• Gus21

Marseille 2-0 DFCO : quand rien ne va...

La douloureuse impression de raconter éternellement la même chose. L’OM n’a pas fait un grand match, n’a pas outrageusement dominé et de son côté, le DFCO n’a pas livré une mauvaise partie, n’a pas été dépassé par les événements. Mais à l'arrivée, les Dijonnais s’inclinent à nouveau et les raisons en sont encore une fois les mêmes : des erreurs défensives, notamment sur coups de pied arrêtés, et un cruel manque de réalisme offensif.

Incisif et virevoltant, Naïm Sliti a livré un très bon match (photo : Vincent Poyer / DFCO)

Les joueurs :

L’homme du match : Sliti (7) : l’attaque dijonnaise a bien du mal ces derniers temps à nous transporter mais lui sait encore nous faire frissonner. Si le DFCO a longtemps semblé en mesure d’inquiéter l’arrière-garde marseillaise, il en est en grande partie l’artisan. Dans la quasi-totalité des bons coups dijonnais, à la frappe ou à la passe, il est rentré comme dans du beurre dans les lignes olympiennes, a fait un nombre incalculable de différences mais a été beaucoup, beaucoup trop peu épaulé. Rageant, au point qu’on l’a senti un brin désespéré à la fin de match. Seul bémol : les coups de pied arrêtés, ce n’est pas encore ça !


Rúnarsson (5) : une belle parade, deux pions dans la musette et pas grand-chose à faire pour les éviter. Les matchs se suivent et se ressemblent pour lui. Point de satisfaction : du mieux dans la relance au pied. C’est toujours ça.


Chafik (6) : pas mal de mouvement, de la rigueur et de l’application mais, au bout du compte, un match un peu trop scolaire. Il a parfois souffert face aux montées d’Ocampos mais surtout il a trop peu apporté offensivement. C’est frustrant lorsqu’on connaît ses qualités de dribble, de débordement et de centre. Il sait faire, mais il n’a pas assez osé. A sa décharge, avec un aussi faible temps de jeu, difficile d’être en confiance.


Coulibaly (non noté) : a failli entraîner un but casquette dès le début de match en se vautrant comme un pochtron en fin de soirée sur une action anodine. Bien mieux ensuite, enfin jusqu’à la 19e minute et ce tacle à retardement sur Payet sur lequel il se blesse. Sale bad trip.


Remplacé à la 20e minute par Ciman (4). Vraiment, j’essaie de rester mesuré avec lui, de lui laisser le temps, de me dire qu’il lui faut un déclic. Mais plus ça va, plus je redoute qu’on tienne là l’exemple parfait du dossier réchauffé qui s’avère un flop monumental le jour où il se concrétise enfin. Une fois encore, le Belge n’a dégagé que trop peu de sérénité, n’a aucunement solidifié l’arrière-garde dijonnais et s’est rendu coupable de nombreuses fautes par défaut d’anticipation et de placement. Si déclic il doit y avoir, il faut maintenant qu’il vienne vite, très vite.


Aguerd (4,5) : un match étrange. Plutôt solide dans le jeu, avec de bonnes interventions et un sens de l’anticipation intéressant, il s’est également montré dangereux plusieurs fois sur des coups de pied arrêtés offensifs. Hélas, il s’est aussi montré dangereux pour les siens sur les coups de pied arrêtés adverses, à cause d’un placement trop approximatif. Et il est impliqué sur les deux buts marseillais, en concédant un corner plus qu’évitable sur le premier et en loupant son dégagement sur le second. Dommage.


Rosier (6) : bien plus à l’aise défensivement que sur ses derniers matchs, il a parfaitement muselé les montées de Bouna Sarr. Rarement inquiété, il a géré sérieusement les incursions marseillaises. Offensivement, c’est plus contrasté en revanche. Intéressant quand il s’agit de remonter le ballon ou de faire des appels, beaucoup moins quand il s’agit de faire le bon choix dans le dernier geste. Globalement, c’est quand même assez nettement mieux que ces derniers temps.


Lautoa (3,5) : a tenté par tous les moyens de prendre un rouge avant la mi-temps mais s’est heurté à la bienveillance de M. Delajod, qu’il l’a empêché d’atteindre ses objectifs. En retard et négativement agressif, il a ratissé plus de jambes que de ballon. Plus calme, plus sobre et (étonnement tiens !) plus efficace après la pause. Pas toujours convaincant en défense centrale, il semble retrouver malgré tout plus de fluidité à ce poste de sentinelle.


Balmont (6) : à nouveau très bon sur son début de match, il a été à la baguette du jeu dijonnais, ce qui peut laisser pantois mais confirme son incroyable retour à la compétition. Posé, intelligent dans ses choix, combatif, il a long tenu la dragée haute à des adversaires pourtant plus jeunes, plus athlétiques et plus techniques. Avant que l’âge ne le rattrape un peu et qu’il doive céder sa place sur une blessure qu’on espère bénigne.


Remplacé à la 44e minute par Haddadi (5). Sérieux en charnière centrale, il s’est montré particulièrement tranchant dans ses interventions. Pas mal d’erreurs techniques en revanche sur les relances et une tendance naturelle à prendre le couloir qu’il a parfois eu du mal à réprimer.


Loiodice (5) : un premier acte solide, quoiqu’un peu effacé. Il a fait le job sérieusement, sans fioriture, sans beaucoup d’audace non plus. Après la pause, privé du leadership de Balmont et pas toujours soutenu par un Lautoa inutilement agressif, il s’en est plutôt bien sorti et a abattu pas mal de boulot. On pourrait dire qu’il n’a pas tout réussi et ne sort pas non plus une prestation étincelante mais ce serait oublier qu’il n’a pas encore 18 ans et jouait encore en U19 il y a un an.


Saïd (4,5) : quelques bons mouvements, une ou deux situations dangereuses et plus de spontanéité que lors de ses derniers matchs. Malgré tout, ça reste insuffisant. D’une part, en termes d’efforts défensifs, ça manque de rigueur. D’autre part, niveau placement, à force d’essayer d’être partout, il finit par être nul part. Consigne du coach ou poursuite de son gros passage à vide ? La question se pose.


Remplacé à la 71e minute par Keita (non noté), gentil, plein de fraîcheur mais beaucoup trop loin du niveau de sérieux et de réflexion nécessaire pour faire la différence dans ce type de match.


Tavares (3) : a erré comme une âme en peine à la pointe de l’attaque. Quasiment pas de ballon à jouer, des duels qu’il a souvent perdu face aux centraux marseillais, un impact dans le jeu famélique… après un début de saison canon et une blessure, le capitaine dijonnais traverse une grosse période de doute. Pas la première. Il s’en est toujours relevé.


Les difficultés de Julio Tavares, ici devancé par Sakai, symbolisent le manque de confiance de l'attaque dijonnaise (photo : Vincent Poyer / DFCO)

Le match :

C’est un sentiment étrange qui prédomine après cette 8e défaite dijonnaise de la saison. Le sentiment que les deux équipes ont quasiment fait jeu égal et que les Rouges ne méritaient pas forcément de quitter le Vélodrome sans aucun point dans la musette.


Le sentiment aussi qu’en ce moment, absolument rien ne sourit au DFCO. Jeannot touché à l’échauffement, Coulibaly et Balmont blessés pendant le match et Saïd visiblement diminué avant sa sortie à la 71e : c’est potentiellement quatre nouveaux joueurs qui rejoignent une infirmerie dijonnaise bien garnie qui accueille déjà Abeid, Amalfitano, Gourcuff, Sammaritano et Kwon.


Le sentiment enfin que les deux maux qui accablent les Dijonnais, les erreurs défensives et le manque de réalisme offensif, sont profonds. Inutile d’épiloguer sur ce sujet, on a déjà suffisamment écrit. Inutile également de chercher des excuses ou de refaire le match.


Le DFCO est sur la corde raide et malgré un groupe qui a retrouvé certaines valeurs de combativité et d’envie, il manque encore quelque chose pour que la machine reparte. Ce petit quelque chose, il va falloir profiter de cette trêve internationale pour le trouver. Le staff a évoqué l’idée d’un stage, un peu à l’image de la mise au vert qui avait précédé le match décisif contre Nancy lors de la saison 2016/2017. Ce serait probablement une bonne idée. Car c’est bien une opération commando qu’il va falloir à présent mener.


Le DFCO va en effet enchaîner la réception de Bordeaux, un déplacement à Toulouse, la réception de Guingamp puis un déplacement à Rennes. Quatre matchs qui, sur le papier, doivent permettre aux Dijonnais de prendre des points. Ce sera essentiel pour sortir de la zone rouge et prendre un peu d’avance avant de recevoir le PSG et de se déplacer à Saint-Etienne, pour espérer passer l’hiver au chaud. Ces quatre matchs à venir vont être décisifs. Même si rien ne serait joué, prendre moins de 6 points compliquerait très sérieusement la tâche des Dijonnais. Mais, croyez-le ou non, nous, on y croit toujours.


(photo de couverture : Vincent Poyer / DFCO)

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© Le Dijon Show, 2020

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