[RETRO] L’Aventure Ligue 1 : 2011-2012, la grande première

Fraîchement promu de Ligue 2, le DFCO entre dans l’élite et découvre la Ligue 1 pour la saison 2011-2012. Une grande première avec ses coups d’éclats et ses déceptions. Une saison gravée dans les mémoires dijonnaises, malgré la relégation.


L’équipe

Avant d’entrer sur la grande scène, le DFCO a marqué la saison 2010-2011 en Ligue 2. En particulier son buteur, l’Uruguayen Sebastian Ribas, élu meilleur joueur de la saison et auteur de 23 buts. Une fois la montée obtenue, l’attaquant ne reste pas en Côte d'Or et file en Serie A. Pour le remplacer, le DFCO fait venir la pointe de l’US Boulogne Grégory Thil ainsi que Brice Jovial en provenance du Havre. Ce dernier terminera meilleur buteur du club cette saison avec 9 réalisations. Parmi les autres arrivées importantes, Souprayen débarque de Rennes et Varrault est rapatrié du Panionios. Daisuke Matsui, pourtant un nom bien connu en Ligue 1, jouera à peine quelques matches et ira faire un tour avec la réserve.


Le coach Patrice Carteron peut toujours compter sur un milieu joueur avec Corgnet et Bauthéac, et sur l’éclosion de Baptiste Reynet, parti pour être la doublure de Padovani, mais qui s’est vite imposé dans les cages.

Christophe Mandanne et Brice Jovial en bonne compagnie au gala de présentation des joueurs (Le Bien Public)

Le récit de la saison

Le premier match en Ligue 1 du DFCO se solde par une première tôle, une défaite 5-1 à domicile contre Rennes. Ce sera de nouveau une manita (5-0) contre le Stade Rennais pour le match de clôture, mais ça les Dijonnais ne le savent pas encore. Ils remportent leur première victoire en Ligue 1 contre Lorient le 20 août lors de la 3e journée. Une victoire fondatrice, obtenue dans la douleur alors que Dijon joue à 10 pendant la majorité du match, pour finalement s’imposer 2-0. Gaston-Gérard est délivré à la 88e minute par le but du break inscrit par Brice Jovial d’un improbable ciseau retourné.


A partir de là, Dijon est lancé en championnat, et enchaîne avec une victoire importante contre Évian-Thonon-Gaillard (0-1). Le club montera même jusqu’à la 10e place du classement après trois matchs invaincu, contre Brest (1-0), Nice (1-1) et l’AC Ajaccio (1-1).


Dijon fera ensuite les allers-retours entre le milieu et le bas du classement, au gré des séries de défaites et des exploits sur un match. Par exemple, lors de la 15e journée, le DFCO passe de la 17e à la 12e place simplement en battant Nancy 2-1 à Marcel-Picot. Le DFCO termine la phase aller à la 16e place après un match nul 2-2 contre Auxerre.


Les hommes de Patrice Carteron ne se hisseront plus au-delà de la 13e place, et termineront très mal la saison pour se retrouver englués dans la zone de relégation, coincés à la 19e place. On retiendra quelques exploits comme ce carton contre Nice (3-0) avec des buts de Jovial, Koné et Kakuta, arrivé en cours de saison de Chelsea en mission « Sauver le club ».


On retiendra aussi un match nul 1-1 contre le leader et futur champion Montpellier en mars, avant la victoire surprise obtenue à l’OM au Vélodrome deux semaines plus tard. Même si Marseille est sur une mauvaise série, la victoire est importante et méritée pour une équipe de Dijon combative. Dans les annales : ce petit pont retourné de Kakuta sur Gignac.

Après ce regain de forme, propulsé par un court mais intense effet Kakuta et un groupe en confiance, le DFCO rechute. Aucune victoire sur les neuf derniers matchs et une dégringolade au classement engendre une descente immédiate. Cette saison en Ligue 1, accompagnée de belles histoires en coupe (1/8e de finale en CDF et quarts en Coupe de la Ligue), reste dans les mémoires des suiveurs du club dijonnais, qui se rappellent des cartons rouges de Meïté (et de ses suspensions à foison) autant que du passage de Carteron au CFC, mais aussi et surtout des actions de Jovial, Bauthéac et Corgnet.


Le match : « La défaite 2-1 contre le PSG, c'est l'histoire de cette saison »

par @A_Buisson1


« Existe-t-il un autre match pour résumer cette première saison en Ligue 1 que ce DFCO – PSG 27ème journée ?

Ceux ayant eu la chance d’être au stade se souviennent tous de ce scénario fou mais tellement représentatif de ce que nous avons vécu tout au long de cette aventure. Un début de match compliqué où le PSG met le pied sur le ballon, forçant les Rouges à faire le dos rond. Un jeune gardien, nommé Baptiste Reynet, qui maintient l’équipe à flot en stoppant les quelques incursions parisiennes. Un coup de main providentiel, avec l’exclusion de Momo Sissoko juste avant la mi-temps (9 ans plus tard, on peut enfin s’avouer que le rouge était immérité). Un Benjamin Corgnet qui rayonne au milieu en électron libre, donnant quelques sueurs froides à Sirigu qui doit s’employer sur une belle volée.


Au retour des vestiaires, le DFCO encaisse un but (signé Siaka Tiené) de manière totalement… dijonnaise. Duel de tracteurs entre Zarour et Hoarau, le nôtre avait malheureusement deux roues de travers et 90 kg de charge en plus. Attention, si vous regardez les images, celles-ci ne sont pas au ralenti mais vraiment à vitesse réelle. Comme quoi, même des années plus tard, les traditions perdurent à Dijon.

Ce but a néanmoins sonné le réveil dijonnais, avec des garçons qui vont se mettre à prendre le match par le bon bout et à rentrer dans le PSG (dans tous les sens du terme). Jusqu’à ce corner de Bauthéac déposé au 1er poteau sur la tête de Corgnet, qui dévie au second pour Steven Paulle esseulé. Coup de boule monumental, une folle célébration et un bang supersonique qui traverse Gaston-Gérard l’espace d’un instant.

La suite ? Et bien, l’équipe va continuer de pousser et tout le monde croit alors que l’impossible va se réaliser. Le stade est en feu, le PSG est acculé et ne joue plus pour gagner mais pour ne pas perdre. Mais sur la dernière action, alors qu’il ne reste que quelques secondes, un coup de folie s’empare de l’équipe. Tout le monde est monté, le corner est repoussé sur Varrault qui se troue totalement à l’entrée de la surface. Le reste de l’action ne sera qu’un long rush de Ménez, sans aucun défenseur resté en couverture pour le gêner, qui donnera à Gameiro seul devant le but. Rideau. Une fin au goût extrêmement amer, encore plus après une telle prestation.


Mais finalement, c’est là l’histoire de cette saison 2011-2012. Des débuts difficiles, des individualités qui émergent, des coups du destin favorables, une défense aux abois en permanence, une capacité de réaction exceptionnelle puis la grande désillusion finale. Car oui, après cette victoire à Marseille suivie de celle contre Caen à GG, on se voyait tous déjà maintenus. Trop rap