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La parole est à la défense

Mis à jour : 23 oct. 2018

Avec 53 buts inscrits en 37 journées, le Dijon FCO pointe à la 5ème place du classement des attaques en Ligue 1. Pourtant, les bourguignons n'ont plus rien à jouer depuis quelques journées et sont tranquillement ancrés dans le ventre mou, loin des joutes pour le maintien mais aussi de celles pour l'Europe. La faute à un nombre de buts encaissé excessivement élevé (72, pire total à égalité avec le FC Metz, 20ème et relégué), signe d'une extrême fébrilité défensive. Alors, à qui la faute ?


Une ligne défensive fragilisée

Le 6 août dernier, la recrue phare du DFCO en défense Wesley Lautoa se blesse 10 minutes après avoir fait ses débuts au Vélodrome, et sera écarté des terrains pour 5 mois, au total il n'aura joué que 9 fois en Ligue 1. Comme un signe annonciateur de la galère que Dijon allait vivre, entre les blessures longue-durée et le manque de réussite dans sa surface de réparation. Ajoutons à cela les blessures de Cédric Varrault alors qu'il répondait parfaitement aux attentes de Dall'Oglio sur le peu de matchs qu'il aura disputé, et celles de Mehdi Abeid, qui après avoir mis des mois à se remettre de son opération du genou, est aussi forfait pour toute la fin de saison à cause d'une blessure à l'épaule. Quand on sait l'importance que ce dernier avait sur les phases défensives lorsqu'il jouait en sentinelle, il est peu étonnant de constater que le coach n'ait su trouver d'alternative en son absence.



Des titulaires irréguliers

Les erreurs individuelles coûtent cher, et avec 19 penalties (plus ou moins légitimes) sifflés contre le DFCO, dont 16 transformés, notre équipe est de loin celle qui en concède le plus dans ce championnat. A titre de comparaison, c'est 11 de plus que le MHSC.

L'arrivée de Papy Djilobodji le dernier jour du mercato en prêt de Sunderland apparaît comme un très bon coup effectué par le club, qui recherchait de l'expérience dans ce secteur pour remplacer Lautoa. Sa première partie de saison très encourageante est ternie par un finish en roue libre, flagrant mais assez inexplicable. Parmi les joueurs qui ont été titulaires presque toute la saison, on retrouve Cédric Yambéré et Oussama Haddadi, qui ont tous deux fait de bons matchs (voire très bons pour l'ancien bordelais) mais aussi rendu des copies catastrophiques, directement impliqués sur plusieurs buts largement évitables. Une irrégularité coupable du peu de clean-sheets gardés par Baptiste Reynet, à qui on ne pourra pas reprocher grand chose cette saison. Quant à Valentin Rosier, l'une des révélations de la saison, il aura longtemps été l'élément fort de la défense à seulement 21 ans, avant de connaître une grosse baisse de régime sur les derniers matchs. Il est l'un des joueurs de champs les plus utilisés par Olivier Dall'Oglio (35 matchs de L1) et la fatigue accumulée cette saison l'a logiquement émoussée. Son remplaçant, Chafik, a été auteur d'une saison honorable, mais n'a jamais vraiment su s'imposer même en fin de saison lorsque les performances de Valentin semblaient moins impressionnantes. Il reste cependant une valeur sûre de l'effectif, et un joueur fiable sur qui l'on peut compter.



Un manque d'automatismes

Pourtant, l'été dernier, le mot d'ordre était de renforcer la défense coûte que coûte. Avec les départs de Lotiès, qui était un cadre en deuxième partie de saison 2016-2017, et d'Abdelhamid, remplaçant très fiable (nommé dans l'équipe type de Ligue 2 et champion cette saison avec le Stade de Reims), l'arrivée de joueurs expérimentés en Ligue 1 en Lautoa et Yambéré puis Djilobodji un peu plus tard, avait de quoi rassurer les plus anxieux d'entre nous. Mais alors que l'on s'accordera pour dire que ce sont tous de bons joueurs individuellement, les résultats ne sont pas au rendez-vous. La faute à un manque d'automatismes au sein de la ligne arrière ? Une incompatibilité entre certains joueurs ? Il est dur de mettre le doigt sur ce qui ne va pas, quand même le staff n'y est visiblement pas parvenu.



Une histoire de collectif

Il serait injuste de pointer du doigt la faiblesse de notre défense en niant l'implication des autres joueurs présents sur le terrain. Car les premiers défenseurs sont les attaquants. Julio Tavares en est l'illustration parfaite, un atout défensif indéniable en plus d'être une menace permanente sur le front de l'attaque. Sur coup de pieds arrêtés, il est souvent le premier sur le ballon, à repousser les centres adverses d'un coup de tête rageur, et le fait qu'il n'ait disputé que 25 matchs cette saison, principalement à cause de pépins physiques, est une autre explication au nombre extrêmement élevé de buts que nous avons pu encaisser. Si d'autres joueurs ont également rôle important lors des phases défensives, tels que Romain Amalfitano, Jordan Marié, ou même Chang-hoon Kwon, que l'on voit travailler activement à la récupération du ballon dans les 30 derniers mètres ou bien plus haut sur le terrain, la tendance de cette équipe à être très offensive et toujours chercher à se projeter vers l'avant en fait aussi sa faiblesse. Le bloc équipe est souvent haut, les joueurs offensifs dépensent beaucoup d'énergie sur nos contre-attaques et ont du mal à revenir faire les efforts défensifs, l'équipe se retrouve parfois scindée en deux... Une accumulation de détails qui rend la tâche compliquée aux défenseurs, et le phénomène est encore plus flagrant face aux meilleures équipes de notre championnat. La réticence du coach à adapter cette mentalité au calibre de l'adversaire est sûrement l'une des raisons pour lesquelles Dijon a encaissé pas moins de 32 buts sur les 8 matchs contre les équipes du top 4 en Ligue 1.

Le bilan

Passionnante, stressante, parfois exaspérante, cette saison aura avant tout été une saison de contrastes. Avec un style atypique pour notre championnat, le DFCO tire tout de même son épingle du jeu en ayant proposé du spectacle, et atteint ses objectifs d'une manière peu conventionnelle mais très appréciée par les amateurs de football. Le chantier principal cet été sera bien évidemment le secteur défensif, où des départs sont déjà annoncés ou presque (Cédric Varrault et Vincent Rüfli en fin de contrat, Djilobodji qui ne devrait pas revenir à la fin de son prêt, sauf surprise) et avec le retour de Lang, en prêt à l'ASNL, nous devrions voir arriver au moins 2 joueurs. Ces recrues suffiront-elles à combler les lacunes de l'équipe ? Probablement pas, nous en avons été témoins cette saison, l'expérience n'est pas forcément une garantie de résultats. Mais nous avons de bonnes raisons d'être optimistes pour la saison 2018-2019, entre les retours de blessés de longue date, les automatismes se formant entre les joueurs, et on l'espère des investissements intelligents qui permettront au club de franchir un nouveau palier. Reste à savoir s'il parviendra à conserver Rosier, international espoir, ou si Baptiste Reynet décide de prolonger l'aventure dijonnaise pour une 8ème saison...

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© Le Dijon Show, 2020

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