingampaises, qui vont à toute vitesse. Les espaces deviennent énormes et à la 58e minute, Merghem, tout juste entré en jeu et laissé totalement seul, est trouvé au second poteau et a tout le temps d'ajuster sa frappe mais celle-ci est trop sur Reynet qui repousse avec sérénité. Avertissement sans frais mais les Dijonnais doivent d'urgence resserrer les lignes et tenter de conserver davantage un ballon qu'ils perdent trop facilement.


La pression se relâche un peu et le DFCO obtient un bon coup-franc à la 62e minute. Frappé par Benzia, il ne donne rien, Scheidler étant déclaré hors-jeu sur l'action. Cela permet au moins aux Dijonnais de respirer et de se réorganiser en bloc médian, afin d'attendre les Guingampais et de tenter de refaire le break en contre. Les Dijonnais semblent d'ailleurs se réorganiser en 5-3-2, Traoré intégrant la charnière, tandis que Jacob prend la place de piston droit.


Le rythme baisse peu à peu, le changement de système de Dijon lui permettant d'encaisser les vagues bretonnes et de tenter les contres. Mais voilà, jouer sur le reculoir et le DFCO, ça fait deux et on le sait. Et quand le talent de l'adversaire n'y suffit pas, c'est le destin qui s'en mêle.

Ahlinvi, à la lutte avec Diarra, a été impuissant dans la déferlante guingampaise.

Sur une offensive guingampaise, Livolant contrôle de la main ; les Dijonnais réclament une sanction et s'arrêtent un peu de jouer mais l'arbitre ne bronche pas et le ballon file jusqu'à Gomis, qui expédie un missile dans le lucarne de Reynet (2-2, 73e) ! Sur une action à nouveau contestable au départ, Guingamp égalise et douche l'enthousiasme dijonnais...


Dans la foulée, après avoir écopé d'un carton jaune, Younoussa est remplacé par Ahlinvi, tandis que le double buteur du soir, Scheidler, est remplacé par Bryan Soumaré. Sonnés par l'égalisation, les Dijonnais déjouent complètement. Guingamp obtient un corner, qui est joué rapidement.


Totalement déconcentrés, les Rouges ne sont pas prêts et se font punir, le centre trouvant la tête de Roux qui ajuste à bout portant un Reynet aussi endormi que ses défenseurs (3-2, 80e). En 5 minutes, En Avant a totalement retourné le match, bien aidé par des Dijonnais qui ont trop reculé et se sont montrés d'une apathie coupable sur plus d'un but. Le DFCO laisse filer une victoire qui semblait déjà faite...


« Quand vous mettez deux buts à l’extérieur, normalement, le match est gagné... Je me demande comment on a fait pour perdre ce match »

Patrice Garande

Douche froide pour Garande et son contingent, l'imperméable était de mise.

Sans ressource, les Rouges tentent trop timidement d'arracher le nul et restent sous la pression de Bretons transfigurés par ce retournent de situation. Dans les arrêts de jeu, Benzia est tout proche de l'exploit individuel mais sa frappe excentrée ne fait que frôler l'équerre de Basilio. Ce sera la dernière occasion dijonnaise et le coup de sifflet final retentit, accompagné d'une immense vague de frustration (3-2).


Après avoir fait le plus dur en dominant dans le jeu et en scorant à deux reprises par un Scheidler efficace, le DFCO, sur le reculoir, a totalement déjoué et offert de nombreuses munitions à Guingamp, qui ne s'est pas privé pour renverser la table et rafler aux Dijonnais trois points qui leur tendaient les bras. Alors qu'il était virtuellement remonté à la 9e place en cours de match, le DFCO recule à la 15e et manque, une nouvelle fois, l'occasion d'enchaîner. Seule satisfaction ? Trop longtemps orphelin de Tavares, le DFCO semble, enfin, avoir retrouvé un buteur digne de ses ambitions. On essaiera de se contenter de ça.


@Gus21


LES NOTES

L'Homme du Match : Aurélien Scheidler (7.7)

Sur le front de l'attaque, il a assuré et donné du sien dans ce match en Bretagne ! Deux très jolis buts, l'un acrobatique, l'autre d'un lob astucieux, qui auraient pu être trois sans une décision arbitrale encore mal comprise. Il a montré une fois de plus que le patron, c'était lui. Remplacé à la 74e par Soumaré, pas aussi convaincant sur son entrée que lors de la Coupe de France.

Reynet (3.2) : auteur de plusieurs bons arrêts, mais aussi d'erreurs évitables sur deux des trois buts encaissés. D'une manière plus générale, sa présence dans les cages n'est pas aussi rassurante que celle de son remplaçant, ce qui est plutôt curieux.


Traoré (5) : sa nouvelle passe décisive pour l'ouverture du score montre qu'il est sur la bonne voie sur le plan offensif ! Il ne faut pas cependant négliger les devoirs principaux.


Ngouyamsa (non-noté) : après son entame fébrile, un gros tampon sur un adversaire et une expulsion évitée de justesse, il est remplacé à la 30e par Écuélé-Manga (3.2). Cette mauvaise note laisserait supposer qu'il est le responsable des trois buts, mais sa première mi-temps est de bonne facture, toute en maîtrise. Le bloc équipe ayant reculé par sa présence et son manque de vitesse est l'un des nombreux facteurs de la défaite. Des têtes courageuses, mais ce n'est pas suffisant si cela nous fait concéder trois buts.


Congré (4) : on a moins vu le Capitaine Courage des matchs précédents, il est un peu passif et n'a pas trouvé les mots pour remobiliser tout le monde, malgré son expérience et l'issue du match qui pouvait se dessiner longtemps à l'avance.


Rocchia (4) : peu tranchant et approximatif avec le ballon, cette fois c'est lui qui devrait s'inspirer du travail de son collègue dans le couloir opposé !


Jessy Pi (non-noté) : il est presque impossible d'évaluer le match du milieu de terrain très rapidement sorti sur blessure à la 12e minute, et remplacé par Deaux (5). L'ancien d'En Avant Guingamp (et de bien d'autres clubs) avait déçu lors de ses autres apparitions depuis sa blessure, mais il est plutôt bien rentré dans le match, délivrant au passage une passe décisive pour l'homme du soir. Pour la maîtrise, malheureusement, on repassera...


Younoussa (4.3) : il manque peu de choses pour passer de l'autre côté et attraper la moyenne pour le jeune Younoussa. Il a peut-être eu la meilleure occasion de marquer de sa jeune carrière en pro. Remplacé à la 74e par Ahlinvi, au pire moment car Dijon subissait. Il n'a pas été le rouage déterminant.


Jacob (5.3) : s'il y en a un qui est bien dans la lancée de ses derniers matchs, c'est Valentin Jacob. Malgré l'absence d'un but ou d'une passe décisive, il a été le meilleur de nos meneurs de jeu. Son entente avec Traoré côté droit est une plus-value qu'il faut continuer d'exploiter.


Benzia (4.3) : soirée amère pour Benzia, dont les CPA auraient pu être mieux tirés. Quelques moments de brillance, comme sur le but refusé ou en toute fin de rencontre, mais l'Algérien nous a habitué à beaucoup mieux.


Dobre (4) : Alex Dobre a été important au pressing et à la récupération dans un premier temps mais n'a été vraiment impliqué dans aucune occasion passé le quart d'heure de jeu... C'est maigre, bien trop maigre encore.


MOYENNE : 4.5

@No_Vak

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