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Le Tour du Monde du DFCO - Episode 1 : Enzo Loiodice

Rare talent à émerger du système de formation du DFCO, le jeune milieu de terrain a donné un nouveau souffle à sa (courte) carrière du côté des Îles Canaries.

Enzo Loiodice lors de la préparation estivale l'année dernière (photo : LDS)

Pour ce premier épisode, c'est Enzo Loiodice qui nous a fait l'amitié de se prêter au jeu. Formé au FC Gobelins avant de venir terminer sa formation au DFCO, le jeune milieu de terrain a fait ses premières armes en pro sous le commandement d'Olivier Dall'Oglio. N'entrant pas dans les plans des successeurs du gardois et étant en quête de temps de jeu, il a d'abord rejoint Wolverhampton en prêt en janvier 2020 - une expérience malheureusement écourtée par la pandémie - avant de s'engager pour 3 ans avec Las Palmas, club de Liga 2 (D2 Espagnole) qui a l'ambition de retrouver rapidement l'élite.


Le Dijon Show : A Wolverhampton, tu as découvert le championnat anglais au sein d’un club évoluant en Premier League. Même si tu n’as pas eu l’occasion de jouer avec le groupe pro, quelles impressions t’ont laissé le passage dans ce type de club ?


Enzo Loiodice : D’abord, au niveau des structures, c’est beaucoup plus développé, les clubs sont plus anciens, ce n’est pas la même chose, il y a aussi des moyens totalement différents. Au niveau des entraînements, sans que les méthodes ne soient forcément très différentes, on va plus loin. Il y a beaucoup plus d’intensité dans les séances et aussi beaucoup plus de travail individuel. Dans un club comme ça en plus, avec les joueurs que l’on côtoie, on comprend ce qu’il faut faire pour arriver à ce niveau-là.

Une expérience écourtée avec les Wolves (photo : Wolves Academy)

LDS : Avec les Wolves, tu as surtout joué avec les U23, tu as donc pu côtoyer le côté formation/post-formation. Y a-t-il une différence d’approche ou de mentalité à ce niveau par rapport à ce que tu avais connu aux Gobelins ou à Dijon ?


EL : Non, dans l’approche, c’est plutôt similaire. En revanche, comme le club évolue à un très haut niveau, les équipes de jeunes se callent sur les exigences de l’équipe première. Il y a beaucoup plus de travail physique et même chez les jeunes il y a plus d’intensité. Le travail est aussi pas mal axé sur la force, le coffre, ce qui m’a été bénéfique.


« Les Canaries, c'est un peu comme en France avec la Corse [...]. Les supporters sont un peu fous ! »

LDS : A Las Palmas, tu découvre un tout autre championnat, qui a la réputation d’être plus tourné vers le jeu et la technique. Est-ce que tu as ressenti ça par rapport à la Ligue 1 ?


EL : En effet, dans l’intensité c’est moins élevé, c’est moins dans l’impact et plus porté vers le jeu. Du coup, je me fais plaisir, je suis davantage dans mon élément avec ce genre de football. En plus, mon intégration s’est super bien passée donc ça aide.


LDS : La Liga 2 est peut-être moins suivi en dehors d’Espagne que la Liga mais quand on regarde les clubs, il y a beaucoup de beaux noms (Espanyol, Malaga, Almeria, Leganes...). On imagine que le niveau est assez relevé ?


EL : Oui clairement, les matchs contre certains de ces clubs, c’est vraiment du haut niveau, c’est au niveau de ce que j’ai pu connaître sur certains matchs de Ligue 1. Je pense que ça vient du fait qu’en Espagne, les clubs qui sont relégués en Liga 2 conservent leur budget, notamment au niveau des droits TV, du coup ils conservent aussi pas mal de leurs joueurs.


LDS : Las Palmas, c’est le championnat espagnol mais c’est aussi un environnement particulier, les Canaries. Est-ce que ça induit une ambiance particulière, ce côté insulaire ?


EL : Oui bien sûr, c’est un peu comme en France avec la Corse. Les gens sont très fiers mais aussi très accueillants. Et les supporters sont un peu fous ! Mais c’est ce qui fait le charme du club. Il y a aussi une rivalité très forte avec Tenerife, l’autre club des Canaries qui évolue également en Liga 2. Les derbys c’est une très grosse ambiance !

Des premiers pas réussis avec Las Palmas (photo : AS)

LDS : Au-delà du foot, dans la vie quotidienne, c’est sûrement assez différent de ce que tu as connu jusque-là ?


EL : Le cadre de vie est incroyable. Il y a du soleil tout le temps, ça fait du bien ! Rien à voir avec Dijon de ce côté-là ou, pire, avec Wolverhampton. Et je pense que ça joue sur la mentalité des gens, ils sont beaucoup plus souriants et détendus. La vie aux Canaries, on l’apprécie vite ! En plus, le Covid est beaucoup moins présent, les bars et restaurants sont ouverts... C’est très agréable.


LDS : Et dans tout ça, la barrière de la langue ?


EL : A l’école, je n’avais pas du tout fait d’espagnol, j’avais choisi chinois ! Mais tout le monde a été super, les joueurs, le staff... La compréhension n’a vraiment pas été un soucis. Et j’ai pris un professeur d’espagnol à côté pour progresser.


« Au club, ils me surnomment "Décalécatan" ! »

LDS : A 20 ans, tu auras déjà connu 3 clubs, 3 pays et 3 championnat européens majeurs. Est-ce que cela t’a fait grandir plus vite ?


EL : Je pense oui. Je suis content d’avoir déjà connu tout ça à mon âge. ça m’a permis de découvrir autre chose, notamment de me rendre compte de ce que j’avais à travailler. C’est super enrichissant et ça permet aussi de voir ce qu’on vaut.


LDS : Qu’est-ce qu’on te souhaite pour la saison prochaine ?


EL : Déjà que ma blessure se remette bien. L’opération s’est bien passée donc normalement je serai remis à temps pour pouvoir faire toute la préparation estivale*. Ce sera bien pour préparer la saison. Et avec le club, la montée en Liga ! C’est l’objectif. Même si cette saison on n’y est pas parvenu, on sent qu’on a le potentiel et l’envie pour ça. Pour moi, c’est bien d’être dans un projet de club comme ça et de sentir que je fais partie du projet.


LDS : Une dernière anecdote ?


EL : A Las Palmas, tous les jeudis (sauf quand les rassemblement étaient interdits à cause du Covid), on fait un repas tous ensemble, un peu en mode barbecue. Une des premières fois, bizutage oblige, j’ai du chanter une chanson devant tout le monde. J’ai chanté « Au bal masqué », de la Compagnie Créole. Depuis, ils me surnomment « Décalécatan » !


(* Enzo Loiodice a été éloigné des terrains sur la fin de saison à cause d'une pubalgie, dont il a été opéré en avril)


Un grand merci à Enzo et à sa famille pour leur disponibilité ! Pour le prochain épisode, nous changerons totalement de climat et nous envolerons vers la Scandinavie... à vous deviner le nom du prochain invité !


propos recueillis par Le Dijon Show.

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