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Kombouaré joue le titre (de pire entraîneur de Ligue 1)

Mis à jour : 20 mars 2019

Annoncé comme "l'homme de la situation" par Olivier Delcourt, le premier bilan d'Antoine Kombouaré à la tête du DFCO est à l'heure actuelle proche d'être catastrophique. Entre son management douteux, ses choix tactiques discutables ou encore son nombre de points famélique, il semble être - sans grande surprise finalement - une irréversible erreur de casting.

On en attendait pas grand chose, mais Kombouaré arrive quand même à décevoir (© Vincent Poyer/DFCO)

Olivier Delcourt l'a pris pour créer un électrochoc. Et également parce que "quand il rentre dans le vestiaire, il a une stature qui en impose". Antoine Kombouaré était visiblement le fantasme du président dijonnais puisque celui-ci n'a pas hésité à déclarer que dès le mois de novembre, il rêvait d'un échange d'entraîneurs avec Guingamp (oui, à l'époque où il prétendait renouveler sa confiance à Olivier Dall'Oglio devant les médias...). Avec une telle présentation de choc, on avait de quoi s'attendre au messie. Mais le combattant Kombouaré est pour l'instant en train de perdre la bataille avec ses petits guerriers.


Le niveau tactique d'un débutant sur Football Manager

Ses premières compositions semblaient intéressantes, avec notamment le retour du quatuor offensif qui avait tant fonctionné la saison dernière (Sliti - Saïd - Kwon - Tavares). Puis l'ancien coach de Guingamp s'est vite perdu en enchaînant les choix étranges. Celui-ci dispose pourtant globalement d'un plus large choix qu'Olivier Dall'Oglio, qui avait dû composer avec de nombreuses blessures non négligeables sur la première partie de saison. Kombouaré peut lui compter sur le retour de Kwon et l'arrivée de Kaba qu'il a lui-même voulu. Rosier est le seul absent majeur depuis sa prise de fonction, ce qui ne paraît pas forcément rédhibitoire vu le niveau affiché par celui-ci en première partie de saison et le fait que Chafik se montre assez satisfaisant.


Certains choix ont de quoi laisser pantois. Pourquoi faire jouer 90 minutes à Balmont - l'un des rares joueurs au niveau cette saison - dans un match perdu d'avance contre Paris en pleine semaine, à quelques jours d'un match ô combien important à Guingamp ? Pourquoi reconduire l'inexpérimenté Coulibaly - auquel nous n'avons rien à reprocher par ailleurs - dans un match à fort enjeu contre Reims alors que des joueurs davantage rompus aux joutes de la Ligue 1 étaient à disposition ? Pourquoi ses changements en cours de match semblent aussi souvent être effectués au pif ? Dernier exemple en date, Sliti qui sort à une dizaine de minutes du terme à Guingamp, alors qu'il avait été préservé contre Paris... contrairement à Jeannot et Tavares qui, eux, avaient l'air plutôt à bout de souffle. Et je ne parlerais pas de l'idée révolutionnaire d'aligner Saïd ET Amalfitano en positions de latéraux contre le PSG. Ah bah si, c'est fait.


Il faut sauver le soldat Loiodice

L'un des choix qui interroge le plus est la mise à l'écart d'Enzo Loiodice. Lui qui, pourtant, s'était montré jusqu'alors bien plus satisfaisant qu'une bonne partie de l'équipe, et ce malgré son jeune âge et son statut de néophyte en Ligue 1. D'autant que ses deux matchs sous Kombouaré (en Coupe de France contre Saint-Etienne puis Croix) étaient de bonne facture. Et il ne ferait assurément pas de mal à un milieu de terrain dijonnais sans inspiration, et qui a encore bien peiné à Guingamp le week-end dernier. Que penser d'une telle gestion pour un jeune joueur (dont l'investissement et le sérieux ont toujours été loués) qui sans raison valable apparente, passe d'un statut d'élément important de l'effectif à "banni" du groupe ? En tout cas, cette situation n'a pas empêché Loiodice d'être appelé en équipe de France U20 par Bernard Diomède. "Petit bonhomme" serait donc un plus fin connaisseur du football que l'entraîneur du DFCO.


La banderole des Lingon's Boys, interdite pour "incitation à la haine". C'est peu dire qu'AK ne fait pas l'unanimité...

L'esprit club en prend un coup

En plus d'être pour l'instant mauvais, on peut de surcroît reprocher à Kombouaré son manque de proximité total avec les supporters. Jamais il n'est venu les saluer, à l'extérieur comme à domicile. Son manque d'implication générale dans le club aussi (certains attendraient toujours de voir sa tête...), là où ODO avait lui une vue d'ensemble, et était le moteur d'un projet global. Lui qui était censé amener du professionnalisme, mais dont le seul fait d'arme notable est d'avoir modifié l'emplacement de la salle de conférence de presse afin de séparer les journalistes des joueurs... Quel changement drastique. Ah, il a en outre écarté depuis plusieurs semaines l'analyste vidéo, Maxime Flaman. En même temps, les dernières prestations montrent tellement la qualité d'analyse de Kombouaré pour préparer ses matchs... Il n'a sous doute besoin de personne pour nous concocter d'aussi brillantes tactiques.


Deux équipes plombées pour le prix d'une

Pour l'instant, le kanak semble parti pour détruire plutôt que construire. Mais les Guingampais nous avaient prévenus là-dessus. Les statistiques de Kombouaré cette saison, autant avec Guingamp qu'avec Dijon, s'avèrent tout bonnement effarantes. C'est Kévin Blondin, ancien journaliste du Bien Public, qui nous les résume.


Les statistiques de Kombouaré cette saison :

23 matches : 2 victoires (8,7%) / 6 nuls / 15 défaites (65,2%)

Avec le DFCO : 1V, 2N, 8D = 0,46 point/match

Avec Guingamp : 1V, 4N, 7D = 0,58 point/match


Les statistiques de ces clubs sans Kombouaré :

DFCO : 18 matches : 4 victoires / 4 nuls / 10 défaites = 0,89 point/match

Guingamp : 17 matches : 4 victoires / 3 nuls / 10 défaites = 0,88 point/match

Et il n'y a pas que l'aspect purement comptable. Car avec Kombouaré, Dijon a même perdu au passage le peu de fond de jeu qui lui restait. Passé le fameux "choc psychologique" des premiers matchs (les rencontres contre Montpellier et Monaco étaient indubitablement intéressantes, et celle à Saint-Etienne exceptionnelle), Dijon s'est engouffré dans un non-jeu constant et consternant. Depuis deux mois nous ne voyons plus de but, plus d'occasion, plus de séquence de jeu potable. La défense est un poil plus solide, certes. Mais à quoi bon puisqu'on finit quand même quasi systématiquement par perdre, et qu'on ne semble avoir aucun moyen de marquer pour renverser une situation ? Ce n'était déjà guère reluisant les premiers mois, la situation ne fait qu'empirer avec Kombouaré.


"Merde, encore menés. Et si je sortais mon meilleur joueur et que je mettais Saïd arrière gauche pour voir ?"

Son discours stéréotypé, usant largement du champ lexical de la guerre, a donc vraisemblablement exercé un effet pour le moins éphémère auprès du groupe. Au bilan en championnat, une seule victoire, contre un Monaco à l'agonie et réduit à 10 en deuxième période. Certains estimaient qu'un changement d'entraîneur provoquerait un impact conséquent sur le rendement de l'équipe, qu'un "gueulard" permettrait de réveiller les joueurs, ce que n'arrivait pas à faire le paraît-il trop gentil Dall'Oglio. Alors, quid du style Kombouaré ? Un coach qui passe son temps à siffler sur le bord de la touche, quand il ne se trimballe pas les bras ballants en se demandant sans doute si c'est vraiment judicieux de faire rentrer Coulibaly en arrière droit pour revenir au score. Et surtout un coach qui s'égare déjà totalement dans ses analyses, rarement lucides. Il y a quelques jours, après la défaite chez Guingamp qui était alors lanterne rouge du championnat, il déclarait que l'on "pensait avoir fait le plus dur" à 0-0... Plus qu'inquiétant.


Honnêtement, je n'étais pas pour la venue de Kombouaré mais je croyais quand même qu'il parviendrait à faire quelque chose sur une période courte, et là ce n'est même pas le cas. Il n'est certainement pas le seul problème du DFCO, mais il n'en reste pas moins un de taille. Avec autant d'arguments, il apparaît assurément comme grand favori au titre de pire entraîneur de Ligue 1 de la saison. Mais si les choses continuent ainsi, il pourrait même suivre les traces de Serge Romano pour décrocher celui de pire entraîneur de l'histoire du DFCO. Ok, je suis un peu vache, la saison n'est pas encore terminée. Pas le choix Toto, faut te réveiller.

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© Le Dijon Show, 2020

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