Nicolas G. (Lingon's Boys) : «On aura absolument besoin d’un soutien populaire»

Le football est une passion. Et comme toute passion, chacun est libre de la vivre et de la transmettre à sa façon. Alors, certains sont assis au stade pendant que d’autres passent un peu plus de temps à la buvette. Nicolas G., lui, a décidé de chanter sa passion au centre de la tribune Nord du Stade Gaston-Gérard avec une bande de potes, les Lingon’s Boys. Jusqu'à cet été. Aujourd’hui, l’ex-président du seul groupe ultra à Dijon nous parle de ses sentiments pour son club de toujours, et évoque le conflit avec le DFCO.

Thomas Jobard (Le Dijon Show) : Avant d’être un membre des Lingon’s Boys tu es un supporter du DFCO. À quand remontent tes premiers pas à Gaston-Gérard ?

Nicolas G. : Mon premier match remonte à début 2004 ! J’avais 7 ans. Mon père est un grand fan de football, et mes parents avaient décidé de m’emmener face à Saint-Étienne en 32e de finale de coupe de France. Cette année-là, on monte en Ligue 2 et on fait une demi-finale de coupe. J’étais en virage Sud. On était à l’autre bout du terrain, pas abrité et on se caillait le c**. On ne voyait rien ! Ensuite je suis allé au match de la montée face à Romorantin (Victoire 3-1). Ce soir-là, j’étais à l’emplacement premier des Lingon’s : en tribune Est, porte W. Un petit clin d’œil du destin. Ensuite, avec ma mère, on a fait les 19 matchs de la première saison en Ligue 2. J’habite à 35km de Dijon et jusqu'en 2010, j’allais au stade au moins 10 fois par an.


En 2011, alors qu’on allait accéder à la Ligue 1, j’avais 14 ans. Avec 3 amis, on est allé en tribune Sud. On s’est dit « tiens, on va là où ça chante ! ». Depuis, ça fait 8 ans que je vais « là où ça chante ». J’ai fait un an et demi avec la « Jeune Garde » (groupe de supporters en tribune Sud avec les Téméraires, entre 2010 et 2012), puis j’ai fait partie des premiers membres des Lingon’s en 2012. Depuis 2012, j’ai manqué moins de 5 matchs à domicile.


Comment était l’ambiance au stade avant la première montée en Ligue 1 ?

Je me souviens que quand j’étais petit, je trouvais que les Téméraires faisaient trop de bruit avec leurs tambours (rires). Avant 2010, il n’y avait pas beaucoup d’ambiance, les Téméraires faisaient ce qu’ils pouvaient pour animer le stade. Il y avait également les « Dogs » mais ils étaient un nombre assez limité. Leur histoire a d’ailleurs été très compliquée. Ils ont commencé en 2004, ont fusionné avec un autre groupe… pour finalement redevenir les Dogs.


Et ensuite ?

Avec la première montée en Ligue 1, on a senti un vrai engouement populaire. Il y a eu 4000 places offertes par le président Gnecchi et la Ville de Dijon, lors des derniers matchs de la saison. Ça ne m’avait pas empêché de faire la queue pendant 6h pour avoir mon billet. Gnecchi avait été très bon sur cette opération. Il avait réussi à fidéliser un nombre de personnes incroyable. Dans le train pour Angers (dernier match de la saison, défaite 1-0), un certain Romuald faisait le tour des wagons pour « recruter » des passionnés. C’est là que tout a réellement commencé. En 2011-2012, on fait 7000 abonnés en moins de 3 semaines. Si le club n’avait pas bloqué les abonnements, on aurait largement atteint les 10 000. J’ai commencé à m’impliquer, à faire les déplacements, les préparations de tifos. À avoir la mentalité de supporter. Avant d’être « ultra » on est tous supporters !