Valenciennes 0-0 DFCO : un match en carton

Dijon n'a jamais vraiment décollé dans le Nord et n'a pu faire mieux que ramener un point de son déplacement à Valenciennes. Un moindre mal considérant les absences et l'expulsion de Senou Coulibaly à l'heure de jeu.

Neuf cartons ont été distribués par M. Vernice hier soir, dont trois jaunes et un rouge pour les Dijonnais.

Le Dijon FCO se présentait au Stade du Hainaut avec la même composition que contre Caen la semaine, à l'exception de sa défense centrale. Daniel Congré est indisponible pour la rencontre et Bruno Écuélé-Manga le remplace au pied levé. On retrouve donc un 4-4-2 en diamant qui avait participé à la victoire du week-end dernier. Avec un gros coup de pouce en plus en provenance du banc, à savoir les retours de Valentin Jacob et de Jordan Marié (qui s'était blessé aux ligaments croisés en juillet 2021).


LE MATCH

Contrairement à la 27e journée, Dijon concède très vite la première occasion de la partie. Ugo Bonnet, transféré de Rodez cet hiver et en plutôt bonne forme à VA? se présente face à Reynet, mais tire bien trop haut. Il avait été très bien servi par Robail. Un avertissement sans frais dès la troisième minute. Dijon est au pressing et contient les Valenciennois dans leur moitié pendant quelques instants. Malgré tout, quelques percées des Nordistes passent du côté de Fofana, dont un centre qui passe dans la surface sans n'être touché par personne.


Un début de partie assez timide de Dijon, qui ne sort de sa moitié qu'autour de la 10e. Un coup franc est sifflé en faveur de Valenciennes, Traoré écope du premier carton jaune de la partie sur un tacle trop appuyé sur Masson. Le coup-de-pied est mal joué mais tout aussi mal dégagé, cette action se termine pas un tir de loin de VA, qui file dans les gradins.


Lecoeuche s'engage un peu trop en taclant Ngouyamsa après un joli mouvement de Dijon en transition et prend lui aussi un jaune pour ce geste. Le coup franc est déposé sur la tête de Scheidler qui, gêné, ne peut redresser la trajectoire du ballon et manque le cadre. Dans l'autre sens, une action du club du Nord aboutit à un tir de Lecoeuche à droite des buts, contré par Traoré dans la surface. Le second tir est loin du cadre, mais Valenciennes réclame une main que l'arbitre n'accorde pas.


Un coup franc indirect de Jessy Pi ne s'élève pas et conduit à une faute de Le Bihan pour empêcher la contre-attaque. Les Dijonnais défendent les corners en zone et échappent pour l'instant à l'ouverture du score, sans être sereins pour autant. Ce match est caractérisé par beaucoup de déchets malgré de vastes espaces dans les défenses. Aucune des deux équipes n'est spécialement connue pour fermer le jeu : Valenciennes n'a fait qu'un nul à domicile, et Dijon un seul nul à l'extérieur cette saison. Le match aller s'était terminé sur une défaite (0-1) malgré une grosse domination du DFCO.

Aurélien Scheidler, si régulier avant février, est désormais muet devant le but.

Ntim prend un carton jaune pour sa faute sur Scheidler, qui reste au sol de longues secondes. Cela donne lieu à un coup-franc frappé par Le Bihan qui part bien mais est contré d'extrême justesse par le mur. Le centre dans la foulée n'aboutit pas. Le jeu est plutôt haché et l'arbitre n'hésite pas à mettre la main à la poche. Une lourde frappe de loin de Robail est boxée par Baptiste Reynet, suite à une action anodine, comme pour dire à Dijon de faire attention à ne pas s'endormir !


Mickaël Le Bihan veut répondre rapidement et s'essaye lui aussi à l'exercice, mais Chevalier s'empare du ballon en deux temps sans être trop inquiété. Masson prend un carton jaune pour un accrochage avec Traoré, l'inverse du premier carton distribué dans cette partie. Pendant cinq minutes, la vaste majorité du jeu a lieu près du rond central, avant qu'Ayité ne se projette dans la profondeur et que Reynet n'intercepte le ballon avant tout le monde.


Linguet et Jessy Pi aussi prennent un carton jaune dans cette première mi-temps avec beaucoup de contacts et de bataille, avantage pour Dijon dans ce domaine avec deux cartons contre 4. Les Bourguignons ne parviennent pas à amener le danger dans la surface de Valenciennes, à l'image de Philippoteaux, qui a décidément bien du mal à influer sur le jeu.


Traoré lui, est souvent trouvé et fait presque tout avec Ngouyamsa. La longue touche de l'arrière droit trouve Le Bihan qui malheureusement rate le cadre juste, et en vient presque à se battre juste avant la pause avec Cuffaut, dont la semelle traîne un peu trop sur les chevilles de notre attaquant. La première mi-temps aura été bien triste, peut-être la pire mi-temps (sans but inscrit par l'adversaire) depuis que Patrice Garande est en charge de l'équipe.


Du sérieux mais pas de folie

Aucun changement pour Patrice Garande et son équipe au retour des vestiaires. L'entraîneur est plutôt satisfait de la prestation de ses hommes pour l'instant, qui ne concèdent que peu d'occasions mais ne s'en créent pas non plus. C'est sur le même rythme que termine la première heure de jeu, dans un match qui sent bon la Ligue 2 un soir d'hiver.


Un peu d'animation, enfin ! Elle est malheureusement un danger pour la défense dijonnaise puisqu'il s'agit d'un coup franc indirect frappé par Robail. Bruno Écuélé-Manga ne rate pas son intervention de la tête et éloigne le cuir. Peu après, c'est Julien Masson, le milieu de terrain valenciennois qui tente un tir de loin, mais le ballon passe encore plus loin des buts gardés par Reynet, serein ce samedi soir.


Un événement pourrait bouleverser toute la rencontre : alors que VA pousse pour ouvrir le score, Ugo Bonnet fausse compagnie aux défenseurs de Dijon. Même si Coulibaly le rattrape, il semble faire contact avec l'avant-centre qui n'hésite pas à s'écrouler. C'est du 50/50, mais l'arbitre penche en faveur de l'attaque, siffle faute et n'a donc pas d'autre choix que d'expulser Senou, dernier défenseur. Le Malien quitte la pelouse et cède son brassard à Lucas Deaux. Par chance, Ntim ne parvient pas à couper le coup franc frappé par Lecoeuche au deuxième poteau et Dijon s'en sort encore.


A la 64e minute, des changements s'imposent. Un Philippoteaux transparent et un Le Bihan victime du remaniement tactique sont remplacés par Jacob pour la créativité, Reda Benchaa pour la solidité. Le jeune défenseur central qui avait joué toute une mi-temps contre Nîmes a trente minutes de plus pour se mettre en valeur, le jour de ses 20 ans. Un test pas si simple à passer pour l'Algérien, quand son équipe est réduite à dix à l'extérieur.

Entrée en jeu très sérieuse et pleine d'assurance pour le jeune Benchaa, qui montre qu'il est à l'aise en Ligue 2.

Dijon va donc tenter de verrouiller et de s'en sortir avec un point. Tout n'est pas maîtrisé, comme cette défense approximative sur un corner de Valenciennes, mais Lucas Deaux arrive finalement à rassurer les siens. Jessy Pi retourne sur le banc car Marié prend sa place, pour la première fois depuis de trop nombreux mois. Avec un DFCO aussi bas, les seules occasions des locaux ne se créent que sur des coups francs et corners, heureusement tous sont mal exploités ou bien défendus, au choix.


Lucas Deaux harangue les siens et montre l'exemple de ce que doit faire un capitaine. Il est le principal défenseur et rassure, même si son excès d'engagement le pousse parfois à la faute. Heureusement, ses adversaires aussi sont maladroits. Cuffaut écope enfin de son propre carton jaune à dix minutes du terme, et offre une opportunité à Dijon pour la première fois de la mi-temps. Valentin Jacob se charge du coup franc, mais le gardien prêté par Lille n'a pas à bouger pour s'en emparer.


A ce stade, on se demande bien ce qu'il pourrait arriver de mieux à Dijon, sans idée déjà avant l'expulsion. Baptiste Reynet sait que la fin du match est proche et gagne un peu de temps sur son dégagement, ce qui lui vaut des sifflets et une réprimande de la part de Mathieu Vernice. Ce même acteur sort un carton jaune pour notre entraîneur en fin de partie. La dernière des neufs biscottes données au cours de ces 90 minutes sans grand intérêt, si ce n'est le point ramené en Côte d'Or et quelques enseignements à tirer.


LES NOTES

L'Homme du match : Baptiste Reynet (6)

Il a passé une soirée tranquille, tout comme son homologue dans le but d'en face. Seulement deux tirs cadrés à bloquer, chose qui a été bien faite. D'autre part, ses anticipations ont permis d'empêcher les Valenciennois d'avoir plus d'opportunités. Il a bien géré son face à face avec Bonnet, le rendant maladroit grâce à sa sortie.


Traoré (5.3) : courageux quand il le fallait, même si tout n'a pas été parfait. Il a initié quelques rares mouvements sur le côté droit en première mi-temps. Il a failli été sanctionné d'une main dans la surface, mais le ballon ayant touché une autre partie du corps juste avant, l'arbitre a pris la bonne décision.


Coulibaly (4.4) : on peut dire qu'il tenait son rang avant l'expulsion, qui est elle même assez sévère, sans être complètement injustifiée. Le brassard de capitaine ne lui a pas trop réussi. Par chance, Congré sera de retour pour le match contre Le Havre et son absence pourra être comblée par un joueur d'expérience.


Écuélé-Manga (4.3) : note assez sévère de la rédaction pour un joueur qui, sans être flamboyant ni particulièrement impressionnant, a tout de même repoussé les assauts et a transmis de son calme à un jeune moins expérimenté pendant la dernière demi-heure. Pas sa pire prestation, mais ça manque encore d'un caractère de « patron ».


Fofana (4.5) : a perdu de sa fougue, et son statut d'intouchable à nos yeux depuis son retour de blessure. Malheureusement, son côté a été souvent perméable et il n'a pas su se montrer dans ce qu'il sait pourtant faire de mieux, soutenir et déborder. Dans un système si axial, on a besoin des latéraux pour faire des différences.


Pi (5.5) : prestation très correcte dans un milieu de terrain qui avait besoin d'air parfois. Il a su orienter sans se précipiter, mais Jessy a manqué encore d'inspiration (ou de bons appels) pour faire une différence sur ses ouvertures, qui devraient être plus souvent exploitées. Remplacé par Marié (73e minute) qui a fait ce qui était demandé de lui : détruire les occasions de VA et retrouver des sensations. N'a pas été très inspiré pour se porter devant, on lui pardonnera ça.


Deaux (5.8) : il a semblé prendre une autre envergure une fois le brassard à son bras. Un match de leader, sans folie mais qui fait diablement du bien quand on est dans le dur. Deaux mérite sa place dans le 11, sans discussion, et figure parmi les Dijonnais les plus fiables de la saison.


Ngouyamsa (4.8) : moins d'allant et moins d'entrain, tout simplement moins d'efficacité que contre Caen la semaine dernière. On a senti de bonnes intentions tout de même, et une capacité à provoquer, même si ce n'est pas du tout sa qualité première. Ses passes laissent également à désirer, et peut-être qu'introduire Younoussa à sa place en semaine serait une bonne idée.


Le Bihan (5.3) : sur sa lancée depuis la passe décisive à Bastia. MLB est le joueur du DFCO qui a le plus tenté et qui a montré le plus de volonté, malgré son poste qui ne lui convient guère. On ne peut pas lui reprocher grand chose sur ce match. S'il avait arraché la victoire d'une de ses tentatives spontanées, il aurait été un héros. Remplacé par Jacob (64e minute), qui pour son retour sur les terrains devait porter l'équipe entière avec sa créativité. Mission ratée pour ce soir.


Philippoteaux (2.3) : Peut-être le joueur qui est le plus susceptible de perdre sa place de titulaire au retour de joueur plus compétents. Il a difficilement mis un pied devant l'autre. On s'est même demandé s'il avait touché le moindre ballon au bout de 30 minutes, ce qui est un peu révélateur... Remplacé par Benchaa (64e minute), pour amener un équilibre défensif suite à l'expulsion d'un central. Avec beaucoup d'envie et malgré la situation, le jeune défenseur a été intéressant lors de sa deuxième apparition en Ligue 2. A revoir sur 90 minutes pour pouvoir mieux juger.


Scheidler (3.9) : doit se demander pourquoi il est devenu si peu létal si rapidement ! Il n'a plus marqué depuis quelques semaines et le déplacement à Toulouse. Cette fois ci, il a eu beaucoup moins d'occasions à se mettre sous la dent. Il n'est pas le seul fautif, bien évidemment, mais d'autres sont plus efficaces avec moins de ballons. Il gagne tout de même des coups francs bien placés et reste relativement important, mais on l'a connu bien plus fort.


MOYENNE : 4.7

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