Le Havre 2-0 DFCO : Tripés, sans les tripes

Stoppé dans son opération reconquête par une défaite frustrante à domicile contre Valenciennes, le DFCO se déplaçait sur le terrain du Havre avec pour objectif de réenclencher la marche en avant. Mais comme trop souvent cette saison, les Dijonnais n'ont joué qu'à peine une demi-heure avant de sombrer dans une prestation insipide. Et de repartir de Normandie avec une défaite et deux buts dans les bagages.

Mickael Le Bihan, Valentin Jacob, Sénou Coulibaly et Bruno Ecuele-Manga face au Havre
Nous face au début de saison (© Christophe Saidi)

LE MATCH


Le spectre de Valenciennes

Pour ce match en terres normandes, Patrice Garande doit composer avec de nombreux absents : Rocchia et Traoré sont blessés, Deaux, Sammaritano et Bryan Soumaré positifs au Covid. Le coach dijonnais choisi de réaligner une charnière à trois centraux, tandis qu'un milieu Pi, Younoussa, Philippoteaux, Benzia est chargé d'animer le jeu derrière Alex Dobre titularisé à la pointe de l'attaque. Absence surprise donc de Scheidler et Le Bihan. Un choix étonnant mais qui, au début, semble payant.

En effet, comme face à Caen, le DFCO impose son jeu dès les premières minutes. Jessy Pi récupère beaucoup de ballons dans l'entrejeu et les Havrais ne parviennent pas à développer leurs actions. Les Dijonnais dominent nettement et il s'en faut d'un rien pour qu'ils n'ouvrent très vite le score. À la 6e minute, Philippoteaux sert parfaitement Dobre bien démarqué dans l'axe. Le jeune attaquant prend son temps pour ajuster le gardien mais son ballon frappe le montant gauche, longe la ligne de but, tape le montant droit... et ressort !


Cette énorme occasion réveille un peu les Havrais qui mettent davantage le pied sur le ballon, sans parvenir pour autant à se montrer dangereux. Le DFCO se crée même une nouvelle situation sur un contre bien mené, avec une bonne relance d'Ecuele-Manga au départ mais Fofana ne cadre pas sa reprise de la tête sur un bon centre de Dobre (12e). Quatre minutes plus tard, c'est au tour du Roumain de ne pas cadrer sa tête sur un corner tiré par Benzia. Dans la foulée, le HAC rappelle aux Dijonnais qu'un nouveau manque de réalisme pourrait leur coûter la même déconvenue que face à Valenciennes, mais heureusement la frappe de Cornette passe assez nettement à côté des buts de Baptiste Reynet. Un avertissement sans frais... pour quelques secondes seulement. Sur l'action suivante, Jessy Pi rate son dégagement et remet le ballon dans la course de Boutaïb. L'attaquant normand sert Cornette qui cette fois ajuste sa reprise et catapulte le cuir dans la lucarne de Reynet (20e). Un peu comme face à Valenciennes la semaine passée, le DFCO domine mais ne concrétise pas et se fait punir contre le cours du jeu.

Quentin Cornette après son but face à Dijon
Les mèches blondes de Quentin Cornette tah un CR7 des grands soirs (© Christophe Saidi)

Les Rouges semblent avoir pris un coup sur la tête et accuse le coup, laissant aux Havrais beaucoup plus de liberté, dont heureusement les Normands ne profitent guère. Et cela laisse aux Dijonnais le temps de se réveiller. À la 30e minute, Benzia progresse balle au pied sans être attaqué. Il peut servir idéalement Dobre à l'entrée de la surface, qui reprend parfaitement mais se heurte au gant de béton d'un Yahia Fofana en pleine réussite. Le DFCO reprend le contrôle du match et se crée des situations mais pas d'occasion concrète. A la 37e, la reprise en pivot de Dobre est trop écrasée et la minute suivante, la frappe de Jessy Pi s'envole dans le ciel normand. Les Dijonnais ne parviennent pas à déstabiliser des Havrais bien regroupés en défense et qui profitent des contres. Cornette, à la 44e, oblige Reynet à la parade. Sur le corner qui suit, la tête de Thiaré frôle le but dijonnais. Dominateur mais inefficace, le DFCO regagne les vestiaires avec un but de retard.


Voyage au bout de l'ennui

Ce sont les Havrais qui entament le mieux la première période en se procurant une situation dès la 47e, avec l'intenable Cornette à la baguette. Patrice Garande opère un premier changement tactique, en demandant à Coulibaly de se positionner au milieu de terrain, pour essayer de garnir un entrejeu dijonnais qui peine à garder le ballon. Cela ne suffit ni à offrir des occasions franches aux Dijonnais ni à brider les contres Havrais. A la 57e, il faut un retour in extremis de Fofana pour empêcher Thiaré, bien lancé par Cornette, de se présenter seul face à Reynet. Et à la 61e minute, sur une nouvelle percée, le même Thiaré est bousculé dans la surface par Ngouyamsa. L'arbitre siffle un penalty logique, que Lekhal transforme sans trembler.


La tâche s'annonce dure pour un DFCO loin d'un montrer un visage aussi conquérant qu'en début de première période. Patrice Garande fait rentrer Le Bihan et Jacob à la place de Philippoteaux et Jessy Pi. Un choix offensif, qui permet aux Dijonnais de remettre la pression sur la surface havraise, mais le portier du HAC est toujours là pour repousser la tentative de Jacob (66e). Comme après l'ouverture du score en première période, le DFCO ne parvient pas à ébranler la défense havraise et le rythme rebaisse assez vite. Patrice Garande fait rentrer sa dernière arme offensive en la personne d'Aurélien Scheidler, qui remplace un Alex Dobre intéressant mais qui n'a malheureusement pas su concrétiser ses occasions (75e).


Sous une pluie battante, la fin de match s'étire interminablement dans un faux rythme soporifique. L'imprécision technique des Dijonnais les empêche de déstabiliser un bloc havrais parfaitement en place et qui n'a pas guère à se sublimer pour résister aux tentatives bourguignonnes. A l'entame des arrêts de jeu, Scheidler bénéficie d'un contre favorable à l'entrée de la surface mais sa frappe croisée fuit le cadre. On entend finalement avec soulagement l'arbitre siffler la fin du match.

Autant nous avions digéré aisément la défaite face à Valenciennes tant le contenu était intéressant, autant ce revers face au Havre pèse plus lourd que l'estomac. Au-delà de laisser le DFCO englué dans les profondeurs du classement, il jette surtout une lumière crue sur l'étendue du travail qui attend encore Patrice Garande. Le DFCO ne fait qu'entamer sa convalescence et est loin d'être guéri. La trêve internationale sera l'occasion de ressouder à nouveau les lignes et surtout d'approfondir le travail entamé depuis l'arrivée du nouveau coach. Le chantier reste énorme et la saison s'annonce longue.

par Gus21


LES NOTES

Le site utilisé pour illustrer nos notes a besoin d'un peu de repos

Reynet (4,3) : Il ne peut pas grand-chose sur les deux buts, sautant même du bon côté sur le penalty. Notre portier a répondu présent sur ses autres sollicitations, avec quelques relances dans le bon tempo.


Fofana (3) : Sur son côté gauche, il a souffert face à un Cornette en grande forme. On retient aussi sa grosse intervention à la 56e sur Thiaré, sans faute alors qu'il est le dernier défenseur. Le moins bon Fofana sur le terrain derrière son homonyme havrais.


Congré (4,2) : Dans un rôle de couverture avec Ecuele-Manga dans la défense à 3, il sort une copie correcte. Un match globalement solide malgré quelques approximations balle au pied.


Ecuele-Manga (4,3) : Contrairement à d’autres prestations cette saison, il a tenu son rang. Sans folie et avec quelques relances approximatives, mais aussi des interventions fermes.


Coulibaly (4) : C'est souvent lui qui a permuté avec Pi pour avancer au milieu de terrain. Sans apporter de plus-value, mais sans être pire. A l’image du reste de la défense, rien de folichon ni en positif ou négatif.


Ngouyamsa (2,3) : Le penalty sifflé à son encontre est assez sévère. Dans son rôle de piston droit, son apport offensif est trop limité en dehors de ses longues touches. Pas très en vue défensivement non plus, la concurrence avec Traoré n’est pas encore réglée.


Pi (3,2) : Sa grosse erreur de relance donne le premier but havrais. On l’a souvent vu en retrait, au point de souvent permuter avec les centraux. Remplacé par Le Bihan (64e) pour un changement offensif, loin d’être décisif.


Younoussa (3,7) : Dans le milieu à deux avec Pi, c'est lui qui était chargé de prendre des risques balle au pied et de faire des différences devant. Ce qu’il a beaucoup tenté, moins souvent réussi. Moins en vue en deuxième mi-temps.


Philippoteaux (2,5) : Très actif sur son côté droit mais peu efficace et brouillon. Remplacé par Jacob (64e) qui s'illustre dès son premier ballon avec une tête cadrée sur corner. Rien d’autre à signaler.


Benzia (4,7) : Omniprésent dans le coeur du jeu, il a mené l’attaque du DFCO à la baguette. Avec les résultats que l’on connaît certes. Mais avec ses doubles contacts, jeu à deux, remises et décalages intelligents, il aurait tout fait pour faire plaisir à Tonton Garande.


Dobre (4,7) : Comme dirait Maradona, avoir Dobre en pointe c'est comme danser avec sa sœur : on arrive dans la surface mais on ne marque pas de but. Il s'est procuré beaucoup d'occasions sans réussir à la mettre au fond. Son double poteau et sa tête non cadrée sur un service de Benzia aurait pu en faire le héros du match et donner raison à Garande sur sa titularisation. Remplacé par Scheidler (74e) intéressant en point d'appui mais le numéro 21 n’aura pas eu assez de temps pour changer le cours de la rencontre. Il s’est toutefois illustré sur une frappe dangereuse en toute fin de match.

par Etienne

730 vues1 commentaire