DFCO 3-3 Guingamp : « vice » repetita

Nous titrions le débrief du match aller « La Guingamptada », cette fois les trois buts de Dijon permettent de prendre un point contre un EAG batailleur et très en confiance. Mais le scénario est encore pire et prouve une fois de plus, s'il le fallait, que ce DFCO n'a aucun caractère.

Pour les joueurs comme pour les supporters du club, il est grand temps que cette saison très décevante se termine.

Des choix surprenants caractérisent le onze de départ du Dijon FCO lors de cette réception de Guingamp, équipe en forme en cette fin de saison de Ligue 2. Congré joue au poste de latéral gauche, derrière Ngouyamsa à un poste plus axial. Coulibaly fait son retour parmi les titulaires, comme Scheidler, aligné à côté de Dobre en récompense de sa bonne entrée à Auxerre.


LE MATCH

Nous n'avons même pas le temps de nous installer que Dijon nous gratifie déjà d'un but sur le coup d'envoi ! Le match part à mille à l'heure, comme Dobre à gauche du terrain et sa passe en retrait pour Aurélien Scheidler. L'inévitable avant-centre tente sa chance deux fois, et marque de manière peu conventionnelle contre les anciens Dijonnais, Basilio et Lemonnier (1-0, 1e). Un début de partie remarquable, comme nous l'avons rarement fait cette saison. De quoi espérer une rencontre complètement débridée entre deux équipes qui n'ont plus rien à jouer cette saison, mis à part une bonne place en première moitié de tableau.


Rencontre débridée, le mot est faible pour qualifier ce match. Car même après cette ouverture du score qui sonne les visiteurs, les joueurs de Stéphane Dumont sortent de leur camp et menacent les Rouges. La frappe de Livolant, servi par le virevoltant Merghem, file au dessus des buts gardés par Reynet. Puis c'est Basilio qui doit s'interposer entre Dobre et le but, la frappe manquait d'un peu puissance pour l'inquiéter.


A la 20e minute, Livolant, encore lui, se fait remarquer. Souleymane Diarra est alerté et le Malien dirige son ballon vers le numéro 6, Muyumba. Le milieu de poche arme une frappe forte qui est touchée de justesse par Coulibaly, bien sur ses appuis. Puis c'est Traoré qui se met adroitement devant Gomis et bloque sa tentative à l'aide du torse, les bras dans le dos ! Guingamp bénéficie d'un corner, gâché.

Comme au match aller, Aurélien Scheidler marque et confirme sa bonne saison.

C'est finalement un peu contre le cours du jeu que Dijon va inscrire le deuxième but de la soirée, avant la demi-heure. Alex Dobre saute le plus haut sur un corner de Jacob retombant au premier poteau et détourne le ballon juste assez pour le glisser sous la barre et tromper le gardien (2-0, 27e). Le stade exulte et Dijon profite d'un réalisme incroyable pour faire beaucoup avec peu.


Les Bretons ne baissent pas les bras pour autant, Livolant et Merghem combinent encore mais le premier manque le cadre. Les deux buteurs du soir, Dobre et Scheidler, échangent astucieusement pour libérer Ngouyamsa et servir son appel dans la surface. La passe du numéro 21 permet à Ahmad de se retrouver en situation de face à face mais il perd son duel avec Basilio.


L'un des moments les plus importants de la première mi-temps est pour Guingamp et Frantzdy Pierrot, qui se jette sur un centre bas de Merghem. Son tir s'écrase sur la transversale, puis le sol, revient sur l'attaquant haïtien qui réessaye mais Reynet sort une parade réflexe. Baptiste Reynet intervient encore dans la foulée, sur la tentative de Muyumba. C'était moins une !


Alors que Dijon subit un peu plus depuis quelques minutes, son entraîneur est averti d'un jaune par l'arbitre, qui veut tempérer ses ardeurs. Coulibaly perd le ballon dans l'entrejeu mais se rattrape bien avec une intervention de toute beauté devant Pierrot dans le même mouvement. Puis, c'est l'heure du coup de maître, du coup de grâce, pense-ton.


Romain Philippoteaux, à droite dans le sens du jeu, essaye de servir l'appel de Ngouyamsa, mais Lemonnier est le plus prompt. Il dégage en l'air maladroitement, pensant que la mi-temps allait être sifflée, mais le ballon retombe dans la surface à l'endroit où Alex Dobre se trouvait, démarqué. Le Roumain prend son temps et tente la reprise de volée loin du but. Grâce à un bon équilibre, il surprend Basilio par la précision et la force de son tir (3-0, 45e+2). Voilà qui conclut une première période magistrale du DFCO, ultra-réaliste, devant des Guingampais menaçants mais malchanceux.

Cette première mi-temps était sans doute la meilleure de Dobre depuis son arrivée à Dijon.

Jekyll & Hyde

Le second acte ne commence pas du tout sur la même dynamique. Si Guingamp avait déjà 63% de possession, les visiteurs confisquent littéralement le ballon dès le retour des vestiaires. Une première alerte doit mettre la puce à l'oreille des Rouges, Frantzdy Pierrot ajuste mal son coup de tête et ne cadre pas. Mais Dijon va bientôt prendre la déferlante de plein fouet.


En Avant n'attend pas l'heure de jeu pour réduire l'écart, par l'intermédiaire de son latéral Maxime Sivis. Il est au bon endroit pour récupérer un ballon centré à destination de Gomis. Le duel aérien n'est pas vraiment remporté mais ça suffit pour laisser le défenseur démarqué et en bonne position. Son tir surprend Reynet, visiblement assez mal placé pour défendre son deuxième poteau (3-1, 54e).


Faites glisser la barre centrale de droite à gauche.

Jessy Pi puis Diarra sont avertis coup sur coup, pour des fautes empêchant de bonnes transitions. Suite à la faute du Guingampais à 24 mètres du but, Scheidler s'élance pour prendre le coup franc et heurte la barre sur son tir ! C'était sans doute l'action du KO. Mais EAG repart de l'avant comme si de rien n'était, à l'image de Pierrot, dont le tir en se retournant est touché par notre gardien.


M"Changama, l'un des tout meilleurs joueurs du championnat, fait son apparition sur la pelouse au cours d'un triple changement opéré par Stéphane Dumont, qui croit en son équipe. Le magicien sert immédiatement Yannick Gomis, oublié au second poteau, mais l'attaquant ne cadre pas sa frappe. Une avalanche d'occasions bretonnes accule Dijon dans son camp, et c'est presque un petit miracle qu'il n'y ait pas déjà 3-2, voire pire.


Cinq changements effectués à Guingamp, on joue le tout pour le tout et cela paye. La fraîcheur des nouveaux entrants comparée à la fatigue des locaux, qui sortent de trois matchs éprouvants et ne font plus que défendre, crée des décalages. Muyumba arrive lancé comme un TGV dans la surface et se jette au sol après un petit contact dans la surface de réparation avec Traoré. Ce genre de contact se siffle, même si les arbitres de Ligue 2 ne le font pas toujours. La pénalité est marquée par Youssouf M'Changama, qui glisse son ballon sous le corps de Reynet, malheureux (3-2, 80e).


Patrice Garande procède à son premier de la soirée, Dobre ayant fait énormément d'efforts. Il est remplacé par Le Bihan juste après le but. Puis, c'est Sammaritano qui supplée Jacob à son poste à la 89e minute. En dehors d'un coup de génie et d'une nouvelle barre transversale trouvée par Aurélien Scheidler (!) à la 89e, seul Guingamp a le ballon et la pression devient difficile à supporter.

Le DFCO a connu bien trop souvent ces émotions, avec de l'espoir puis de la déception.

Tellement difficile que les Costarmoricains obtiennent au bout du suspens leur récompense. Et cette égalisation de Tristan Muyumba, extrêmement remuant toute la partie, est effectivement méritée vu le scénario du match. L'homme devient le 5e buteur de la partie, laissé seul à l'entrée de la surface sur un corner court, à gauche en regardant le but de Dijon. Il tire avec tout le temps et l'espace du monde pour envoyer le ballon au fond des filets et faire crier de joie tous ses partenaires (3-3, 90e+1).


On en restera là. Un Dijon très fébrile et qui méritait peut-être de prendre encore plus de buts ne profite pas d'une attaque en grande forme et parfois un peu malchanceuse. Le DFCO n'arrive plus à gagner et n'a pris que 2 points lors de ses quatre derniers matchs, tous contre des équipes du top 7. Deux unités sur douze possibles. Ce bilan bien maigre est extrêmement décevant si on ajoute les nombreux buts concédés, une défaite dans le derby, et un scénario de remontada hallucinant. Que les décideurs du club ne se trompent pas, il y a du pain sur la planche dès maintenant pour construire l'équipe de l'an prochain. Si nous continuons sur cette dynamique là, la relégation sera alors une vraie menace à prendre très au sérieux.

@No_Vak



LES NOTES

L'Homme du match : Dobre (8.5)

Un doublé splendide, ouvert par une tête décroisée parfaite, conclu par une reprise pleine de sang froid, agrémenté d'une passe décisive, et parachevé d'une abnégation à toute épreuve, en particulier dans les replis défensifs. Que demander de plus ? Et que se serait-il passé si le DFCO avait eu, toute cette saison, 11 joueurs avec une telle mentalité ? Remplacé à la 80e par Le Bihan, qui n'a eu que très peu de ballons à exploiter et n'a pas fait beaucoup d'efforts.

Reynet (4.2) : trois buts dans la musette mais franchement, soyons honnête, il aura fait le taf par ailleurs et n'aura pas grand chose à se reprocher. Quelques regrets sur le penalty et son placement par moments. N'empêche, ça a dû lui rappeler un sale souvenir d'un lointain 5 novembre 2016...

Traoré (4) : un pur match à la Traoré. Capable du pire, comme du meilleur. Un sauvetage sur la ligne, mais un penalty provoqué. Beaucoup de déchet technique, mais un apport offensif incontestable. Des espaces laissés dans le dos, mais des retours précieux. La sinusoïde du foot. Coulibaly (4) : rien de flamboyant mais un match sérieux, appliqué, sans fioriture mais sans erreur. Pas aidé par l'inconstance de ses deux coéquipiers de la défense, il a tenu la route.

Ecuélé-Manga (2.7) : régulièrement bousculé dès le début du match par certaines accélérations guingampaises, il a fini par craquer et commettre une grossière erreur qui offre aux visiteurs leur premier but. Il était temps que le match se termine pour lui.

Congré (2) : à un poste de latéral gauche qui lui aura rappelé sa prime jeunesse, le capitaine semblait tenir la route mais a surtout été bien épaulé par les coups de main de Ngouyamsa et les replis défensifs de Dobre. Finalement, il souffre beaucoup plus du choix de Garande de l'avoir aligné à ce poste et de son déficit de vitesse que d'autre chose.

Pi (3.3) : pas aussi convaincant que lors de sa très bonne entrée face à Auxerre, il aura réalisé une partie sérieuse, bien qu'il se soit montré trop friable et attentiste en fin de partie. Toujours trop peu impliqué dans la construction du jeu en revanche.

Ngouyamsa (2.7) : une grosse débauche d'énergie, une belle occasion mais surtout beaucoup, beaucoup d'erreurs techniques et d'imprécisions dans le placement. On sent qu'il a vrai potentiel à ce poste, mais il a clairement encore un gros travail à faire pour gagner en constance.

Jacob (4.2) : très juste techniquement, il a enrichi ses statistiques d'une nouvelle passe décisive, sur coup-de-pied arrêté toutefois. Précieux dans la construction du jeu, il a en revanche manqué de précision dans les dernières transmissions, bien mis sous pression il faut dire par la défense d'EAG. Remplacé à la 87e par Sammaritano, surtout pour lui éviter des crampes. Philippoteaux (2.3) : beaucoup de volonté, pas mal de solutions proposées sur son côté droit, des relais intéressants avec ses milieux mais aussi beaucoup d'imprécisions et de mauvais choix dans les zones décisives. On ne peut clairement pas lui reprocher son engagement, mais l'impact final sur l'équipe reste en dessous de ce que l'on pourrait espérer.

Scheidler (6.7) : un 12e but en Ligue 2, deux équerres trouvées, une sur un très bon coup-franc, l'autre dans le jeu... S'il a manqué de réussite, l'ancien d'Orléans a rendu néanmoins une très bonne copie, au diapason de sa saison. Sa marge de progression est encore évidente mais ses statistiques parlent pour lui : il est l'attaquant le plus efficace du DFCO depuis le départ du dieu Julio.

@Gus21

MOYENNE : 4.1

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