Rétro : Gaël Kakuta, un goût d'inachevé

Mis à jour : 23 oct. 2018

Quand on tape le nom de Gaël Kakuta dans un moteur de recherche, l'un des premiers mots-clés qui vient est « gâchis ». Malgré ses 27 ans, le Franco-Congolais passé par le DFCO est en effet considéré comme l'un de ces talents gâchés du football, dont la carrière n'a jamais été à la hauteur d'un potentiel extraordinaire.

Alors à la 17e place de Ligue 1 à la trêve hivernale, pour sa toute première saison dans l'élite, le DFCO fait bonne figure dans la lutte pour le maintien. Mais le staff sait que l’équipe aura besoin de renforts pour la phase retour. Le club parvient alors à frapper un grand coup au mercato d'hiver en enrôlant, sous la forme d’un prêt, le prodige de Chelsea Gaël Kakuta. Alors que d'autres clubs plus prestigieux étaient sur le coup, dont l'OM et le Panathinaïkos. Âgé de 21 ans à son arrivée dans la Cité des Ducs, celui qui est présenté comme le futur de l'équipe de France est alors à un tournant dans sa carrière, déjà riche et tourmentée pour un joueur aussi jeune.


« Black Zidane »

Formé au RC Lens et recruté à 16 ans par Chelsea, ce dribbleur hors-pair écrase la concurrence avec la réserve du club londonien, au point d’intégrer le groupe pro dès ses 17 ans en janvier 2009. Son habileté et sa vitesse d’exécution balle au pied impressionnent, au point qu’on en fasse un de ces "nouveaux Zidane", un "Black Zidane" cette fois comme il est surnommé outre-Manche. Carlo Ancelotti, son entraîneur du côté de Stamford Bridge, affirme alors qu’il n’a "jamais vu un joueur avec son talent à son âge" et John Obi Mikel va même jusqu’à déclarer "qu’en terme de qualités techniques, il est le meilleur du club" ! Au Canal Football Club en avril dernier, Kakuta reconnaissait qu'il était "facile à l'entraînement", aux côtés de joueurs de l'une des meilleures équipes du monde.


Premiers accrocs

Mais l’ascension du futur crack connaît un premier coup d’arrêt, un mois seulement après la signature de son premier contrat professionnel. Le jeune milieu offensif se fracture la jambe et la cheville gauche avec l'équipe réserve, et se voit éloigné des terrains pendant 8 mois. Sa malchance ne s’arrête pas là : en septembre 2009, tandis qu’il semble enfin remis de sa blessure, la FIFA le suspend à titre provisoire car Chelsea l’a recruté à Lens alors qu’il était encore mineur, malgré les promesses de signer avec les Sang et Or à sa majorité.


Finalement, le club anglais est condamné à payer une indemnité au RCL et se voit privé de recrutement pendant un an et demi. Une fois sa suspension provisoire levée, Kakuta est lancé en Premier League contre Wolverhamton en remplacement d’un certain… Nicolas Anelka ! Le phénomène continue à battre des records de précocité en devenant le plus jeune titulaire en Ligue des Champions de l’histoire du club londonien, à 18 ans et 5 mois.


Toutefois, le prodige ne semble pas totalement remis de sa blessure. Il se montre irrégulier, peu impliqué dans le repli défensif et dans les duels, En quête de temps de jeu, le natif de Lille est prêté successivement à Fulham, puis a Bolton. Il expliquera plus tard avoir “subi” ces expériences, une fois entré dans le système de prêt des Blues pour développer les jeunes talents. Ainsi, Kakuta vient poser ses valises à Dijon, sa venue ayant été facilitée par la présence au sein du staff du DFCO de Stéphane Renaud, fasciathérapeute (kiné spécialisé) aussi en charge de certains joueurs de Chelsea, tels Didier Drogba ou Florent Malouda, qui était alors (paraît-il) actionnaire du DFCO.


Des étincelles de courte durée

Dès son arrivée au club, le gaucher se sent bien intégré, comme il le confie au Bien Public. "Tout le monde m'a mis à l'aise"... ce dont on peut cependant douter au vu de sa présentation sous le chapiteau des Grands Crus, accompagnée d’un ban bourguignon quelque peu embarrassant. Plus sérieusement, le coach Carteron déclare à son propos qu'il peut être "la révélation de la deuxième partie du championnat" et s’avoue "dégouté de le voir un peu passer à côté de sa carrière". Dans ce cadre à priori idéal, Kakuta retrouve son jeu et se fait plaisir. Pour ses premiers matchs, sa vitesse, sa conduite de balle et sa justesse technique n'en finissent pas d'épater. Tout en assurant le spectacle avec ses dribbles déroutants (on a encore en tête ce génial petit pont en râteau sur Gignac), il parvient à se montrer efficace en marquant dès son premier match (un coup franc direct en 1/16e de finale de Coupe de France contre Istres, pour une victoire 2-1), et surtout en plantant 3 buts lors de ses 5 premiers rencontres de Ligue 1 !


Mais on accuse parfois le phénomène de trop jouer "perso" et de ne pas assez se donner à l’entraînement, ce qu’il a reconnu lors de son passage sur le plateau du CFC. Ainsi son histoire avec le DFCO se finira mal. Petit à petit écarté du groupe, pour un comportement pas toujours irréprochable mais aussi, selon Carteron et son staff, pour un problème aux adducteurs. Kakuta, lui, se dira victime d'un "règlement de compte entre le directeur sportif Sébastien Pérez et l'entraineur" et affirme qu'on lui a "inventé des blessures”, comme il l'explique dans un reportage de BeIn Sports de novembre 2012. Le Franco-Congolais a également confié à France Football qu'il avait encore "une petite dent contre Carteron” à qui il reproche d'avoir eu une ”réaction d'enfant” en l'excluant de l'équipe pour un différend interne.


Globe-trotter

Après cette expérience au bilan mitigé, Kakuta va encore connaître beaucoup de destinations à travers le monde, au Pays-Bas, en Espagne, et en Italie avant la Chine en 2015. On croit de nombreuses fois à son retour, mais ces périodes de succès retrouvés, comme après ce début de saison en Bourgogne ou une saison enfin aboutie au Rayo Vallecano sous les ordres de Paco Jemez, alternent avec des épisodes désastreux comme celui de la Lazio (1 match en 6 mois). Depuis son retour de Chine et surtout son prêt à Amiens la saison dernière par le Hebei Fortune, Gaël Kakuta, à 27 ans, semble être enfin de retour sur de bons rails. Durant l'exercice 2017-2018, le gaucher a bouclé une très bonne saison (38 matchs joués et décisif pour le maintien du club picard) avant son retour cet été au Rayo Vallecano, où il forme avec Giannelli Imbula un intéressant duo d'espoirs français déchus.

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© Le Dijon Show, 2020

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