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QRM 2-1 DFCO : se faire débarquer en Normandie

Sans grand esprit de révolte, alignés dans un système qu'ils ne maîtrisaient visiblement pas, les Dijonnais auraient pu accrocher le nul grâce à un très beau but de Scheidler mais s'inclinent finalement la pelouse de Quevilly-Rouen. Une troisième défaite en quatre matchs qui annonce de lourdes conséquences pour le staff.

Maillot noir, soirée noire (© Damien Deslandes - Foot Normand)

LE MATCH

Tactique perdante


En alignant son équipe dans un 3-5-2 inédit cette saison – avec la première apparition de Zargo Touré, titularisé à gauche de la triple charnière centrale –, le plan de David Linarès semblait clair : renforcer la solidité défensive tout en amenant de la verticalité dans les couloirs, trop peu exploités par ses joueurs au cours de premiers matchs.


Pari à demi réussi. Si Rocchia, dans la lignée de ses bonnes prestations du début de saison, a pris la profondeur à gauche dès les premières minutes, utilisant avec justesse les points d'appui offerts par Scheidler, le côté droit a dysfonctionné. La faute à un Traoré trop imprécis, souvent à contre-temps, et guère aidé par un Yahya Soumaré qui paraissait perdu sur la pelouse. De manière assez contre-intuitive vu le système mis en place, c'est finalement de l'axe que sont venus les meilleurs mouvement côté DFCO, notamment grâce à un Bryan Soumaré transfiguré. L’ex-futur divin chauve s'est d'ailleurs offert la première occasion des Rouges, avec une récupération opportuniste dans les pieds de la défense normande, suivie d'un crochet et d'une frappe depuis le côté droit de la surface, malheureusement détournée par Lemaître (24e minute).


A ce moment-là, sans être flamboyant, le DFCO déroule quelques séquences intéressantes qui laissent planer l'espoir. Seulement, voilà, quand on choisit un système aussi exigeant que le 5-3-2 alors que la majorité des défenseurs centraux et des milieux défensifs n'y sont pas habitués, le risque de prendre l'eau est immense. C'est ce qui se passe deux minutes à peine après l'occasion de Soumaré. Et ce n'est même pas du côté de Zargo Touré, très en difficulté dès les premières minutes de jeu, qu'est venu la faille mais de celui de Senou Coulibaly et de Jessy Pi. Mal coordonnés, en retard et trop attentistes, les deux Dijonnais n’attaquent pas l'excellent Manoubi Haddad, qui fusille Reynet d'une frappe croisée limpide (26e minute).

Incapables de vraiment réagir et visiblement mal à l'aise dans un schéma tactique mal maîtrisé, les Dijonnais subissent toute la fin du premier acte, sans parvenir à se créer de situations nettes, malgré l'énergie déployée par Bryan Soumaré et par Rocchia, trop esseulés. Retour aux vestiaires la tête basse. Encore.


Bis repetita


En début de deuxième période, le DFCO se montre bien plus conquérant. Lucas Deaux a remplacé un Ahlinvi complètement à côté de ses pompes mais c'est surtout à l'attitude des joueurs de QRM qu'on doit ce regain de pression. Car les Normands reculent et laissent leurs adversaires s'enhardir. David Linarès tente de profiter de cette baisse de régime pour revenir dans la partie et change de système de jeu en faisant sortir Zargo Touré au profit de Le Bihan, qui fait enfin son retour.


Ce n'est toutefois pas de l'ancien Auxerrois que vient la lumière mais, comme la semaine passée, d'Aurélien Scheidler. Parfaitement servi dans la surface par Bryan Soumaré, l'attaquant fait, comme face à Rodez, parler son physique pour prendre appui sur le défenseur, pivoter et envoyer le cuir dans le petit filet d'un Lemaître resté immobile sur sa ligne. Grâce au gros travail de Bryan Soumaré, récompensé par cette passe décisive, et à un nouvel exploit individuel de Scheidler, le DFCO revient au score. Dominateurs, les Dijonnais paraissent même pouvoir emporter la décision. Une illusion qui ne dure que 6 minutes.


A la 80e, sur un coup-franc excentré, toute la défense dijonnaise stagne et oublie complètement les attaquants de QRM, qui ne sont rien moins que trois à se retrouver seuls face au but. La reprise de Boé-Kane de la tête est miraculeusement sortie par Baptiste Reynet resté un peu abasourdi sur sa ligne, mais le ballon file jusqu'à Padovani qui centre pour la tête de Gbelle, seul face au but vide. Comme face à Nîmes, le DFCO craque quelques minutes à peine après être revenu au score. Les Dijonnais auront l'occasion par deux fois d'arracher le nul. D'abord par Scheidler, qui se charge d'un coup-franc direct parfaitement tiré qui oblige Lemaître à une magnifique détente (84e). Puis par Le Bihan, idéalement servi en retrait après un gros rush de Rocchia dans la surface, mais l'attaquant envoi le cuir bien au-dessus des buts normands (87e). Il était écrit que le DFCO ne marquerait pas de deuxième but ce soir. Il était écrit que le DFCO ne gagnerait pas ce soir. Et, même si à l'heure où nous écrivons ces lignes, rien n'est acté, il était aussi écrit, probablement, que ce serait le dernier match de David Linarès sur le banc dijonnais.

LES NOTES

L'Homme du match : Bryan Soumaré (6,5)

Un match flamboyant, aux antipodes de ses prestations insipides du début de saison. Inspiré, incisif, juste techniquement, il a été impliqué dans quasiment tous les bons coups dijonnais et a été récompensé par une passe décisive sur le but de Scheidler. A lui maintenant de confirmer cette excellente prestation.

Reynet (3,8) : abandonné par sa défense sur les deux buts, mais pas non plus irréprochable sur le second, il devait rêver bien mieux pour son retour sous les couleurs dijonnaises.


Traoré (2,8) : inconsistant, souvent à contre-temps, très imprécis techniquement, il enchaîne les prestations peu convaincantes malgré une préparation intéressante.


Coulibaly (3,5) : trop attentiste sur le premier but normand et sans réaction (comme tous ses coéquipiers) sur le second, il n'a guère été inquiété autrement. Mais voilà, en Ligue 2 aussi, les fautes d'inattention se payent cash.


Congré (4) : solide au duel, rarement pris en défaut, il est néanmoins coupable, comme les autres, sur le deuxième but de QRM. En tant que patron de défense et capitaine, il doit veiller à ce que ça ne se reproduise plus.


Touré (1,8) : les supporters de son ancien club turc l'ont élu pire joueur de la saison dernière. Il aura fallu moins d'une mi-temps aux supporters dijonnais pour comprendre pourquoi. Remplacé à la 59e minute par Le Bihan, qui a eu la balle de l'égalisation au bout du pied.


Rocchia (6) : l'une des rares satisfactions de la soirée et, globalement, du début de saison. Excellent dans les débordements comme pour repiquer dans l'axe, très remuant et sans cesse en train d'essayer d'accélérer le jeu, il aurait mérité d'être récompensé par une passe décisive en toute fin de match.


Ahlinvi (2,3) : complètement à côté de ses pompes, placé n'importe comment sur le terrain, il a livré une mi-temps apocalyptique. Remplacé, très logiquement, à la mi-temps par Deaux (3,6), qui a pris son petit jaune en deux minutes, a mis des taquets, sans tout à fait lever les doutes sur son état de forme.


Pi (3,8) : toujours le même constat. Sans passer totalement à côté, il ne livre rien de spécialement séduisant. Et sur ce match-là, il est coupable sur le premier but de QRM. Touché à la cheville en fin de match. Remplacé à la 78e par Jacob, qui n'a pas eu le temps de montrer grand-chose.


Y. Soumaré (2,3) : il a semblé perdu sur le terrain et a touché un nombre famélique de ballons, qu'il a le plus souvent mal exploité. Une grosse déception. Remplacé à la 82e minute par Dobre, histoire de dire.


Scheidler (6,3) : gros match de sa part, récompensé par un très beau but. Intéressant dès le début du match en proposant un point d'appui aux milieux et aux latéraux, il a tenté de créer beaucoup d'espaces et de solutions. Passé pas loin du doublé avec ce coup-franc direct parfaitement frappé. Un des rares qui peut garder la tête haute.


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