DFCO 2-2 Niort : une pierre, deux coups-francs

Une semaine après avoir prôné le chaud et surtout le froid à Guingamp, Dijon retrouvait Gaston-Gérard, qu’il avait quitté sur une belle victoire dans le derby. Face à Niort, alors menés à la pause et malmenés dans le jeu, les Rouges s’en sont remis aux coups de pied arrêtés pour arracher un point.

Dans un système maintenant habituel, les Dijonnais s’alignent en 4-2-3-1 pour tenter de faire plier les Chamois, seule formation avec Caen à avoir battu le leader toulousain cette saison.



À l’aide d’un groupe renforcé par les retours de Mickaël Le Bihan et Romain Philippoteaux , tous deux disponibles suite à leur match de transition avec la réserve le week-end dernier, le DFCO enregistre aussi le come-back de Senou Coulibaly, suspendu à Guingamp, qui retrouve une place de titulaire aux côtés de l’indéboulonnable Congré. Arli est toujours à l’écart de la bande et Pi est forfait à cause d’une élongation. Deaux profite de la blessure de l’ancien Troyen pour retrouver une place dans l’entrejeu. Patrice Garande accorde de nouveau sa confiance à Scheidler en pointe de l’attaque, lui qui reste sur 3 buts sur les 3 derniers matchs de championnat.


De l’autre côté de la ligne médiane, les Deux-Sévriens se présentent dans le même schéma tactique que les locaux. Braat, grand artisan de la victoire contre les Violets la semaine passée, garde la cage.


LE MATCH :

Dès l’entame, les intentions sont dijonnaises. Les ballons sont, comme à l’ordinaire, aussitôt distillés dans le couloir de Traoré. Venu suppléer son latéral, Younoussa adresse un centre au cœur de la surface. C’est détourné de peu en corner par Kilama, qui évite le but casquette.


Les premières minutes auraient pu être davantage appréciées et convertis en réelles phases de jeu si les hommes de Patrice Garande s’étaient appliqués dans leurs appréciations de transmissions. Sans maîtrise, le DFCO s’expose forcément aux contre-attaques niortaises. Boutobba est trouvé en profondeur dans la moitié de terrain dijonnaise mais dévisse complètement. Il s’agit là d’un avertissement sans frais.


Après 15 minutes de jeu, Dobre réussit à transmettre à Scheidler dans la zone de vérité. Ce dernier catapulte le ballon de la tête hors du cadre. Puis, servi par Benzia, c’est au tour de Dobre de tester Braat. Le Roumain, aux abords de la surface, prend le temps d’enrouler son ballon. C’est aussi trop imprécis pour inquiéter le portier adverse.

Baptiste Reynet a manqué l'occasion de se rassurer dans un match où toute la défense à été brouillonne.

Les offensives s'enchaînent sans succès. C’est à ce moment que Dijon recule. En soutien de ses coéquipiers, Benzia commet une faute bête à 30 mètres du but de Baptiste Reynet. Le capitaine, Dylan Louiserre, se charge du coup-franc. Un coup de patte puissant et millimétré, qui vient taper le poteau, rebondir sur le portier dijonnais, et franchir la ligne (0-1, 23e).


L’intempérie se poursuit quand Congré, monté pour apporter une solution haut sur le terrain, se fait subtiliser trop facilement le cuir. Les Chamois déboulent à toute vitesse près du but dijonnais et Merdji marque dans le but vide alors que Coulibaly, en pompier, avait dégagé le ballon sur le gardien des Rouges (0-2, 28e). La chance fuit Reynet, qui voit peut-être sa place de titulaire lui filer entre les gants.


Les locaux n’y sont plus. Ils vont pourtant devoir prendre leur mal en patience s’ils veulent espérer au moins revenir au score. Suite à une passe acrobatique digne d’un karatéka, Benzia transmet la balle à Traoré qui voit son centre à ras de terre détourné une fois de plus par la défense. Scheidler est pris dans l’étau des Deux-Sévriens, et il aura fallu la 42ème pour voir la première frappe cadrée dijonnaise par Younoussa, mais c’est bien trop maigre pour tromper la vigilance de Braat.

Avec un geste dont lui seul connaît le secret, Benzia a réveillé le stade dans une mi-temps très décevante.

Juste avant le repos, Dobre fait parler sa technique et toute son admiration pour le portugais le plus connu de l’Histoire du foot au moyen de dribbles et d’un roulette pour se défaire de trois adversaires. Dijon rentre aux vestiaires avec une possession de 65%, deux buts encaissés et énormément de frustration.


Changements payants

Scheidler, d’habitude si investi dans les efforts, proteste avec agacement vis-à-vis du carton qu’il reçoit pour d’une faute sur Conté, alors que les soigneurs courent à son chevet. Le DFCO peine à construire et s’offre une frayeur de plus. Sissoko, esseulé dans la surface, manque maladroitement le centre de Boutobba et le ballon continue sa route.


Reynet peut souffler. S’il n’aura plus à s’employer au vue de l’avance confortablement acquise par les visiteurs dans le premier acte, les protégés d’Olivier Delcourt vont devoir accélérer la cadence. À la 54e minute, Ahlinvi, Philippoteaux et Le Bihan font leur apparition sur le rectangle vert. Nouvelle munition pour les Rouges : Scheidler et Le Bihan laissent passer un centre fuyant et Philippoteaux met en joue Braat, qui repousse le ballon au devant de sa ligne.


Valentin Jacob, ancien de la maison niortaise, ne va faire aucun sentiment avec son ex-équipe. Sur un coup-franc excentré côté droit, il dépose le ballon sur la tête du capitaine dijonnais, Daniel Congré, qui réduit l’écart. Braat est battu à bout portant (1-2, 68e). L’ancien du MHSC inscrit son premier but sous le maillot brodé de la chouette.

Joie modéré pour le buteur Congré et le passeur Jacob, non satisfaits par ce simple but de consolation.

Événement rare pour être souligné : les deux équipes auront trouvé l’ouverture sur coup-franc, preuve du manque de solutions dans le jeu. Scheidler et Le Bihan, qui forment un tandem que l'on n'avait pas vu depuis bien des rencontres, tentent le tout pour le tout en fin de match. Le Bihan délivre Dijon à 5 minutes du terme grâce à un autre coup-franc magistralement frappé (2-2, 84e). Il n'avait plus trouvé le chemin des filets depuis le 18 septembre contre Dunkerque, presque 3 mois.


Philippoteaux adresse un centre idéal pour Scheidler qui en coupe la trajectoire au premier poteau, mais le gardien des Chamois s'envole pour préserver le précieux point du nul et empêcher le DFCO d'empocher les trois. Le tableau d’affichage ne changera plus (2-2), malgré les assauts successifs des locaux dans les derniers instants ; Dijon sauve l’honneur pour le dernier match de l’année à Gaston-Gérard. Dans une semaine, les pensionnaires de Ligue 2 iront défier Cannes en 32ème de finale de la Coupe de France, une bonne opportunité pour regagner en confiance.

@Clément


LES NOTES :

L’Homme du Match : Jacob (6)

Un vrai apport à la distribution pour lancer les offensives et servir ses ailiers, quelques CPA propres à l'image de son coup franc excentré qui trouve la tête de Congré. Il retrouve un rôle de leader technique dans lequel on l'attendait.


Reynet (3,1) : le premier but est pour lui, un CSC très incongru sur une frappe difficile à maîtriser. A sa décharge, il arrive lancé dans les airs et peut difficilement se rétablir. Puis il est impuissant sur le deuxième but niortais. Assez fébrile sur le reste de ses interventions. Racioppi pourrait en profiter pour de bon.


Traoré (5,6) : plutôt en forme, Cheick confirme sa bonne fin d'année. De bonnes montées et percussions à droite, souvent conclues par un centre, plus ou moins bien ajusté.


Coulibaly (3,9) : match pas évident pour le combattant. Dans le dur à la relance et peu en vue dans sa couverture défensive.


Congré (5,3) : une prestation individuelle correcte ponctuée par un coup de casque pour la réduction du score. Pas toujours au top, mais un match de capitaine.


Rocchia (3,9) : actif dans son couloir, toujours pugnace mais moins à l’aise offensivement comparé à ce qu’il a déjà pu montrer.


Deaux (4,9) : le commentateur Prime Vidéo a adoré sa prestation. Combatif et très actif à la récupération, comme toujours.


Younoussa (3,6) : pas loin d'ouvrir le score sur sa tête, toujours un peu trop juste le reste du temps. Peut-être l'une de ses pires prestations depuis sa venue dans le XI. Remplacé à la 54e par Ahlinvi qui a tenté de peser par plus de courses.


Benzia (3,4) : des inspirations géniales sur quelques actions, mais globalement transparent. Trop de coups-de-pied arrêtés ratés, c'est de lui qu'on attendait une étincelle décisive. Son remplaçant Philippoteaux à la 54e a apporté beaucoup plus de vivacité sur l'aile.


Dobre (5,9) : incisif dans ses appels sur le côté et dangereux sur les quelques ballons qu'il a eu à négocier. Il lui a juste manqué d’être décisif. Remplacé par Le Bihan à la 54e, entré pour apporter du poids en attaque, MLB a directement eu un impact sur la défense niortaise. Sa frappe sur coup franc n'a laissé aucune chance à Braat qui ne faisait pas le poids.


Scheidler (5): face à une équipe qui met autant le bus, Scheidler était réduit à son rôle de point d’appui et de cible aérienne. Pas toujours très juste techniquement, il était tout proche d'inscrire le but de la victoire.


MOYENNE : 4.6

@EtienneLVK

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